Le printemps dans les estampes populaires de Dong Ho

Arborer les estampes populaires de Dong Ho à l’occasion du Nouvel An lunaire est une vieille tradition des habitants du delta du fleuve Rouge. Ces estampes sont le produit original des artisans de Dong Ho, un village de la province de Bac Ninh.
Arborer les estampes populaires de Dong Ho àl’occasion du Nouvel An lunaire est une vieille tradition des habitantsdu delta du fleuve Rouge. Ces estampes sont le produit original desartisans de Dong Ho, un village de la province de Bac Ninh.

Les jours du Tet, à côté du plateau aux 5 fruits posé sur l’autel desancêtres, des gâteaux de riz gluant et des sentences parallèles rouges,les estampes de Dong Ho aux couleurs vives figurent en bonne place. Lemaître artisan Nguyen Dang Che appartient à la 20ème génération d’unefamille d’estampistes de Dong Ho : «Les gens ont l’habitude d’arborernos estampes à l’occasion du Tet, c’est pourquoi ils les appellent«estampes du Tet». Les familles paysannes affichent des estampesmontrant des cochons ou des poulets dans l’espoir d’avoir de bonsélevages. Ceux qui souhaitent l’opulence choisissent l’estampe intitulée«Gloire et richesse». On peut également afficher un ensemble de 4tableaux montrant les 4 saisons ou un ensemble d’estampes reproduisantle roman en vers Kieu. Ces tableaux peuvent être arborés depuis la portejusqu’à l’intérieur de la maison».

La grandeoriginalité des estampes de Dong Ho réside dans leurs couleursnaturelles et dans le papier sur lesquelles elles sont imprimées. Ils’agit du papier dó, fait à partir d’écorce d’un arbre tropical appelé«rhamnoneuron». Ce papier est à la fois spongieux, doux, mince etrésistant. Il absorbe bien les couleurs sans que celles-ci ne semélangent pendant l’impression. L’artisan couvre le papier d’une couchede poudre de coquillage, donnant un fond blanc étincelant.

Selon M. Nguyen Dang Che, tout le matériel utilisé dans les estampes deDong Ho vient de la nature. Le papier vient du rhamnoneuron qui poussedans la forêt. Quant aux couleurs, le blanc vient du coquillage en mer,le rouge des cailloux de montagne, la couleur argentée vient de la fleurdu sophora du Japon, le vert vient de la feuille de l’indigotier et lenoir de la feuille du bambou. Toutes les estampes sont impriméesentièrement avec des planches en bois.

Chaque couleurutilisée dans les estampes de Dong Ho a une valeur symbolique.D’ailleurs, à chaque impression, on obtient une seule couleur. Le nombrede couleurs correspond au nombre d’impressions. En tout cas, il y a 5couleurs essentielles correspondant aux 5 éléments de la croyanceorientale : le blanc est le métal, le vert, le bois, le noir, l’eau, lerouge, le feu et, enfin, le jaune, la terre. Le vert qui symbolise lavie et la naissance correspond au printemps. Le rouge qui symbolise lefeu et la chaleur, à l’été. Quant au jaune, à mère la nature. Cettecouleur est omniprésente dans les estampes de Dong Ho, elle sert souventde couleur de fond.

Selon Nguyen Dang Tam, fils cadetde Nguyen Dang Che, qui est l’héritier du métier traditionneld’estampiste de sa famille, les jours précédant le Tet, les clientsviennent acheter des estampes de Dong Ho pour décorer leurs maisons. Lescouleurs restent traditionnelles. Elles sont plutôt claires, ce quiconvient parfaitement à la décoration pour le Tet.

NguyenThi Mai, une Hanoienne, s’est rendue jusqu’au village de Dong Ho pourchoisir ses estampes, a dit : "J’aime beaucoup ces estampestraditionnelles peintes sur du papier dó. C’est une façon pour nous derappeler aux enfants les vieilles traditions. A l’occasion du Tet, nousachetons ces estampes pour les arborer chez nous, en espérant une bonneannée heureuse et prospère».

Les estampes de Dong Ho nesont pas des illustrations des festivités du Tet. Elles ont souvent pourthème des scènes de la vie quotidienne en milieu rural. Chacune estcomme une fable philosophique, un message moral. Simples mais riches envaleurs culturelles et artistiques, ces estampes continuent de résister àtous les assauts du modernisme pour transmettre aux futures générationscette belle tradition originale des ancêtres. -VNA/VOV

Voir plus

La préservation de la Citadelle impériale de Thang Long est un modèle « exemplaire » de coopération entre l’UNESCO et les États membres. Photo: BTC

UNESCO Vietnam : Pour que le patrimoine devienne un véritable patrimoine actif

Le Dialogue Asie-Pacifique sur le patrimoine et l’authenticité, organisé du 27 septembre au 1er octobre à Hanoï et à Ninh Binh, s’est penché sur les moyens de préserver l’intégrité des sites dans le contexte de la vie contemporaine, tout en explorant des approches novatrices permettant d’assurer leur transmission, leur valorisation et leur transformation en véritables actifs au service du développement.

Premier Festival du banh mi vietnamien au Japon

Premier Festival du banh mi vietnamien au Japon

Premier événement au Japon entièrement consacré au banh mi vietnamien, le festival organisé les 26 et 27 septembre à Tokyo a invité le public japonais à découvrir, à travers la gastronomie, la culture vietnamienne et les liens qui rapprochaient les deux peuples.

Le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam et président vietnamien Tô Lâm (3e à partir de la gauche) lors de la cérémonie. Photo: VNA

Le Vietnam lance le chantier de conservation et de restauration du palais Kinh Thiên

Kinh Thiên était le palais principal de la cité interdite de Thang Long sous la dynastie des Lê. Selon le “Dai Viêt su ky toàn thu” (Annales complètes du Dai Viêt), sa construction débuta en 1428, sous le règne de Lê Thai Tô, et s’acheva sous celui de Lê Thanh Tông, sur les fondations des palais principaux des dynasties des Ly et des Trân.

L’œuvre puise sa source dans le reflet de la lune sur l'eau, capturant le paradoxe d'une image à la fois figée dans l'instant et animée d'un mouvement éternel. Photo : thethaovanhoa.vn

Quand l’ikebana japonais fait onduler la lune au cœur de Hanoi

Au Musée des beaux-arts du Vietnam, l’exposition Sazanami Vol. 1 («Vagues de lune») transcende la simple démonstration technique. En faisant dialoguer l’Ikebana avec le paysage culturel et créatif vietnamien, elle ouvre une voie d’une résonance universelle où l’humanité et la nature s’unissent par la grâce des fleurs.