Les campagnes de Hanoi à l’heure de l’intégration

L’agrandissement des limites administratives de la capitale a triplé sa superficie. Cela a surtout permis aux zones rurales concernées de connaître un important développement.

L’agrandissement des limites administratives de la capitale a triplé sa superficie. Cela a surtout permis aux zones rurales concernées de connaître un important développement, grâce aux politiques d’investissement et d’assistance de la ville.

Les campagnes de Hanoi à l’heure de l’intégration ảnh 1La culture du thé est un atout dans le développement économique du district de Ba Vi, Hanoi. Photo : Thê Duyêt/VNA/CVN

Dans la commune de Yên Binh, district de Thach Thât, Hanoi, souffle sur les champs vert vif un vent d’optimisme. Grâce aux politiques d’assistance de la ville, plusieurs familles ont revu leurs méthodes agricoles et d’élevage, de sorte de mieux exploiter les avantages des régions montagneuses. Une remise en question qui a eu un effet très positif sur leur niveau de vie.

Restructuration économique

La famille de Nguyên Ngoc Oanh et Lê Thi Ly, de l’ethnie Muong, domiciliée dans le village de Thuông, commune de Yên Binh, a investi dans l’aquaculture, l’élevage porcin et la sylviculture. «Après le rattachement, les politiques privilégiées de Hanoi nous ont permis de développer notre production. Actuellement, nous disposons de 30 ha dédiés à la sylviculture et de 500 porcs qui nous rapportent près d’un milliard de dôngs par an», partage Nguyên Ngoc Oanh.

Étant l’une des quatre communes pauvres du district de Luong Son (province de Hoà Binh) à avoir été rattachée à la capitale selon la résolution N°15/2008 de l’Assemblée nationale, la commune de Yên Binh compte 1.565 familles avec 6.925 habitants, dont 40% sont issues de minorités ethniques. Outre la sylviculture et la floriculture, la commune prône désormais la plantation de vergers, en particulier de pamplemoussiers.

Le président du Comité populaire de la commune de Yên Binh, Nguyên Giap Dân, informe que le revenu moyen par habitant est actuellement de 23,5 millions de dôngs par an, contre 9 millions en 2008. Auparavant, Yên Binh comptait quatre villages considérés comme «civilisés» (un concept vietnamien répondant à plusieurs critères de développement socio-économique et culturels, ndlr). Aujourd’hui, ils sont huit parmi les dix existants. Niveau éducation, la commune dispose d’un collège, de deux écoles primaires et d’une école maternelle.

Une Hanoi à deux vitesses

Après son rattachement à Hanoi, la commune de Tiên Xuân, district de Thach Thât, a bénéficié d’une enveloppe de plus de 100 milliards de dôngs pour la construction d’ouvrages d’utilité publique. Actuellement, elle a atteint 14 des 19 critères sur l’édification de la Nouvelle ruralité. Selon le président du Comité populaire local, Dinh Công Long, les Muong représentent 69% de sa population. L’économie se base essentiellement sur la sylviculture et l’élevage de volailles.

Tiên Xuân prend aussi en compte la dimension culturelle, tentant de redonner une place centrale aux traditions Muong, en perdition. La construction en cours d’ouvrages d’utilité publique comme l’amphithéâtre du Comité populaire, les maisons culturelles des villages s’inscrit dans cette optique. Sans oublier la réfection des chemins vicinaux pour améliorer le transport. Actuellement, le revenu moyen est de 27 millions de dôngs par an et par habitant. «Nous souhaitons bénéficier des investissements continus de la ville dans les infrastructures, des aides en termes de transfert des technologies et de formation professionnelle», souligne Dinh Công Long.

Les campagnes de Hanoi à l’heure de l’intégration ảnh 2Un canal d’irrigation dans le district de Ba Vi, Hanoi. Photo : Thê Duyêt/VNA/CVN

À l’instar de Yên Binh ou de Tiên Xuân, la commune de Yên Trung, district de Thach Thât, est l’une des quatre communes de la province de Hoà Binh rattachées à Hanoi. Elle est peuplée à 82% de Muong. D’après le président du Comité populaire communal, Dinh Công Tuân, le revenu moyen par habitant a atteint 18 millions de dôngs en 2014 (contre 7 millions en 2008). Yên Trung compte trois écoles dont un collège aux normes nationales. Et la commune a atteint 15 des 19 critères du programme d’édification de la Nouvelle ruralité. Pourtant, le fait qu’il n’y ait toujours pas de marché rural est très pénalisant pour elle et ses habitants, qui éprouvent des difficultés à vendre les produits du terroir.

Réduction du taux de pauvreté

Autre exemple avec la commune d’An Phu, district de My Duc qui, depuis plusieurs années, fait figure de l’une des communes les plus démunies de Hanoi. Environ 70% de sa population est Muong. Elle aussi a bénéficié de centaines de milliards de dôngs pour perfectionner ses infrastructures de communications rurales. Certains ouvrages comme écoles, maison culturelle, routes ont été construits, permettant de donner une nouvelle physionomie à la commune. Mais cela n’a pas résolu les problèmes liés à l’agriculture, fortement affectée par la mauvaise qualité des sols et les aléas climatiques de la région - crues et inondations en tête.

La commune de Ba Vi, dont la population est à 98% Dao, est quant à elle la commune la plus pauvre du district éponyme. Le vice-président du Comité populaire communal, Bach Công Tiên, informe que les communes montagneuses ont largement profité de la manne financière apportée par la capitale, notamment en matière de réduction du taux de pauvreté (5,96% aujourd’hui). Mais le manque de fonds fait que plusieurs programmes sont toujours en suspens. De plus, l’appel lancé aux investisseurs pour exploiter les potentialités du district a un écho très limité.

Conscient de ce bilan contrasté, le chef du Comité des ethnies de Hanoi, Nguyên Tât Vinh, estime que la ville doit continuer de réserver des politiques spécifiques à l’investissement dans les infrastructures et au développement de la production  dans les régions peuplées par les ethnies minoritaires. En ligne de mire : le refus durable de la pauvret é. De son côté, la secrétaire adjointe permanente du Comité municipal du Parti, Ngô Thi Thanh Hang, demande aux autorités locales de trouver des solutions efficaces pour exploiter les potentiel de chaque commune. Cela passe nécessairement par la formation professionnelle, les prêts pour développer les fermes ou encore l’application des avancées technologiques dans la production. -CVN/VNA

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