L’art contemporain vietnamien en quête de reconnaissance

L’art contemporain vietnamien a connu, ces dernières années, un développement considérable avec une nouvelle génération d’artistes cherchant toujours à valoriser leur travail.
L’art contemporain vietnamien en quête de reconnaissance ảnh 1Les enfants jouent à côté des oeuvres du Projet d'arts communautaires de Phuc Tân.

Hanoi (VNA) - L’art contemporain vietnamien a connu, ces dernières années, un développement considérable avec une nouvelle génération d’artistes cherchant toujours à valoriser leur travail. Toutefois, assez peu reconnu, l’art contemporain doit trouver des espaces non conventionnels, en attendant d’avoir plus de lieux d’exposition.

Aujourd’hui, Nguyên Thê Son et Nguyên Hoài Giang, deux artistes du Projet d’arts communautaires de Phuc Tân se rendent sur le terrain pour visiter les œuvres, six mois après leur installation. Le projet, qui a attiré la participation de 16 artistes vietnamiens et étrangers, a contribué à changer la physionomie de la petite rue au bord du fleuve Rouge dans le quartier de Phuc Tân, arrondissement de Hoàn Kiêm, Hanoï. Autrefois encombrée de déchets, la rue est devenue avec ce projet un musée d’art contemporain en plein air avec 16 œuvres d’envergure.

Phuc Tân est un projet d’art contemporain complet. Il a amené les artistes à exprimer leur art mais aussi à faire face à "des épreuves", comme le souligne Nguyên Thê Son, conservateur pour ce projet. Ce dernier a permis la création d’un espace d’exposition ouvert pour les artistes, valorisant leur créativité, leurs techniques de création et leurs références propres. Les  habitants vivant autour du projet ont de plus été invités à donner des idées, des conseils pour les œuvres et à s’approprier les œuvres qui allaient devenir leur environnement quotidien. Dans la même idée, les artistes ont préalablement étudié l’histoire et la culture du quartier de Phuc Tân pour créer des œuvres liées au passé et au présent des habitants. "C’est la première fois que je travaille dans un espace public. Il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte : le choix des matériaux, la façon d’exprimer l’idée, l’interaction avec les locaux… Ce projet constitue une expérience majeure pour moi", confie Nguyên Hoài Giang, la plus jeune artiste du collectif.
 
Au Vietnam, les espaces d’exposition d’art contemporain restent encore limités en nombre et en superficie. Le pays n’a pas encore un musée officiel réservé uniquement à ce type d’art. Pour en contempler les œuvres, les spectateurs n’ont ainsi pas beaucoup de choix à Hanoï bien que quelques adresses soient relativement connues comme celles de l’Institut français de Hanoï (relevant de  l’ambassade de France au Vietnam) et de l’Institut de Goethe (relevant de l’ambassade d’Allemagne au Vietnam) ou celles de certaines galeries privées. Ce peu de choix et d’espace offert amène beaucoup d’artistes vietnamiens à démarcher des galeries à l’étranger.

Nécessité d'un musée dédié à l'art contemporain au Vietnam

"L’art contemporain n’est pas très reconnu dans les beaux-arts vietnamiens. C’est un domaine toujours en marge", déplore Nguyên Thê Son, alors qu’au même moment, plusieurs artistes vietnamiens ou d’origine vietnamienne dont Trân Luong, Truong Tân, Jun Nguyên - Hatsushiba, Trân Nguyên Uu Dàm, Oanh Phi Phi ou Nguyên Thê Son trouvent leur place dans des centres et musées renommés aux États-Unis, en France, au Japon, à Singapour…
 
"Un musée n’est pas seulement là pour conserver des œuvres. Il permet aussi de sensibiliser les visiteurs, de leur apporter les connaissances sur l'art contemporain", insiste Nguyên Thê Son. Et d'expliquer : "Plusieurs personnes aujourd’hui pensent que l’art contemporain est étrange et difficile à comprendre", confie le conservateur. Pour ces raisons et pour la valorisation des artistes vietnamiens, l'artiste Thê Son juge nécessaire l’inauguration rapide d’un musée d’art contemporain au Vietnam. "Ce musée permettra de récapituler les étapes majeures de l’art contemporain vietnamien et d’en exposer les œuvres représentatives créées depuis des années 1990. Il jouera également le rôle d’un pont reliant le Vietnam et le monde", espère l’artiste.

"Le projet artistique communautaire de Phuc Tân fait partie des solutions pour rendre l’art contemporain accessible à tous. Ce type de projet amènera la population à mieux comprendre la valeur des œuvres et même à trouver des points communs avec les artistes", estime Nguyên Thê Son.

L’artiste-peintre Nguyên Thê Son est enseignant à l’École des beaux-arts du Vietnam. Il est l’auteur de plusieurs expositions au Vietnam et à l’étranger. Il a également assumé le rôle de conservateur de quelques projets d’art contemporain prestigieux dont les fresques de la rue de Phùng Hung (Hoàn Kiêm, Hanoï), le Projet artistique communautaire de Phuc Tân et l’espace d’art contemporain au siège de l’Assemblée nationale du Vietnam. -CVN/VNA

Voir plus

Cérémonie de lancement du Marathon international du patrimoine de la baie d’Ha Long 2026. Photo: VNA

Le Marathon international du patrimoine de la baie d’Ha Long 2026 devrait attirer 18.000 coureurs

Prévu du 20 au 22 novembre dans la province de Quang Ninh, le Marathon international du patrimoine de la baie d’Ha Long 2026 devrait réunir près de 18.000 participants vietnamiens et étrangers. Seule course au Vietnam à bénéficier du label de World Athletics, l’événement entend renforcer son rayonnement international tout en contribuant à la promotion du patrimoine naturel et du tourisme sportif du pays.

Des touristes assistent à une démonstration de calligraphie lors d'une visite nocturne du Temple de la Littérature à Hanoï. Photo : VNA

Transformer le patrimoine en moteur des industries culturelles

Avec son immense patrimoine culturel, le Vietnam dispose d’un capital précieux dont peu de pays peuvent se prévaloir. Dans un contexte d’intégration et de concurrence mondiales, transformer ce patrimoine en données, en savoirs numériques, en propriété intellectuelle et en produits des industries culturelles est devenu une nécessité afin de renforcer le soft power national et de créer un nouveau moteur de développement.

Les candidates à Miss Grand Vietnam 2026 défilent lors de la soirée de demi-finale. Photos : Organisateurs de Miss Grand Vietnam

Les plus jolies candidates à Miss Grand Vietnam 2026 montent en scène

La demi-finale de Miss Grand Vietnam 2026 s’est déroulé le 28 juillet à Hô Chi Minh-Ville. Les téléspectateurs ont pu découvrir les 30 meilleures prétendantes à la prestigieuse couronne défiler en maillot de bain, en robe de soirée et costume traditionnel. Retour sur une soirée qui s’est achevée en beauté.

Trois statues de Bouddha en céramique au corps d'oiseau seront présentées à l’exposition. Photo : Sun World Ba Den Mountain

Les céramiques spirituelles font vibrer le mont Bà Den à Tây Ninh

Une exposition de céramique, Sutras de céramique - Le son du monde, se tiendra du 8 août au 6 septembre, présentant plus de 400 sculptures en céramique sur le thème bouddhiste de l'artiste Nguyên Tuân, connu sous le nom de Tuân Gôm, et d'artisans du village de poterie de Phu Lang dans la province septentrionale de Bac Ninh.

Des artistes du Théâtre d’Opéra Giuseppe Verdi de Trieste présentent le chef-d’œuvre « La Traviata » au Théâtre Ho Guom à Hanoï. Photo: VNA

« La Traviata » fait vibrer Hanoï dans une collaboration artistique Vietnam-Italie

Créée en 1853 au Théâtre La Fenice à Venise, « La Traviata » a été composée d’après la pièce « La Dame aux camélias » d’Alexandre Dumas fils. Plus de 170 ans après sa création, l’œuvre occupe toujours une place particulière dans l’histoire de la musique et demeure régulièrement jouée sur les plus grandes scènes internationales.

Un spectacle artistique présenté à la clôture du 8e Festival des enfants Vietnam - Laos - Cambodge. Photo : VNA

Clôture du 8e Festival des enfants Vietnam - Laos - Cambodge

Le 8e Festival des enfants Vietnam-Laos-Cambodge, placé sous le thème "Cercle d’amis", déroulé à Hô Chi Minh-Ville qui vient d'être achevé  a contribué à renforcer les échanges, à consolider la solidarité et l’amitié entre les enfants des trois pays.

Le thé au lotus de Quang An, joyau raffiné du patrimoine hanoïen

Le thé au lotus de Quang An, joyau raffiné du patrimoine hanoïen

Réputé comme le « plus noble des thés », le thé au lotus de Quang An, dans le quartier de Tay Ho, représente l’une des expressions les plus raffinées du patrimoine gastronomique de Hanoï. Fruit d’un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération, ce produit d’exception révèle toute la richesse de la culture culinaire de la capitale et perpétue une tradition précieuse intimement liée au lac de l’Ouest.

Photo: VNA

Le Vietnam ambitionne de créer sa première « ville de la photographie » d'ici 2027

Le Vietnam souhaite ajouter un nouveau titre à sa liste croissante de villes créatives de l'UNESCO en créant sa première « ville de la photographie » dès 2027. Cette initiative fait suite au succès de quatre villes vietnamiennes déjà reconnues par le Réseau des villes créatives de l'UNESCO : Hanoï pour le design, Hoi An pour l'artisanat et les arts populaires, Da Lat pour la musique et Hô Chi Minh-Ville pour le cinéma.

Hanoï parmi les dix meilleures villes du monde pour la cuisine de rue. Photo : VNA

Hanoï parmi les dix meilleures villes du monde pour la cuisine de rue

Hanoï se classe au huitième rang des dix meilleures villes du monde pour la cuisine de rue, selon une étude publiée par Radical Storage, une plateforme de consigne à bagages en ligne spécialisée dans les technologies du voyage. Ce classement confirme l'attrait croissant de la capitale vietnamienne comme destination gastronomique auprès des visiteurs internationaux.

Situé dans la commune de Thu Bon, à Da Nang, le sanctuaire de My Son est réputé pour son architecture monumentale. Photo: VNA

My Son prépare l'inscription de son trésor épigraphique au Registre de la Mémoire du monde de l'UNESCO

Déjà inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, le sanctuaire de My Son ambitionne désormais de faire reconnaître son exceptionnel corpus d'inscriptions anciennes au Registre de la Mémoire du monde pour l'Asie et le Pacifique. Soutenu par une coopération scientifique internationale, ce projet vise à préserver et à valoriser un patrimoine documentaire unique retraçant près de neuf siècles d'histoire du royaume du Champa.