L’économie collective se porte bien au Vietnam

La mise en œuvre de la Résolution du Comité central du Parti sur l’économie collective et l’application de la Loi sur les coopératives ont porté leurs fruits. Il reste pourtant encofe du chemin à faire.

Hanoi (VNA) – La mise en œuvre de la Résolution du Comité central du Parti sur l’économie collective et l’application de la Loi sur les coopératives ont porté leurs fruits. Il reste pourtant encore du chemin pour arriver à une économie collective dynamique, efficace et durable.

L’économie collective se porte bien au Vietnam ảnh 1L’industrie 4.0 et l’intégration économique mondiale obligent les coopératives à innover pour un développement dynamique et durable. Photo : VNA

Après 20 ans de mise en œuvre de la Résolution du Comité central du Parti communiste vietnamien sur l’économie collective et 10 ans d’application de la Loi sur les coopératives et l’économie collective, les coopératives ont enregistré des progrès, tant qualitatifs que quantitatifs, permettant de combler certaines faiblesses et de réaffirmer leur place importante dans l’économie nationale. Cependant, de nombreux problèmes subsistent dans l’économie collective, qui n’a pas encore pleinement optimisé son potentiel.

Les coopératives jouent un rôle important dans le développement socio-économique au Vietnam. Depuis 1945, elles sont devenues des acteurs puissants dans le développement de l’économie rurale du pays. Le mouvement coopératif est apparu au Vietnam après la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’environ 50.000 coopératives ont été créées. La première, la coopérative de production artisanale Dân Chu, a été créée en 1948. Après les années 2000, le gouvernement a promu activement les coopératives en tant qu’acteur important pour développer des zones rurales et promouvoir des économies d’échelle dans différents secteurs, en particulier l’agriculture.

La Loi sur les coopératives en vigueur depui 2012 a redynamisé l’écosystème pour renforcer les coopératives agricoles. Récemment, de nouveaux types de coopératives agricoles (également appelées coopératives spécialisées) émergent comme des solutions de développement innovantes pour réorganiser le secteur agricole et augmenter l’échelle des exploitations. Ce nouveau modèle est actuellement piloté dans la région du delta du Mékong, la plus grande région de production agricole du pays.

Rôle majeur des coopératives

Selon l’Union des coopératives du Vietnam, fin 2021, le pays comptait 27.342 coopératives, dont 1.292 coopératives agricoles appliquant les hautes technologies, 3.220 coopératives de production associées à la chaîne de valeur, soit 6,8 fois plus qu’en 2015. Le secteur économique collectif contribue directement pour environ 4,8% au PIB national et indirectement à plus de 30% grâce à la valeur ajoutée de l’économie des ménages membres. Il apporte sur le marché 18-32% des produits alimentaires et de nombreux autres biens de consommation, contribuant à stabiliser les prix et donc à freiner l’inflation.

Lors de la récente conférence nationale pour estimer les résultats et les défis de l’économie collective, le Premier ministre Pham Minh Chinh a affirmé que cette dernière, dont les coopératives sont le noyau, est un élément économique important au centre de l’attention du Parti et l’État, et qui s’implante progressivement dans l’économie nationale. Sur cette base, il a esquissé un certain nombre d’objectifs, d’orientations et de mesures clés dans les temps à venir, afin de développer une économie collective dynamique, efficace et durable, s’affirmant comme une composante majeure mode l’économie. En outre, il a jugé nécessaire de renforcer la sensibilisation des cadres et des membres du Parti et du peuple à l’économie collective, de mobiliser davantage de ressources et de supprimer les obstacles à son développement, d’affiner les réglementations et politiques juridiques connexes et d’améliorer son efficacité opérationnelle.

Le chef du gouvernement a également suggéré quelques orientations pour amender la loi en vigueur afin de créer un cadre institutionnel encore plus favorable, afin que l’économie collective soit réellement à la hauteur de son rôle dans la formation d’une économie de marché à orientation socialiste. Il a également demandé d’améliorer les qualifications et les capacités des cadres et salariés participant au secteur économique collectif et aux coopératives, de renforcer les coentreprises et les associations, de construire des marques de produits, d’élaborer des plans de développement basés sur les forces de chaque région et de chaque localité.

Selon le Département de développement des coopératives relevant du ministère du Plan et de l’Investissement, au cours de la prochaine décennie, l’intégration économique internationale offrira de nombreuses opportunités, mais posera aussi des défis, obligeant le secteur de l’économie collective et des coopératives à gagner en dynamisme, créativité sans oublier d’appliquer des technologies avancées dans la production. Les coopératives auront des opportunités d’étudier, d’améliorer leur capacité, d’attirer davantage d’investissements étrangers, d’élargir les exportations, etc. La concurrence risque en revanche d’être très vive sur le marché national et international.

Plan de développement à l’horizon 2025

Le Plan de développement de l’économie collective et des coopératives pour 2021-2025, adopté par le Premier ministre, est un outil pour mettre en œuvre la Stratégie de développement de l’économie et des coopératives pour la période 2021-2030, sert de base aux activités de l’élaboration des programmes et plans annuels des ministères, branches en la matière. Il souligne le développement d’une économie collective dynamique, efficace et durable. Dans un futur proche, il sera nécessaire de développer plus rapidement et durablement l’économie collective et de garantir le principe du volontariat, des besoins et des intérêts des habitants. D’ici fin 2025, l’objectif est de créer 10.000 nouvelles organisations économiques collectives, dont des coopératives, unions coopératives et groupes coopératifs.

Selon ce plan, les coopératives ayant des produits/services bio, des pratiques de fabrication écologique, des produits dans le cadre du programme “One Commune One Product” (À chaque commune son produit - OCOP) bénéficieront de soutien en participant à des foires-expositions et forums commerciaux, dans le pays comme à l’étranger. Les coopératives et unions de coopératives opérant dans les secteurs de l’agriculture, de la sylviculture, de la pêche et de la saliculture seront soutenues pour la construction d’entrepôts, d’ateliers de pré-transformation et de transformation.

Sur la base de la situation actuelle du développement des coopératives, ce programme propose trois groupes de mesures : mécanismes et politiques ; fonds, travail, marché ; et rénovation du mécanisme de fonctionnement. Concrètement, il faut continuer d’améliorer le cadre juridique et les politiques visant à soutenir le développement de l’économie collective, simplifier les procédures administratives, créer des entreprises dans le secteur des coopératives, compléter les documents juridiques pertinents (foncier, impôt, crédit...). Il importe aussi de renouveler les activités des organisations économiques collectives, de l’économie coopérative, parallèlement au renforcement des intérêts des membres, à l’élargissement des coopératives modèles, à l’intensification de la coopération internationale et du partage d’expériences pour développer l’économie coopérative. – CVN/VNA

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