L’arbalète magique

L’histoire du roi An Duong Vuong, de sa fille naïve My Châu et son amour avec le fils de l’ennemi, se raconte encore pour les enfants d’aujourd’hui.

Hanoï (VNA) - Voici une légende qui prend sa source dans les belles heures de gloire du peuple vietnamien. L’histoire du roi An Duong Vuong, de sa fille naïve My Châu et son amour avec le fils de l’ennemi, se raconte encore pour les enfants d’aujourd’hui. 

L’arbalète magique ảnh 1 L’amour plus fort que la magie. Photo : CTV/CVN

En ces temps-là, le roi An Duong Vuong (appelé aussi Thuc Phán) régnait sur le pays Âu Lac. Il fixa sa capitale à Cô Loa et fit construire une citadelle. Il devait se défendre contre les assauts d’une imposante armée d’un seigneur du royaume voisin. Grâce à l’arbalète magique offerte par un génie de tortue, il arriva à la défaire. Ne pouvant lutter à armes égales, le seigneur ennemi dut faire la paix et dépêcha son fils Trong Thuy à la cour de Âu Lac en gage de bonnes relations entre les deux pays.

Trong Thuy était un jeune homme plein d’esprit et de talent. Il arriva à conquérir le cœur de la fille My Châu du roi An Duong Vuong et devint ainsi le conseiller intime du roi.

Amour et naïveté

Malgré l’affection et l’amour qu’il portait à sa femme My Châu, Trong Thuy ne perdait pas de vue la mission dont l’avait investi son père : neutraliser l’arme magique qui permettait d’assurer la suprématie du roi An Duong Vuong. Cet engin miraculeux était bien gardé dans un endroit connu seulement par le roi et sa fille. Celle-ci, après maintes demandes insistantes de Trong Thuy, lui montra cette arme magique dont la gâchette était constituée par une griffe de la Tortue d’Or - le génie qui aida An Duong Vuong à défendre le pays.

L’arbalète magique ảnh 2L’arbalète magique est l'un des contes les plus lus par les enfants vietnamiens. Photo : Linh Thao/CVN

 
Profitant d’un moment d’inattention de la princesse, Trong Thuy réussit à décrocher cette griffe et à la remplacer par une imitation similaire. Puis, peu de temps après, il prétexta la mauvaise santé de son père et demanda au roi de lui permettre de rentrer dans son pays. Avant son départ, il demanda à sa femme : "Comment nous retrouver en cas de séparation brusquée ?". "Tu peux me repérer facilement car en cas d’urgence, je jetterai sur mon passage les duvets blancs de mon manteau", lui répondit-elle.

Aussitôt que son fils lui apporta la bonne nouvelle, le seigneur ennemi, convaincu que l’arbalète magique ne possédait plus les vertus dévastatrices, déclencha l’offensive. Bien qu’on lui annonçât l’approche des envahisseurs, le roi An Duong Vuong ne voulut faire aucun préparatif de défense et les laissa encercler la capitale. À la dernière minute, il sortit son arbalète et tira. Mais aucun soldat ennemi ne tomba. Il répéta tir sur tir, mais rien ne se passa.

Issue douloureuse

Ayant constaté que l’arme était trafiquée, le roi prit la fuite en sautant sur son cheval et emmenant sa fille en croupe en direction de la mer. Mais talonné par ses poursuivants qui voulaient le tuer, arrivé près du rivage, il s’écria : "Génie de la Tortue d’Or, venez à mon secours!". Celui-ci apparut aussitôt et pointa son index vers le roi en disant : "L’ennemi est derrière vous, sur la croupe du cheval !".

Le roi se retourna et vit sa fille avec la traînée de plumes blanches semées sur la route qu’il avait suivie. Furieux, il sortit son épée, tua My Châu et suivit la Tortue d’Or dans la mer. Guidé par les plumes d’oie, Trong Thuy vit le corps de sa femme morte sur la plage. Désespéré, il le ramena à Cô Loa et se suicida en se jetant dans un puits près de la tombe de My Châu.

L’arbalète magique ảnh 3 Le site historique de la citadelle de Cô Loa se situe dans le district de Dông Anh, à Hanoï. Photo : Minh Quyêt/VNA

De nos jours, les Vietnamiens racontent que le sang de My Châu, coulant dans la mer, se transforma en perles. Lavées dans l’eau du puit de la citadelle, elles prirent un éclat féerique. Plus tard, les gens remarquèrent que lorsqu’ils lavaient les perles décolorées dans l’eau du puits de Trong Thuy, leurs couleurs redevenaient brillantes et magnifiques.

On dit que l’amour frappe souvent d’une flèche en plein cœur, nul besoin de magie pour cela. Les vestiges de Cô Loa sont cependant encore visibles de nos jours. -CVN/VNA

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