Le "puits magique" de la pagode de Buu Phong à Dông Nai

Le puits du nom de Gia Long, premier roi de la dynastie des Nguyên, se trouve dans la pagode de Buu Phong, province de Dông Nai (Sud).

Dông Nai (VNA) - Le puits du nom de Gia Long, premier roi de la dynastie des Nguyên, se trouve dans la pagode de Buu Phong, province de Dông Nai (Sud). Niché au sommet d’un mont karstique, il ne tarit jamais et son eau est considérée comme miraculeuse.

Le "puits magique" de la pagode de Buu Phong à Dông Nai ảnh 1 Le puits de Gia Long. Photo: Tri Sac/CVN

À la différence de bien d’autres vieilles pagodes adossées aux montagnes, la pagode de Buu Phong trône au sommet du mont Buu Long, dans la ville de Biên Hoà, province de Dông Nai. Une pagode bicentenaire reconnue en 2013 "site pittoresque, vestige national".

Construite en 1616 à l’initiative du bonze supérieur Buu Phong, la pagode est une destination fréquentée par de nombreux pèlerins bouddhistes qui viennent prier pour la santé, le bonheur et la prospérité de leur famille, contempler de beaux paysages et se procurer un peu d’"eau bénite" puisée au puits situé à flanc de montagne.

Prières exaucées

Le vieux puits, de forme carrée, porte le nom de Gia Long, premier roi de la dynastie des Nguyên (1802-1945). "Une source intarissable avec une eau limpide, capable d’apporter de bonnes choses à ceux qui en boivent", assure Nguyên Thi Chin, 85 ans, vendeuse d’encens dans la pagode de Buu Phong. Ce puits est auréolé d’une légende.

Au début du XIXe siècle, le seigneur Nguyên Anh reconquit son territoire sur les Tây Son (forces d’insurrection) et se proclama roi sous le nom de Gia Long (1802-1820), créant au passage la dynastie des Nguyên.

Toutefois, le puits de Gia Long a fait son apparition avant que Nguyên Anh ne devienne roi. Poursuivi par les Tây Son, Nguyên Anh et ses hommes s’enfuirent de Huê, pour se réfugier dans le Sud. La pagode isolée de Buu Phong devint leur refuge. À cette époque-là, les bonzes puisaient de l’eau à un ruisseau traversant la vallée au pied de la montagne. De peur d’être repéré par les ennemis chaque fois que ses hommes descendaient au ruisseau, Nguyên Anh fit creuser un puits sur le flanc de la montagne, près de la pagode. Mais en vain, car les pierres étaient trop dures. Dépité, Nguyên Anh se mit à genou et pria. Les prières terminées, il tira son épée du fourreau et l’enfonça dans le sol pierreux. Un miracle survint: l’eau jaillit abondamment. Immédiatement Nguyên Anh ordonna d’y creuser un puits.

Après être devenu roi, pour témoigner de sa reconnaissance à cette pagode, Gia Long décida en 1819 d’en financer la reconstruction. La pagode de Buu Phong fit peau neuve, et le puits magique fut alors appelé, par les bonzes, Gia Long Tinh (le puits de Gia Long).

Apparition d’Avalokitésvara

Le "puits magique" de la pagode de Buu Phong à Dông Nai ảnh 2 L’ancien puits devant la pagode de Buu Phong. Photo: Tri Sac/CVN

La vendeuse d’encens rappelle un autre "mystère du puits de Gia Long" qui eut lieu en 1963. C’était exactement le 19e jour du neuvième mois lunaire de l’année du Chat. La pagode organisait alors une cérémonie dédiée à Quan Thê Âm Bô Tat (Avalokitésvara ou Bodhisattva de la Miséricorde), avec la participation de nombreux bonzes et fidèles bouddhistes. À minuit, devant tout le monde, un globe de feu apparut soudainement dans le ciel, se jeta sur le flanc de la montagne puis disparut mystérieusement dans l’enceinte du vieux puits. C’est la Bodhisattva de la Miséricorde descendue en ce bas-monde pour protéger les êtres vivants, dit-on alors. La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre dans toute la région. La même nuit, des milliers de personnes affluèrent pour prier et puiser de l’eau au puits, pour en boire et en rapporter à la maison. "De l’eau bénite capable de guérir des maladies", dit-on.

Peu de temps après, le bonze supérieur Yêt Ma Thiên Giao, 16e gérant de la pagode de Buu Phong, fit édifier juste devant le puits une grande statue de Quan Thê Âm Bô Tat et une stèle en pierre sur laquelle est gravé un poème en chinois évoquant cet événement.

Nouveau miracle


À rappeler qu’à cette époque-là, au Sud - Vietnam, prenait forme un mouvement de bouddhistes protestant contre le régime répressif du président Ngô Dinh Diêm. De peur que la pagode ne serve de lieu de rassemblement pour les forces hostiles, le lieutenant-colonel (de l’armée saïgonnaise) et chef de district de Duc Tu (ville de Biên Hoà) s’y rendit un jour de fête, dans l’intention de disperser les fidèles. Devant la protestation violente de ceux-ci, il pointa son révolver vers le ciel, et déclara: "Je veux voir si Quan Thê Âm Bô Tat apparaît par miracle comme vous l’avez dit. Je vais tirer en air. S’il n’y a pas de coup de feu, je vous laisserai prier. Dans le cas contraire, vous devrez vous disperser". Et d’appuyer sur la détente, trois fois de suite, sans qu’aucune détonation ne se produise. Le lieutenant-colonel dû s’avouer vaincu, et s’enfuit discrètement sous les acclamations des fidèles.

Le puits centenaire de Gia Long demeure intarissable, en dépit des sècheresses parfois sévères. Un puits magique qui fait la renommée de la pagode de Buu Phong. -CVN/VNA
 

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