Le hâu dông du point de vue des jeunes et dans la culture religieuse

Il existe au Vietnam une croyance depuis la préhistoire qui continue à occuper une place prépondérante dans la vie spirituelle de la population : le hâu dông.

Hanoi (VNA) - Il existe au Vietnam une croyance depuis la préhistoire qui continue à occuper une place prépondérante dans la vie spirituelle de la population : le hâu dông. Ce rituel a ses miracles, ou disons plutôt des choses extraordinaires que la science n’est pas encore en mesure d’expliquer.

Le hâu dông du point de vue des jeunes et dans la culture religieuse ảnh 1Une séance de hâu dông. Photo : Van Dat/VNA/CVN

Certains Vietnamiens sont prêts à payer beaucoup d’argent pour une cérémonie de hâu dông. Pour certains, il devient un commerce florissant. Le problème est qu’il est difficile de faire la différence entre les véritables chamans et les charlatans. Cela perturbe les gens qui ne savent plus distinguer le vrai du faux hâu dông.

Avis des jeunes sur le hâu dông

Parlant du hâu dông, Hoàng Giang, 18 ans, étudiante avoue qu’elle ne comprend pas exactement ce rituel. «Le +hâu dông+ ? Je ne le connais pas. Je vois simplement que les gens sont habillés d'une certaine façon, ils portent des vêtements anciens, dansent et chantent. Les paroles sont assez difficiles à entendre, alors il est difficile pour moi de comprendre le contenu et la signification de ce rituel», précise-t-elle.

Phan Thai Duc, 25 ans, étudiant en France, confie : «Notre foi en la Déesse Mère est merveilleuse. Vénérer, c’est se souvenir de notre origine, de la source lorsqu’on boit de l’eau, c’est pratiquer le culte des ancêtres et recommander à autrui de faire le bien. Je vénère la Déesse et souhaite le bonheur de ma famille».

Lê Phuc Hung, 21 ans, étudiant : «À ma connaissance, le +hâu dông+ est considéré comme une activité culturelle et religieuse dans le but de communiquer avec le divin. Les tribus amérindiennes réalisaient des danses de la pluie à la fois pour faire pleuvoir et pour purifier la terre des mauvais esprits et il existe également une cérémonie spirituelle particulière chez les Vietnamiens : le +hâu dông+. En bref, c’est un spectacle devant le divin».

Nguyên Son Vu, 22 ans, étudiant au Japon : «Parlant du +hâu dông+, je pense à la musique. Les danses exercent une grande liaison avec la tradition religieuse originale des Vietnamiens qui se distingue des autres comme le catholicisme ou l’indouisme. C’est de l’art mais également une cérémonie afin d’établir une connexion entre l’être humain et les esprits».

Il y a aussi des jeunes qui se lancent dans la pratique du rituel hâu dông sous le rôle d’une chamane. Selon Vu Nguyên Thao, une chamane de 20 ans, les séances médiumniques sont très sacrées pour elle. «En regardant les personnages, les incarnations, j’ai l’impression de rencontrer réellement les divinités. Ce rituel m'apporte un sentiment formidable, la sublimation dans mon âme, le calme dans mon cœur. Ses disciples, pratiquants ou spectateurs, ont généralement recours à cet ancien rituel pour évacuer le stress ou pour souhaiter le succès et la chance dans la vie quotidienne et professionnelle», confie-t-elle.

«Il y a un an, je souffrais d'insomnie, de perte d'appétit et de fatigue, et les médecins ne pouvaient  m’aider. À ma grande surprise, ma santé s’est améliorée d'un coup après avoir rendu visite à un chaman  qui m'a conseillée de pratiquer moi-même les rituels de possession», explique Cao Minh Trang, 21 ans. Et elle a commencé à voir aussi des améliorations dans sa vie quotidienne.

Le hâu dông du point de vue des jeunes et dans la culture religieuse ảnh 2Une troupe d’artistes vietnamiens est venue en 2014 à Gannat en France pour présenter le rituel hâu dông dans le cadre des activités de l’Année France-Vietnam. Photo : CTV/CVN

Parmi 50 jeunes sondés de 18 à 27 ans du Nord au Sud du Vietnam et aussi des Vietnamiens à l’étranger, il en existe un certain nombre qui ne comprennent pas exactement la signification de cette activité culturelle et religieuse (10 personnes, soit 20%), mais, d’une manière générale, la majorité (40 personnes, 80%) perçoit le respect comme une beauté culturelle des capacités créatrices qui nourrissent la vie publique.

Alors, que signifie le hâu dông ?

Le hâu dông, c’est brièvement parlant le chamanisme, une pratique religieuse qui existe dans de nombreux pays. Mais la cérémonie chamanique du culte de la Sainte-Mère a des caractéristiques propres à la culture vietnamienne. Une cérémonie de possession d’esprits complète voit l’incarnation de 36 divinités successives dans le corps du chaman. C’est un chiffre plus symbolique que concret. Parmi les divinités vénérées, nombreuses sont les héros nationaux, tels que le général Nguyên Xi (XIIe siècle), le général Trân Luu (XVe siècle), le général Hoàng Bay (XVIIIe siècle)… Autrement dit, ce rituel est le nom donné au chamanisme traditionnel, qui permet aux fidèles de communiquer avec les divinités par l’intermédiaire des chamans.

Actuellement, le hâu dông a été officiellement classé comme Patrimoine culturel immatériel à l’échelle nationale par le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme. Pour célébrer 40 ans de relations diplomatiques franco-vietnamiennes et l'Année France-Vietnam 2014, l’ensemble du rituel hâu dông a été présenté à Gannat en France, dévoilant un patrimoine culturel unique du peuple vietnamien, mais aussi contribuant au resserrement de l’amitié avec le peuple français et les artistes de nombreux pays à travers le monde.

Le hâu dông constitue donc un héritage précieux de la culture nationale vietnamienne qu’il faut à tout prix garder et exploiter. C’est un patrimoine à protéger, une promesse à tenir et aussi un défi exigeant que l’on pourra surmonter si les jeunes générations prennent conscience de l’importance de ce rituel. -CVN/VNA

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