Le Vietnam se prépare à une baisse des APD à titre préférentiel

Le Vietnam est désormais dans le groupe des pays à revenu intermédiaire, aussi les politiques d’assistance par APD et autres prêts préférentiels des bailleurs connaissent-elles de forts changements.

Hanoi (VNA) -  Le Vietnam est désormais dans le groupe des pays à revenu intermédiaire, aussi les politiques d’assistance par APD et autres prêts préférentiels des bailleurs de fonds étrangers connaissent-elles de forts changements. 

Le Vietnam se prépare à une baisse des APD à titre préférentiel ảnh 1L’autoroute Tân Vu-Lach Huyên (Hai Phong), construit grâce à l’APD du Japon, sera ouverte au trafic en mai 2017. Photo : VNA

Le dynamisme  économique du Vietnam lui a permis de passer, en 2010, de la catégorie des «pays les moins avancés» à celle des «pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure». Cette nouvelle classification va entraîner une réduction des crédits concessionnels. Si, avant 2010, le Vietnam pouvait emprunter des aides publiques au développement (APD) sur 30 ou 40 ans à un taux d’intérêt annuel de 0,8%, dans la période 2011-2015, ils sont passés à 20 ou 25 ans et à 2%. Selon les prévisions, à partir du 1er juillet 2017, les APD sous formes de prêts seront accordées avec une échéance de 10 ans et des taux d’intérêt allant de 2% à 3,5%.

La baisse graduelle des crédits concessionnels

Selon le ministère des Finances, les crédits concessionnels - de manière générale, un crédit à taux d’intérêt bonifié selon la terminologie des institutions financières internationales intervenant dans l’aide au développement - ont déjà commencé à diminuer dans certains secteurs. Récemment, la Banque mondiale (BM), l’un des plus grands acteurs multilatéraux pour le Vietnam, a annoncé ne plus lui accorder de prêts concessionnels à partir de juillet 2017.

La Banque asiatique de développement (BAD) a, par ailleurs, décidé de ne plus verser une partie des APD qu’elle accordait au Vietnam, et ce à partir de 2019. «La décision de mettre un terme à l’octroi de certains prêts concessionnels du Fonds pour le développement de l’Asie a été prise compte tenu de la position croissante du Vietnam sur la scène internationale et de ses perspectives de développement économique. Une chose est certaine, un jour, le fonds cessera définitivement de lui en accorder», explique Eric Sidgwick, directeur de la BAD au Vietnam.

Truong Hung Long, directeur du Département chargé des dettes et des financements extérieurs du ministère des Finances, note que ce changement de statut socio-économique, de pays bénéficiaire d’APD à celui de partenaire au développement, impliquera une baisse des crédits concessionnels pour les secteurs du transport, de l’énergie, de l’évacuation des eaux, de l’adaptation au changement climatique et de lutte contre la pauvreté.

Mais la situation semble ne pas être trop inquiétante, car, en tant que «pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure», les possibilités pour le Vietnam d’accéder à d’autres formes de crédit, mais bénéficiant à tout le moins d’une moindre bonification, sont vastes. Pour les organismes ou institutions prêteurs, un pays à revenu intermédiaire est doté de capacités de remboursement plus grandes que les pays les moins avancés, et sa possibilité d’accéder au marché mondial est aussi plus probante.

Comment employer efficacement les APD ?

Nguyên Duc Dô, directeur adjoint de l’Institut économique et financier, estime que la réduction du volume des crédits concessionnels aura des effets positifs en ce qu’elle obligera les emprunteurs à utiliser leurs emprunts à bon escient. «Le gouvernement a pensé à reverser les aides publiques au développement aux localités sous forme d’emprunts afin de s’assurer qu’elles seront employées efficacement. Jusqu’à présent, elles sont accordées sous forme de dons aux localités. Avec ce système, les localités devront être certaines de leurs capacités de remboursement avant d’emprunter», explique Nguyên Duc Dô.

Le Vietnam se prépare à une baisse des APD à titre préférentiel ảnh 2Les APD qui ont été accordées au Vietnam depuis 24 ans ont notablement contribué à son essor socio-économique. Photo : VNA

Des mesures ont d’ores et déjà été prises pour préparer le pays à passer avec succès cette période «post-APD». Il s’agira notamment d’équilibrer le budget public en réduisant les dépenses et l’endettement public. À court terme, un contrôle rigoureux des APD sera opéré afin de déterminer les bénéficiaires réellement prioritaires.

Le projet d’attraction, de gestion et d’emploi des fonds d’APD et de prêts préférentiels des bailleurs de fonds pour la période 2016-2020 a été approuvé par le gouvernement. Entre 2016 et 2020, le Vietnam a besoin de quelque 90 milliards de dollars pour développer son économie. Sur ce total, les besoins en termes de mobilisation d’APD s’élèvent à près de 40 milliards de dollars, principalement pour les secteurs du transport, des communications, du développement urbain, de l’agriculture et du développement rural, de l’environnement, de l’éducation et de la formation, de la santé, ainsi que des sciences et technologies.

Le Japon, premier bailleur de fonds du Vietnam

Aujourd’hui, alors que le Vietnam est désormais dans le groupe des pays à revenu intermédiaire, les politiques d’assistance par les APD et autres crédits préférentiels des bailleurs de fonds étrangers connaissent de forts changements. C’est la raison pour laquelle le projet «Orientation d’attraction et d’emploi des APD pour la période 2016-2020» a été élaboré pour disposer de mesures permettant d’utiliser le plus efficacement possible ces fonds en vue de s’assurer du succès de la mise en oeuvre de la Stratégie décennale de développement du Vietnam pour la période 2011-2020 et du Plan quinquennal de développement socio-économique pour la période 2016-2020.

Conformément à la loi sur le budget d’État, entrée en vigueur  en janvier 2017, les Comités populaires provinciaux peuvent réemprunter les APD et prêts préférentiels s’ils répondent aux conditions suivantes : être autorisé à réemprunter des fonds publics issus de prêts étrangers, posséder un projet d’investissement dans le développement socio-économique financé par le budget public local, et avoir la capacité de rembourser les prêts. 

Le groupe consultatif des bailleurs de fonds du Vietnam a proposé au ministère des Finances de publier la liste des projets pour lesquels les Comités populaires provinciaux pourront réemprunter les APD ou prêts préférentiels afin de les mettre en oeuvre, et de préciser les conditions nécessaires pour un réemprunt. Ledit ministère doit également contrôler les capacités de ces comités populaires de faire face à leur endettement. Selon la Banque d’État du Vietnam, les mécanismes financiers en matière d’APD conditionnent le succès des projets, aussi doivent-ils être définis et approuvés dès la phase d’élaboration du projet.

D’après la BM, les bailleurs de fonds sont en train de modifier leurs modalités d’investissement au Vietnam. Ils souhaitent investir dans des projets importants sur la base de leur efficience.

Les APD qui ont été accordées au Vietnam ont notablement participé à son développement socio-économique. Il y a 24 ans, en novembre 1993, une table ronde sur l’octroi d’APD au Vietnam a été organisée à Paris (France). Cet évènement a marqué le début d’une belle coopération au développement entre le Vietnam et les bailleurs internationaux.

À ce jour, environ 50 bailleurs bilatéraux et multilatéraux ont accordé au Vietnam des APD et autres fonds à des conditions privilégiées. Le Japon a été le premier, devant la France, la République de Corée et l’Allemagne. Du côté des organisations et institutions financières internationales, c’est la BM qui est en tête, suivie de la BAD. – CVN/VNA                      

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