Hanoi (VNA) – La conservation préventive des collections muséologiques laisse à désirer dans de nombreux musées faute de personnel qualifié, de fonds et surtout d’une véritable prise de conscience de sa nécessité.

Des poteries exposées au Musée de Hanoi. Photo : CVN

La conservation et la transmission des précieux artéfacts laissés par nos ancêtres sont les missions centrales des musées. Contrairement à la restauration qui intervient directement sur l’objet, la conservation se préoccupe de son environnement.

Le contrôle de la température, de la lumière, du taux d’humidité, des polluants atmosphériques, la protection contre le feu, les insectes et les microclimats, la mise en réserve, la manipulation et le transport d’un endroit à un autre, voilà quelques-uns des enjeux majeurs de la conservation.

Il existe dans le monde de nouvelles méthodes et technologies pour la conservation et la restauration des objets culturels. C’est un des buts  des musées vietnamiens d’en prendre connaissance et de former du personnel (conservateurs-restaurateurs, techniciens…) compétent, capable d’assumer parfaitement cette mission fondamentale.

Le Musée de l’histoire, un exemple à suivre

Le Musée national de l’histoire du Vietnam (MNHV) est l’un des rares du pays à avoir reconnu très tôt l’importance de la conservation préventive des objets. Dès sa création, il a toujours accordé la priorité aux investissements nécessaires à  cette activité. Actuellement, en dehors du Musée des beaux-arts du Vietnam, le MNHV est l’unique musée du pays à disposer d’un bureau chargé de cette problématique de la conservation.

Ces sept dernières années, grâce à des orientations pertinentes, le MNHV a obtenu des résultats remarquables dans de nombreux domaines, notamment en matière de conservation.

En dehors des investissements en matériel, il a mis l’accent sur les études scientifiques et, surtout, la formation de conservateurs-restaurateurs.

Selon son directeur, le Docteur Nguyên Van Cuong, "depuis sa création, le musée ne cesse d’élargir ses relations de coopération internationales, en particulier dans l’échange de documents, le transfert de technologies et la formation de conservateurs dignes de ce nom".

De nombreuses formations ont été organisées dans ou hors du pays avec la participation de cadres du MNHV et de nombreux autres musées du pays. L’objectif est de former du personnel capable d’éviter (conservation préventive), de prévoir (conservation prédictive) et de traiter (conservation curative) les altérations des artéfacts afin d’assurer la pérennisation matérielle des collections.

Un expert japonais accompagne son homologue vietnamienne dans la restauration d’un artéfact endommagé. Photo: MNHV

Outre les projets en cours, le musée a coopéré avec de nombreux nouveaux partenaires, en profitant d’aides financières d’autres musées, d’organisations internationales de Wallonie-Bruxelles (Belgique), de République de Corée, d’Allemagne, de  France... pour améliorer les compétences de son personnel.

Notamment, dans le cadre de son programme de coopération  avec le Musée national de Kyushu (Japon) pour les périodes 2011-2016 et 2016-2020, financé par le Fonds japonais Sumitomo, ces six dernières années, des experts japonais ont accompagné leurs homologues vietnamiens dans la restauration d’artéfacts endommagés. On peut citer la restauration d’une peinture à la pagode Hàm Long à Hanoi, d’une statue de Bouddha venue du Japon et de deux battants d’une porte de la pagode Phô Minh à Nam Dinh (Nord).

Coopération internationale renforcée

Grâce à ses activités, le MNHV est une sorte de pont reliant tous les autres musées du pays, notamment en termes  de conservation où il a acquis des compétences reconnues. Il conseille non seulement des musées mais aussi des gestionnaires de sites historiques et, parfois, supervise la conservation et la restauration d’objets.

La Docteure Nguyên Thi Huong Thom, cheffe du Service conservation au MNHV, indique que ce musée a été choisi par le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme comme partenaire principal (pour la période 2011-2015) du projet de coopération avec la Délégation Wallonie-Bruxelles, en se basant sur la poursuite des programmes menés depuis 2004 avec l’Association de promotion de l’éducation et de la formation à l’étranger (APEFE).

L’objectif du projet est le transfert d’expériences et de connaissances sur la conservation, via des ateliers de formation. Des dizaines d’ateliers ont été organisés au musée et à l’Université de la culture de Hô Chi Minh-Ville, réservés aux conservateurs-restaurateurs, agents techniques et enseignants de cette école.

Actuellement, le MNHV participe à l’élaboration des programmes de la Faculté des patrimoines culturels de l’Université de la culture de Hô Chi Minh-Ville, ainsi qu’à l’enseignement. "Dans les années à venir, afin de répondre aux besoins croissants en termes de conservation, le MNHV continuera d’investir dans ses bases matérielles, de renforcer les études scientifiques et, surtout, la formation d’un personnel qualifié", conclut son directeur Nguyên Van Cuong. – CVN/VNA