Les costumes traditionnels retrouvent une seconde jeunesse

Depuis quelques temps, les costumes traditionnels que l’on réservait uniquement pour les évènements spéciaux refont surface. Les voilà désormais sous le feu des projecteurs, dans les films et les émissions
Les costumes traditionnels retrouvent une seconde jeunesse ảnh 1Un motif de vague brodé à la main sur un costume royal. Photo: TT/CVN

Hanoi (VNA) - Depuis quelques temps, les costumes traditionnels que l’on réservait uniquement pour les évènements spéciaux refont surface. Les voilà désormais sous le feu des projecteurs, dans les films et les émissions de télévision.

Une série télévisée intitulée Phuong Khâu du réalisateur Huynh Tuân Anh a récemment fait sensation. C’est le film le plus coûteux et le plus impressionnant consacré au féodalisme vietnamien et à la famille royale.

Bien que cette série télévisée de 18 épisodes ne soit diffusée qu’à partir de l'année prochaine, elle a déjà attiré l'attention du public et des experts. Elle révèle des histoires inédites sur la famille royale de la dynastie des Nguyên (1802-1945). Un mélange entre histoire et fiction.

Le projet met en scène la reine mère Tu Du, dont le vrai nom est Pham Thi Hang. Elle aide son fils à devenir roi Tu Duc (1829-1883) avant que celui-ci ne connaisse le règne le plus long de tous les monarques de la dynastie des Nguyên, de 1848 à 1883. La série se concentre sur la vie de cette femme entre 1840 et 1847, épouse du roi Thiêu Tri (1807-1847), 3e empereur de la dynastie des Nguyên.

Une grande partie des scènes se sont tournées à divers endroits dans l'ancienne capitale impériale de Huê. D'autres ont été réalisées dans un studio à Hô Chi Minh-Ville avec un décor fidèle à l’architecture de l’époque. Des historiens et de chercheurs, parmi lesquels les spécialistes Lê Văn Lan et Nguyên Khac Thuân, ont été invités à superviser le projet.

Environ 300 costumes ont été confectionnés à la main et brodés afin d’être le plus fidèle possible aux tenues de l’époque. Une grande partie des dépenses investies ont été consacrées aux costumes, selon le réalisateur Huynh Tuân Anh. Il espère que la série fera sensation dans l'industrie cinématographique vietnamienne.

"Bien que les films sur l'histoire soient considérés comme ennuyeux et que de nombreuses personnes pensent qu'ils n'attireront pas le public, +Phuong Khâu+ sera différent en raison de la qualité de son scénario et de l’investissement dans les costumes. Nous espérons que ce projet incitera d'autres artistes à faire revivre l'histoire et à apporter une connaissance plus approfondie de notre passé au public", a-t-il ajouté.

Des tenues sophistiquées

Le styliste Nguyên Duc Lôc et son équipe de la société Y Vân Hiên se sont occupés de tous les costumes. Grâce aux historiens, ils ont conçu les vêtements quasiment à l’identique avec la mode de l’époque.

En effet, à cette période, les costumes royaux étaient beaucoup plus compliqués que l’ao dài (tunique traditionnelle du Vietnam) aujourd’hui, populaire. Les membres de la famille royale portaient différents styles et couleurs de tenues en fonction de leur statut. Par exemple, la tenue jaune était réservée au roi et à la reine mère. La reine portait des robes rouges et orange-rouge. Les concubines étaient habillées en violet, en bleu et en vert.

Les designers ont également créé une collection d’accessoires sophistiqués tels que des colliers, des coiffes et des insignes en bronze ornées d'or et d'argent.

"Les costumes royaux rassemblent l’artisanat et le talent intellectuel des artisans. Ils représentent la quintessence de l'art et de la culture de l’époque", a informé le directeur de Y Vân Hiên, Nguyên Duc Lôc. "C’est pourquoi le processus de conception et de fabrication de ces pièces ont nécessité tant de temps, d’effort et d’argent".

"Nous avons utilisé plusieurs types de tissus pour confectionner les costumes, car les personnages viennent de différentes classes sociales", a informé Duc Lôc. "Certains matériaux ont été importés de Thaïlande, de Chine et de Corée du Sud. D’autres ont été fabriqués dans des villages de métiers traditionnels tels que Van Phuc, La Khê, Nha Xa, Ma Châu, Bo Lôc et My A".

Un détail auquel les vietnamiens sont attentifs, soucieux que la réalisation des costumes soit fabriquée à partir de matériaux vietnamiens.

Le costume traditionnel, une nouvelle tendance ?

Ces dernières années, la société Y Vân Hiên a forgé sa réputation de costumier traditionnel. L’ambition du styliste Nguyên Duc Lôc est de rendre ces vêtements plus populaires, au-delà des fêtes et des défilés de mode. "Je suis tellement heureux que de plus en plus de personnes, y compris des hommes, choisissent de porter des tuniques traditionnelles pour des événements spéciaux, a-t-il confié. Les vêtements que nous fabriquons ne sont pas seulement portés pour les performances, ils ont une nouvelle vie".

Au début du mois d’août dernier, Hanoï accueillait un séminaire sur la préservation et la restauration des costumes royaux. L’occasion pour le public d’admirer les costumes utilisés de la série télévisée. Les visiteurs ont été impressionnés par les motifs complexes et sophistiqués brodés à la main.

Les produits de la société Y Vân Hiên ainsi que les costumes et accessoires de la dynastie des Nguyên étaient également exposés. Le clou du spectacle revient à la robe nhât binh de la princesse My Luong, sœur du roi Thành Thai (1879-1954). Elle fait désormais partie de la collection de Y Vân Hiên à la suite d’une vente aux enchères aux États-Unis.

L'actrice Diêm My a présenté une tenue portée par la reine Lê Thiên Anh (le personnage qu’elle incarne dans la série). Un style qui lui a valu de nombreux compliments, notamment de Công Tôn Nu Tri Huê, une descendante du roi Minh Mang (1791-1841). "Vous êtes gracieuse dans cette belle robe. Vous incarnez l'élégance de la noblesse", a-t-elle dit à Diêm My. "Le costume est beau aussi, a-t-elle ajouté. Je réalise que les modèles sont fidèles aux originaux en matière de forme, de couleur et de matériaux".

Công Tôn Nu Tri Huê est l'un des derniers maîtres artisans dans la confection de costumes royaux. Elle consulte toujours Duc Lôc sur la façon de reproduire les robes royales et les accessoires.

"Je suis assez jeune par rapport au casting de +Phuong Khâu+, a partagé Diêm My. Je me sens chanceuse de pouvoir jouer un rôle dans cette série. Participer à un film historique est à la fois source de pression et de joie. À travers le personnage de la reine Lê Thiên Anh, je dois m’exercer à imiter le comportement, les gestes et le langage d'une femme noble. Maintenant, je suis plus à l’aise à l’idée de porter des vêtements traditionnels pour des événements spéciaux, ils sont beaux et sophistiqués. Je suis fière de les porter", a-t-elle déclaré. -CVN/VNA


Voir plus

La pièce «Thi Mâu voyage à travers le temps». Photo : hanoi.gov.vn

À Hanoi, l’automne aux couleurs des arts de la scène

Le festival mettra en lumière des œuvres reflétant la richesse culturelle et historique de Hanoi, de son peuple et de son identité, avec des productions exceptionnelles dans un large éventail de genres théâtraux, notamment le cheo (théâtre populaire), le cai luong (théâtre rénové), le théâtre, les comédies musicales, le cirque, le théâtre de marionnettes et le tuông (théâtre classique).

Les vastes plaines alluviales qui bordent la rivière Cà Lô sont un lieu idéal pour camper le week-end. Photo : VNP

La dynamique de développement des villages d’artisanat

Au cœur des profondes mutations de notre époque, où le développement ne se mesure plus seulement à la vitesse de croissance mais aussi à la richesse de l’identité, la Résolution n°80-NQ/TW ouvre une nouvelle perspective : la culture ne suit plus le mouvement, elle l’accompagne et en devient un moteur d’impulsion.

Contrairement aux estampes polychromes, la peinture de Sinh utilise la matrice uniquement pour imprimer les contours, la coloration étant ensuite réalisée à la main, ce qui rend chaque œuvre unique. Photo : VNA

Les derniers gardiens de l'art des estampes populaires du village de Sinh à Hue

Ancré depuis plus de quatre siècles dans la vie spirituelle des habitants de l’ancienne cité impériale, l’art des estampes populaires du village de Sinh (quartier de Duong No, ville de Hue) a longtemps été au bord de l’extinction. Aujourd’hui relancé, ce savoir-faire ancestral ne survit pourtant encore qu’à travers les gestes d’une poignée d’artisans, posant avec acuité la question de la préservation d’un patrimoine populaire intimement lié aux croyances et à l’identité culturelle locale.

Des délégués et des citoyens visitent l'espace d'exposition du Musée de Hanoï. Photo : VNA

Pour faire de la culture un moteur du décollage touristique

Portée par la Résolution n°80-NQ/TW sur le développement de la culture vietnamienne, Hanoï accélère la valorisation de son immense patrimoine afin de faire de la culture un moteur de croissance durable, de dynamisme touristique et de créativité urbaine, malgré des défis persistants liés à la numérisation, aux infrastructures et à l’attractivité des produits culturels.

Dans le processus d’intégration internationale, la culture joue un rôle essentiel, contribuant à préserver l’identité nationale face aux influences extérieures et façonnant l’image du Vietnam dans le monde. Photo: VNA

Culture vietnamienne à l’ère numérique : entre valorisation et nouveaux défis

À l’ère du numérique, la promotion et la protection de l’identité culturelle vietnamienne sur Internet deviennent un enjeu stratégique. Si la technologie offre un second souffle aux valeurs traditionnelles, elle impose également de nouveaux défis face aux contenus inappropriés et à la nécessité de renforcer la « résistance culturelle » des citoyens.

Pagode Cuong Xa : record asiatique de murs gravés de svastikas

Pagode Cuong Xa : record asiatique de murs gravés de svastikas

La pagode Cuong Xa, connue sous le nom de Quynh Khau Tu (« Monticule de Jade »), située dans le quartier de Tan Hung à Hai Phong, a reçu, le 3 mai, un record asiatique pour son vaste ensemble de murs de pierre gravés du symbole bouddhiste du svastika.

Les Journées européennes de littérature 2026 se tiendront du 7 au 17 mai. Photo : organisateurs

Voyage savoureux à travers Hanoi et les univers de la littérature européenne

Les Journées de la littérature européenne reviennent au Vietnam en 2026 avec un thème central : la solitude et la solidarité. Elles marquent à la fois le retour de l’un des festivals littéraires européens les plus importants au Vietnam et le retour à l’une des préoccupations les plus profondes de la littérature : le désir humain de connexion par-delà la distance et la différence.