Nghe An (VNA) – Établi en 2002 dans la commune de Quy Hop, province de Nghe An (Centre), le jardin botanique périphérique de la Réserve naturelle de Pu Huong est aujourd’hui reconnu comme un véritable « musée vivant » des plantes tropicales. Il remplit une mission multiple – formation, recherche scientifique, amélioration de l’environnement écologique et sensibilisation du public – en faveur de la protection des forêts et de la biodiversité. La visite du site offre ainsi une immersion remarquable dans la richesse floristique tropicale, reflet emblématique de la Réserve de biosphère de l’ouest de Nghê An, dont Pu Huong constitue l’un des noyaux essentiels.
Selon Tran Duc Long, responsable du Département technique et de la coopération internationale de la Réserve, ce jardin s’étend désormais sur près de 11 hectares divisés en neuf secteurs distincts. Après plus de deux décennies, l’objectif demeure la conservation des ressources génétiques d’espèces précieuses, endémiques ou à forte valeur économique, avec plus de 120 espèces indigènes déjà implantées, formant aujourd'hui de véritables pans de forêt à canopée fermée.
Le site dispose d'un système de signalisation et de panneaux pédagogiques visuels intégrant des messages sur le rôle vital des forêts, facilitant ainsi l’accès aux connaissances sur la gestion forestière et la prévention des incendies afin de modifier durablement les comportements environnementaux des visiteurs.
Au cœur du jardin serpente le ruisseau Khe Lanh, cours d’eau limpide et rafraîchissant qui prend sa source dans les montagnes de Quy Chau avant de rejoindre la rivière Hiêu. Cet élément naturel confère au site un fort potentiel pour le tourisme de plein air et l’écotourisme éducatif.
Adjacent au jardin, le musée de la Réserve naturelle de Pu Huong préserve environ 150 spécimens d’animaux, incluant des espèces rares telles que le chat de Temminck, le gibbon à joues blanches ou des cornes de Saola, ainsi que plus de 500 échantillons de plantes remarquables comme le Lim vert (Erythrophleum fordii) ou le Cho chi (Parashorea chinensis). Cet ensemble constitue un patrimoine génétique d’une valeur exceptionnelle, issu de l’un des trois grands massifs forestiers de la zone centrale de la Réserve de biosphère de l’ouest de Nghê An, reconnue par l’UNESCO en 2007.
Depuis 2023, le musée a fait l’objet d’un réaménagement selon un concept ouvert, associant nature et culture afin de répondre à la fois aux exigences de la recherche scientifique et aux attentes de l’écotourisme.
Le Docteur Nguyen Thanh Chung, expert en planification forestière, souligne que ce jardin botanique joue un rôle stratégique dans le système de conservation de la biodiversité du Vietnam, servant de base scientifique pour le développement durable des ressources végétales.
Situé au centre du corridor biologique de la chaîne annamitique du Nord, il représente fidèlement les structures et compositions écologiques locales. Outre sa fonction de banque de gènes pour les espèces menacées, il constitue un centre de recherche sur l’écologie forestière et les changements climatiques, fournissant des données fiables pour les politiques nationales de gestion forestière.
Vo Minh Son, directeur de la Réserve naturelle de Pu Huong, indique qu’un projet de développement de l’écotourisme est en cours afin de faire du site une destination privilégiée pour les étudiants, les chercheurs et les visiteurs.
À moyen terme, le jardin botanique de Pu Huong ambitionne de devenir l’un des principaux conservatoires nationaux de ressources génétiques végétales. -VNA