Le Làng oi, le chant traditionnel des Tày et des Nùng

Les Tày et les Nùng à Cao Bang partagent plusieurs pratiques culturelles dont le chant Làng oi, un chant alterné traditionnel entre hommes et femmes, ou entre la famille qui accueille et ses hôtes.

Cao Bang (VNA) –  Direction Bao Lac, un district frontalier de la province septentrionale de Cao Bang qui abrite une grande communauté de minorités ethniques, d’où émergent les Tày et les Nùng, qui y sont majoritaires. Ceux deux groupes ethniques très proches l’un de l’autre partagent plusieurs pratiques culturelles dont le chant Làng oi.

Le Làng oi, le chant traditionnel des Tày et des Nùng ảnh 1Le "Làng oi" chant au bord de la rivière. Photo: nhandan.vn


Le Làng oi est un chant alterné traditionnel entre hommes et femmes, ou entre la famille qui accueille et ses hôtes. L’échange peut commencer la nuit et durera jusqu’à l’aube, voire plusieurs jours, dit Ma Van Giâu, un Nùng de Bao Lac.

«Nous chantons le Làng oi à beaucoup d’occasions, à commencer par les fêtes du premier mois lunaire. Nous chantons aussi à l’occasion des anniversaires et des pendaisons de crémaillère», précise-t-il.

Un échange complet de Làng oi se décline en trois parties. Tout d’abord, les deux parties en présence se saluent et demandent l’une à l’autre la permission de chanter. Par la suite, elles échangent des chants de louange et d’adoration. Enfin, toujours en chantant, elles se disent au revoir et se font des promesses. De nombreux couples ont été formés grâce à cette belle tradition musicale, nous affirme Lê Thi Tâm, une responsable de la culture du district de Bao Lac.

«Autrefois, les jeunes gens et les jeunes filles ne se rencontraient qu’au marché ou lors des fêtes villageoises. Ils ne savaient ni lire ni écrire. Le meilleur moyen de communiquer, pour eux, était donc ces paroles improvisées sur des mélodies familières, plutôt que les lettres», explique-t-elle. «Pour attirer et retenir l’attention de l’autre, ils n’hésitaient pas à le titiller et dans bien des cas, une rencontre au marché ne suffisait pas et donnerait lieu à d’autres, jusqu’au mariage».

C’est justement dans ce contexte que Hua Thi Quynh a trouvé l’homme de sa vie.

«J’ai rencontré mon futur mari lors d’une fête villageoise et j’ai décidé de lui offrir, lors de la fête suivante, un petit sac que j’aurais confectionné moi-même pour qu’il ne m’oublie pas», raconte-t-elle. «Mes parents ont vécu la même expérience. C’est une tradition que nous tenons vraiment à préserver».

En échangeant des chants galants, le garçon partage avec la fille qui lui a plu lors de la rencontre précédente un gâteau ou lui offre un foulard carré qu’elle utilisera comme un turban. De son côté, la fille offre à l’élu de son coeur une paire de chaussures, une chemise ou un sac qu’elle a confectionné elle-même. – VOV/VNA

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