Nicolas Cornet, “Vietnam Pagodes” et plus

Le photographe français Nicolas Cornet, “Vietnam Pagodes” et plus

Déjà auteur de trois livres sur son pays de cœur, le journaliste et photographe français Nicolas Cornet vient de consacrer un quatrième, ouvrage photographique cette fois, baptisé «Vietnam Pagodes».

Hanoi (VNA) - La passion de Nicolas Cornet pour le Vietnam est toujours présente même s’il sillonne le pays de long en large depuis trente ans. Déjà auteur de trois livres sur son pays de cœur, ce journaliste et photographe français vient de consacrer un quatrième, ouvrage photographique cette fois, baptisé «Vietnam Pagodes», qui parle de pagodes, évidemment, mais aussi d’autres lieux de culte typiquement vietnamiens comme les temples et les dinh - les maisons communales. Quelques-unes de ses photos sont exposées actuellement à l’Institut français de Hanoi. À cette occasion, il se livre sur son travail et sur son attachement pour le patrimoine culturel vietnamien.   

Le photographe français Nicolas Cornet, “Vietnam Pagodes” et plus ảnh 1Le journaliste et photographe français Nicolas Cornet. Photo: VNP

Quand on dit en français le mot «pagode», c’est exclusivement des lieux dédiés au Bouddha. Or, si je suis l’activité de différentes pratiques de rituels des Vietnamiens, ils fréquentent aussi des temples construits par des communautés chinoises qui vivent au Vietnam depuis des siècles, et des temples khmers aussi. Il y a des choses que je n’ai pas photographiées dans ce livre, mais il y a un temple hindou à Saigon où énormément de Vietnamiens vont pour faire des offrandes. Ils considèrent que ça leur porte chance aux femmes dans la fertilité, les amours, etc. Ce côté social est important pour moi. Si on parle de la pagode des Parfums, ce n’est pas une pagode à proprement parler, c’est un lieu sacré. Si on parle de Yên Tu, c’est une montagne sacrée liée au bouddhisme. J’ai essayé de varier avec les lieux qui sont importants pour les Vietnamiens.

- Vous avez fait combien de pagodes?

J’ai visité une centaine mais j’ai gardé une trentaine pour le livre, parce que plus on met des pagodes, plus c’est compliqué. J’ai sélectionné les pagodes les plus importantes pour moi. Ce sont des pagodes du Nord, du Centre et du Sud qui me semblent avoir une importance soit architecturale, soit patrimoniale, culturelle, ou parfois même des lieux qui accueillent les pèlerinages comme la pagode des Parfums ou Yên Tu.

- Pourquoi ce sujet vous est-il si attaché?

Quand on fait un livre, on doit choisir des angles. Des photos dans les pagodes étaient le dernier chapitre de l’un de mes livres. Mais il y a encore énormément de pagodes et la question du patrimoine est importante au Vietnam. C’était donc l’occasion pour moi de faire un travail exclusivement sur le patrimoine, mais en ouvrant aussi aux pratiques des Vietnamiens dans ce patrimoine. Il y a une partie pour montrer l’architecture, les détails culturels et artistiques, par exemple des gravures sur bois, et en même temps pour suivre la vie des gens, sociale et cultuelle, à l’intérieur des pagodes.

- C’est plutôt le côté social et cultuel que vous essayez de mettre à l’honneur?

Voilà! Par exemple, dans une pagode, vous pouvez voir arriver des personnes qui font des offrandes de végétaux, de fleurs, de fruits, d’encens. Quelque fois vous voyez quelqu’un qui arrive avec un canard ou un poulet. Dans ce cas-là, c’est plutôt les villageois qui viennent à la pagode pas avec des offrandes végétariennes mais de différentes offrandes qui sont pour un culte peut-être plus ancien que le Bouddha. Ils font des anniversaires de mort avant de faire le repas à la maison, ils passent à la pagode pour faire bénir les victuailles. 

Le photographe français Nicolas Cornet, “Vietnam Pagodes” et plus ảnh 2Photo: Institut français de Hanoi

- Que pensez-vous des différences dans la pratique de croyance dans chaque région au Vietnam?

C’est des pratiques liées à l’histoire. Quand les Vietnamiens sont descendus jusqu’à Huê et puis dans le Sud, ils sont descendus avec «le bouddhisme». Ils ont rencontré d’autres croyances, ils ont teinté leur bouddhisme et leur croyance des croyances des autres. Je suis étonné de voir qu’au Vietnam, en tous cas au Nord, la pagode est non seulement un endroit où on accueille le Bouddha mais aussi toutes les autres croyances. Il y a un côté de syncrétisme mais aussi un côté de grande ouverture. Pour moi c’est l’un des seuls pays qui pratiquent ce culte mélangé.

- Est-ce que cette différence vous est plus frappante au niveau de la croyance entre le Vietnam et les autres pays que vous avez visités?

Oui. Dans les autres pays comme le Cambodge ou la Thaïlande, c’est le bouddhisme du petit véhicule, il y a un seul Bouddha, il n’y a pas une apparition de héros, de génies locaux, etc. C’est vrai que par rapport aux pagodes du nord, c’est très spécial. Il y a d’autres particularités de pagodes à Huê. L’importance de tout l’environnement végétal et naturel, les montagnes, les sources et toutes les plantes d’eau, il y a le feng shui qui est important. Dans chaque région, il y a des aspects très spécifiques.

- Il est vrai qu’on observe une grande partie de vos œuvres accordées à Huê. Pourquoi?

Pour moi, quand on parle du bouddhisme au Vietnam, on doit parler de Huê. C’est un centre très important où il y a beaucoup de formations de moines et de noviciats.  Cette ville a été l’origine de plusieurs mouvements sociaux et historiques. Si on regarde dans les années 60, les moines de Huê allaient faire des manifestations à Saigon. Il y a aussi un bouddhiste qui a été politique mais qui fait partie de l’utilisation du bouddhisme dans la vie quotidienne mais aussi la vie des citoyens. C’est une identité du bouddhisme au Vietnam.

- Vous abordez aussi des impacts de changements socio-économiques sur les patrimoines. Comment ceux-ci se manifestent à votre avis?

Il y a de moins en moins de place dans les villes. On a un problème foncier, le mètre carré est cher, donc quand on veut faire une nouvelle pagode, on n’a pas de place. J’ai remarqué que dans la pagode Giác Lâm à Saigon, l’idée est de garder l’ancienne pagode intacte, et juste à côté, de construire une nouvelle pagode plus grande qui rend l’accès plus facile un grand nombre de fidèle pour manger, pour dormir, pour prier, etc. Je pense qu’il y a des pistes à développer pour sauvegarder les pagodes au Vietnam sans les détruire.

- Vous avez entendu parler des pagodes qui font l’objet des campagnes de restauration mais en réalité, elles ont été endommagées parce que les gens ne savaient pas faire?

Oui, je pense que maintenant, la prise de conscience a eu lieu que ce soit au niveau des autorités provinciales et gouvernementales ainsi que de la société. Ce qui manque encore c’est la décision d’un processus qui pourrait être national ou on peut avoir des commissions scientifiques qui décident au niveau de la pagode «Qu’est-ce qui sera fait dans quels travaux et de quelle manière surtout?» Tous les pays ont mis du temps à mettre au point le processus de protection du patrimoine. J’espère que le livre sera traduit en vietnamien l’année prochaine pour redonner aux Vietnamiens une vue différente à ce livre qui existe seulement pour le moment en français et en anglais. – VOV/VNA

Voir plus

Une démonstration d’écriture calligraphique. Photo : VNA

Hai Phong célèbre la tradition du respect des maîtres au Van Mieu Mao Dien

Le festival, qui se déroule du 4 au 6 avril, propose de nombreux rituels, activités culturelles et jeux populaires, dont la cérémonie d’offrande des caractères sacrés autour du thème « Tôn su trong dao » – qui exprime le respect et la reconnaissance envers les enseignants ainsi que l’attachement au savoir et aux valeurs morales.

La couleur rose de la pagode se détache harmonieusement sous le ciel bleu, au cœur des rizières de la région de Bay Nui, à An Giang. Photo : Thanh Sang / VNA

Pagode Hang Cong : un édifice rose unique à An Giang

Située dans la commune de Tri Ton, dans la province d’An Giang, dans le Sud du Vietnam, la pagode Krang Kroch, également connue sous le nom de pagode Hang Cong, est un temple bouddhiste theravada khmer vieux de plus d’un siècle. Étroitement liée à la vie culturelle et spirituelle de la communauté khmère de la région de Bay Nui, elle se distingue par sa rare teinte rose et son architecture traditionnelle khmère. Plus qu’un simple lieu de culte, elle constitue aujourd’hui une destination prisée des visiteurs désireux de découvrir l’identité culturelle singulière de la province d’An Giang.

Au cœur de cette conception graphique figure une colombe, symbole universel de la paix, tenant dans son bec un épi de riz et accompagnée de trois rubans de soie multicolores. Photo: VNA

Quang Tri dévoile l’identité visuelle du Festival pour la Paix 2026

Placée sous le thème "De la mémoire vers l’avenir – Quang Tri pour la paix", l’édition 2026 du festival ambitionne de souligner la valeur de la paix, d’honorer l’esprit de solidarité et d’amitié, tout en rendant hommage aux héros et martyrs tombés pour l’indépendance et la liberté.

Cérémonie d’ouverture de l’écriture (Khai bút) au temple dédié à Chu Van An, à Chí Linh, Hai Phong. (Photo : VNA)

La culture au cœur de la stratégie de développement du Vietnam

La culture s’affirme comme un pilier central du développement du Vietnam, contribuant à la fois à la croissance économique et au rayonnement international. En mobilisant ses ressources endogènes et en accélérant la transformation numérique, le pays entend renforcer sa puissance douce et sa compétitivité.

Certaines œuvres du concours. Photo: CVN

Le Danemark dans mes yeux, les artistes en herbe voient l’avenir en vert

Pour marquer son 10e anniversaire, le concours de cette année a enregistré une participation record avec plus de 130.000 dessins et œuvres artistiques réalisés par des élèves à travers tout le pays. Ce chiffre impressionnant reflète non seulement l’intérêt des enfants pour le thème "Vivre vert", mais aussi la prise de conscience croissante et l’engagement actif de la jeune génération dans la recherche de solutions créatives pour répondre aux défis environnementaux selon leur propre regard.

La rencontre à Vienne entre l’ambassadeur du Vietnam et la famille de l’écrivaine Mira Lobe. Photo: VNA

La littérature jeunesse, passerelle entre les cultures vietnamienne et autrichienne

La rencontre à Vienne entre l’ambassadeur du Vietnam et la famille de l’écrivaine Mira Lobe met en lumière le rôle de la littérature jeunesse comme vecteur de rapprochement culturel entre le Vietnam et l’Autriche, dans un contexte marqué par la reconnaissance croissante des œuvres autrichiennes auprès du public vietnamien.