Les pancoviers sur le trottoir de la rue Trân Phu à Hanoï. Photo: Thu Hà/CVN

Hanoï (VNA) - Quand les cris des cigales envahissent la ville et que la canicule sévit dans les rues de Hanoï on sait que l'été est là. C'est alors la saison de la récolte des sâu (fruits de pancovier).

À la tombée de la nuit, les rues de Hanoï se vident, et tous les quartiers plongent dans la tranquillité. C'est le moment pour les récolteurs des fruits de pancovier de commencer leur travail. Avec quelques outils rudimentaires, un bâton et un grand sac de jute, ils se déplacent dans le dédale des rues de la capitale pour cueillir les fruits.

Les pancoviers séculaires (nom scientifique: Dracontomelon duperreanum) des rues de Phan Dinh Phùng, Trân Phu et Trân Hung Dao ont été sélectionnés pour être débarrassés de leurs fruits en premier.

Gagner sa vie à la cime des arbres

La hauteur des arbres, qui s’élèvent parfois jusqu’à 30 m, est toujours un défi pour les récolteurs. Mais M. Bac, un grimpeur professionnel, a fait savoir qu'il ne renonçait devant aucun arbre. "Chaque année, il y a seulement une récolte, et elle arrive au début de l'été. Et parce que cette saison ne dure que deux mois, il faut en profiter!", a-t-il dit.

Dans l'ombre de la nuit, les récolteurs montent rapidement au sommet des arbres. Avec souplesse et agilité ils se glissent dans les branchages. Et environ dix minutes plus tard, des sacs de fruits de 30 à 50 kg sont lâchés à l'aide d'une corde. Parce que la récolte se fait dans l'obscurité, les récolteurs doivent marquer les arbres qu’ils ont déjà cueillis pour éviter de se tromper.

Chaque kilo de ce fruit est vendu au prix de 30.000 à 40.000 dôngs. Photo: CVN/VNA


Chaque séance de cueillette débute à 1h00 et termine à 4h00 du matin pour une durée de trois à quatre heures. Quelques fois, la récolte dure plus longtemps, mais en général elle doit s’achever à 7h00 du matin. On ne sait pas depuis quand cette règle est née mais presque tous les récolteurs la respectent. Ainsi, il est rare de voir des ramasseurs de sâu travaillant en pleine journée.

Une fois achevée, les fruits seront vendus sur place, à un prix oscillant entre 30.000 et 40.000 dôngs le kilo. Ce métier les aide seulement à gagner un peu mieux leur vie. "On peut penser que nous avons de bons revenus grâce à ce métier. Mais en réalité, il est très pénible et nous devons faire face aux difficultés", a partagé le récolteur M. Ngoan (de Thanh Hoa, Centre).

Les récolteurs de sâu sont des travailleurs pauvres

Les grimpeurs proviennent essentiellement des provinces telles que Thanh Hoa, Nghê An (Centre), Hung Yên, Nam Dinh (Nord)… Ils sont en général conducteurs de taxi-moto, gâcheurs, porteurs de marchandises, etc. M. Phuong, à Thanh Hoa. Dans sa province, il est gâcheur.

En cette saison, il se déplace de Thanh Hoa à Hanoï et cueille les sâu avec quelques autres personnes. Ce travail lui apporte une somme supplémentaire pour payer les frais d'études de ses enfants.

Différent des autres cueilleurs, Son est diplômé de l'université. Pendant la journée, il travaille au marché de Dông Xuân et la nuit, il récolte des sâu. "Je cueille ce fruit depuis sept ans. Ce travail est très dangereux mais grâce à celui-ci, je peux gagner ma vie un peu mieux. C'est comme d'habitude, chaque année, si je ne ramasse pas des sâu, c’est comme si il manquait quelque chose à ma vie", a conclu M. Son. -CVN/VNA