La floriculture change la physionomie de Xuân Quan

Une décennie d’efforts inlassables parsemés d’embûches et de difficultés a transformé les paysans de Xuân Quan, dans le district de Van Giang, province de Hung Yên (Nord), en horticulteurs prospères.
Hung Yên, 16 février (VNA) – Beaucoup de fleurs et de plantes d'agrément sont achetées à l’occasion du Têt traditionnel des Vietnamiens. Mais peu de gens connaissent leur origine. Les agriculteurs de Xuân Quan nous racontent la transformation de leur village grâce à la floriculture.
La floriculture change la physionomie de Xuân Quan ảnh 1Une paysanne arrose des fleurs. Source : CVN

Niché dans le district de Van Giang, province de Hung Yên (Nord), Xuân Quan se trouve à proximité du célèbre village de la céramique de Bat Tràng, à environ 20 km du centre-ville de la capitale.

À l’approche du Têt, une effervescence règne dans tout ce village, qui est depuis plus une décennie le "grenier à fleurs" de la banlieue de Hanoï. Les derniers jours de l’année lunaire, on peut y apercevoir un très grand nombre de camionnettes, de voitures, et même de motos chargées de plantes et arbustes.
 
Une métamorphose spectaculaire  

De très loin, on peut apercevoir les immenses serres en verre et filets, parés du jaune, rouge, rose ou violet, des arbres et des fleurs d’ornement en pleine floraison. C’est une grande fierté pour les villageois, prouvant leur réussite dans la restructuration économique ! Retour dans le passé. Il y a plus de dix ans, les terres arables de Xuân Quan étaient utilisées essentiellement pour la riziculture et le maraîchage.

La vie des paysans était incertaine, dépendant totalement du rendement et des conditions climatiques. Pour eux, posséder une voiture était un rêve inaccessible. Les revenus moyens par famille étaient faibles, les maisons décrépies, les ruelles tortueuses du village pavées de paille lors de la récolte du riz… Ces images étaient communes aux habitants.

Dix ans plus tard, le village a fait peau neuve, en témoigne une série de jardins et fermes installés le long des routes bétonnées. La floriculture apporte une vie aisée aux habitants. Xuân Quan est devenu un "jeune village des fleurs" dont l’activité se développe plus vite que celle d’autres villages hanoïens engagés dans cette filière comme Tây Tuu ou Quang Ba.

Les fleurs et plantes d’ornement y sont très diversifiées. Des roses, tagètes (œillets d’Inde), violets, dahlias, bonsaï en décoration sont vendus aux prix allant de 30.000 à 500.000 dôngs le pot.

Pratiquer l’agriculture 4.0
La floriculture change la physionomie de Xuân Quan ảnh 2Un jardin fleuri dans le village de Xuân Quan. Source : CVN

Le village compte aujourd’hui un millier de familles floricoles, opérant sur près de 200 ha au total qui, chaque année, affichent chacune un chiffre de l’ordre de 1,2 à 1,5 milliard de dôngs. Pas étonnant donc que le taux de pauvreté diminue rapidement.  

"De 2004 à 2007, l’urbanisation rapide a entraîné la réduction de la superficie des terres agricoles. Moi et des milliers d’autres paysans étions très inquiets pour l’avenir et nous nous demandions que faire pour assurer notre vie et élever nos enfants", rappelle Pham Ngoc Oanh, habitant du 7e hameau. Il semble que les agriculteurs ont mis tout ce qu’ils avaient, leur fortune et leur terre, dans un pari qu’ils n’étaient pas sûrs de gagner. "Nous avons décidé de planter des fleurs. Au début, nous pratiquions la méthode traditionnelle et faute de connaissances, la production était très faible, le chiffre d’affaires n’était pas élevé et la productivité dépendait beaucoup de la météo", ajoute-t-il.

Après de nombreux essais, les villageois comprennent qu’il faut investir sérieusement dans la floriculture et s’inscrivent dans des formations dans le pays et à l’étranger. Ils partent pour Singapour, la Thaïlande ou la Chine pour étudier les méthodes de culture modernes.

Une fois de retour et forts de leurs acquis, au lieu de continuer les travaux champêtres classiques, ils construisent des serres et les équipent de systèmes d’arrosage et de drainage. Dans des espaces spacieux, sous filets, fleurs ou bonsaïs sont plantés séparément dans des pots en plastique ou en céramique. Ils sont suspendus ou bien alignés sur le sol. Cela a plusieurs avantages dont le plus évident est la protection contre les aléas climatiques.  

Nguyên Van Chiên, 45 ans, l’un des plus jeunes milliardaires du village, dispose de 5 ha de roses qui lui assurent une recette annuelle d’environ un milliard de dôngs. Chiên cultive 100 variétés importées de France, du Japon et d’Allemagne. Il applique diverses techniques culturales telles que bouturage, marcottage ou greffe entre des roses locales et importées afin de créer de nouvelles espèces de grande qualité. Chaque mois, sa famille vend de 6.000 à 7.000 rosiers. Ce chiffre est multiplié par deux ou trois en haute saison.
 
Espoir d’une bonne relance
La floriculture change la physionomie de Xuân Quan ảnh 3Les fleurs colorées sont omniprésentes à Xuân Quan. Source : CVN
 
En 2020, du fait de  la pandémie de Covid-19, l’atmosphère à Xuân Quan est un peu morose. En effet, le mois d’avril constitue toujours un des moments les plus intenses de l’année pour la commercialisation. Mais, en raison de la distanciation sociale et du règlement de rassemblement limité dans les lieux publics, personne n’est entré dans le village.

Hoàng Van Kim, propriétaire d’un jardin de 6 ha, déclare qu’en haute saison, il embauche jusqu’à 30 ouvriers pour s’occuper des plantes, du désherbage et de la cueillette. Cependant, durant la pandémie, il n’a pu employer que cinq personnes. Son large stand est désert car il n’y a pas de clients, seulement quelques employés occupés à leurs tâches. M. Kim reste optimiste et sait que l’activité normale reprendra lorsque la pandémie sera maîtrisée.

Dès le mois d’octobre, les agriculteurs accélèrent les travaux floricoles en vue des festivités du Nouvel An lunaire. Dans certains jardins, les commerçants en provenance d’autres provinces et villes commencent déjà à affluer pour passer commande.

Une décennie d’efforts inlassables parsemés d’embûches et de difficultés a transformé les paysans de Xuân Quan en horticulteurs prospères. Pour eux, les quatre saisons sont des printemps pleins de vitalité ! – CVN/VNA

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