La famille vietnamienne aux États-Unis

Beaucoup de Vietnamiens sont venus s’établir aux États-Unis. Parmi les problèmes que leur pose le choc culturel, celui de la famille paraît le plus alarmant parce qu’il menace directement leur identité.
La famille vietnamienne aux États-Unis ảnh 1Photo: CVN

Hanoi (VNA) - Beaucoup de Vietnamiens sont venus s’établir aux États-Unis. Parmi les problèmes que leur pose le choc culturel, celui de la famille paraît le plus alarmant parce qu’il menace directement leur identité.

La grande famille vietnamienne sur le sol américain. Où va la génération des vieux ? Tel est le titre d’un article qui pourrait nous éclairer à ce sujet. L’auteur Bùi Huu Thu l’a publié dans le Bulletin annuel des anciens élèves du Vietnam : Nam Dinh - Nguyên Khuyên - Trà Bac - Yên Mô (numéro du printemps 2001).

En premier lieu, il résume les caractéristiques de la famille vietnamienne traditionnelle en citant quelques dictons populaires : "Si on vénère les personnes âgées, on aura la longévité", "Jeune, on s’appuie sur son père, vieux, on s’appuie sur ses enfants". Les personnes âgées jouissent d’un grand prestige au sein de la famille et dans la société. Les grands-parents ont même plus d’autorité que les parents. Le culte des ancêtres, jusqu’à la cinquième génération, unit tous les membres de la grande famille, lesquels ont le devoir de s’entraider. Les chefs des familles nucléaires habitent près des parents pour leur prodiguer des soins constants. Les parents vivent toujours avec un enfant, en général l’aîné. Ils s’occupent jusqu’à leur mort des enfants mêmes adultes et mariés.

Différences entre foyers américains et vietnamiens

L’auteur montre ensuite pourquoi la famille américaine est bien moins stable que la famille vietnamienne. "Le pays est immense, les Américains n’ont pas de souche ethnique nationale. Les immigrants doivent mener une lutte ardue pour s’établir sur une terre nouvelle. Adultes, les enfants doivent chercher à gagner leur vie ailleurs".

La famille n’a qu’un ou deux enfants qui sont trop choyés pour suivre une éducation sévère. La séparation rigoureuse entre l’école et l’église entraîne des effets fâcheux. L’école ne doit enseigner ni la morale ni la religion. Le maître n’a pas le droit de professer sa propre échelle de valeurs. Les parents encouragent leurs enfants à exprimer leurs propres opinions, à décider librement de leur vie dès leur jeune âge. La réussite de ces derniers se mesure à l’argent qu’ils auront gagné. Des jeunes gens sans grande instruction (chanteurs, boxeurs, athlètes, reines de beauté) sont devenus milliardaires.

Les enfants, sous l’influence de la télévision et des camarades, courent après le plaisir (stupéfiants, sexe…). Quand l’enfant atteint l’âge de 17 ans, les parents considèrent que là s’arrêtent leurs devoirs. En général, ils encouragent leurs enfants à chercher un "job" très tôt pour connaître la valeur de l’argent et pour avoir de quoi acquérir ce qu’ils veulent.

"À 13 ans, ils peuvent faire du baby-sitting, à 14 ans tondre la pelouse du voisin, à 15 ans laver la vaisselle, servir dans les restaurants, livrer les journaux, à 16 ans, s’engager dans un magasin". Quand on gagne de l’argent tout jeune, on ne se sent plus lié aux parents. À 17 ans, on a le droit de les quitter, de vivre avec sa petite amie, quitte à vivre d’expédients. À 11 ou 12 ans, les enfants connaissent déjà la pratique sexuelle. Des filles de 11 à 13 ans risquent d’être enceintes. Les enfants n’ont pas le devoir de s’occuper de leurs vieux parents.

Les familles nucléaires vietnamiennes vivent éparpillées sur tout le territoire des États-Unis. Si les liens familiaux sont aussi lâches que ceux des Américains, la génération des vieux émigrés finira certainement solitaires dans un asile.

L’esprit de la grande famille vietnamienne

Que faire pour sauver l’esprit de la grande famille vietnamienne ?

Premièrement, préserver la famille nucléaire. Dans une famille unie, si les enfants sont sûrs qu’ils restent toujours un sujet de préoccupation pour leurs parents, ils sauront payer leur dette sentimentale. Même très occupés, les parents doivent trouver du temps pour causer avec les enfants et les aider.

Deuxièmement, il faut fréquenter ses compatriotes vietnamiens dans le voisinage, se lier à eux par des petites et grandes affaires (un peu de sel, de sucre, petite réparation de voiture, maladie, accident).

Troisièmement, il faut considérer la communauté vietnamienne comme une famille élargie, ce en vue de préserver les valeurs culturelles et morales du Vietnam.

Quatrièmement, la communauté vietnamienne doit se charger des services variés afin d’aider les personnes âgées, de préserver la culture nationale (enseignement de la langue, des arts, causeries). Il faut créer pour les personnes âgées des clubs, des villages, des maisons de retraite et des cimetières de caractère vietnamien.

Les Vietnamiens, comme les Asiatiques en général, ne peuvent adopter l’individualisme des Occidentaux qui ne se préoccupent que de leur petite famille.

Telle est l’opinion d’un Vietnamien résidant en Amérique. Il ne s’est pas rendu compte qu’au Vietnam, la grande famille est confrontée à la même crise, bien entendu à un degré moindre et dans une autre conjoncture. -CVN/VNA

Voir plus

Les délégués posent devant le nouveau plan de visite du Temple de la Littérature, à Hanoi, le 3 novembre. Photo: VNA

Le Temple de la Littérature s’offre un nouveau parcours de visite pour les 950 ans du Quôc Tu Giam

Conçus par une équipe d’architectes et de docteurs formés en France, aujourd’hui enseignants à l’Université d’architecture de Hanoi, ces outils allient recherche historique, analyse architecturale et techniques modernes de valorisation du patrimoine, visant à enrichir l’expérience des visiteurs tout en posant les bases d’une coopération durable pour la conservation et la promotion de ce patrimoine.

L'exposition photographique présente 100 œuvres sur 30 sites reconnus par l'UNESCO. Photo: VNA

La culture vietnamienne entre préservation des traditions et nouvelles formes d’expression

Pour répondre à la Journée de la culture vietnamienne 2026, les localités prévoient d'organiser des expositions, des programmes artistiques dans les espaces publics, des projections de films et des activités de promotion de la lecture. Le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme a tenu une réunion le 30 octobre pour faire le point sur l'avancement des préparatifs.

La prestation de la chorale Que Huong. Photo: VNA

Paris célèbre la diversité culturelle à travers les traditions vietnamiennes

Ao dai, costumes traditionnels et chansons célébrant le Vietnam ont apporté une touche vietnamienne à la deuxième Journée d’échanges culturels des associations, organisée le 31 octobre à la mairie du 16e arrondissement de Paris, avec la participation de 20 associations vietnamiennes, cambodgiennes, lao et françaises.

Des délégués à l'exposition nationale de photographie d’art "Fiers de nos frontières". Photo: VNA

Le concours photographique "La fierté de nos frontières" récompense les regards sur la vie frontalière

L'édition 2026 a rassemblé près de 16 000 œuvres réalisées par 4 221 auteurs issus de 34 provinces et villes, soit une participation cinq fois supérieure à celle de la première édition. La diversité des participants, allant des photographes professionnels aux soldats, enseignants et étudiants, a permis d'offrir des regards authentiques et vivants sur la vie frontalière.

Le festival de démonstration et d'introduction de la cuisine du thé réunit plus de 30 artisans, cuisiniers et restaurants venus de nombreuses villes et provinces du pays. Photo: VNA

Festival international du thé de Thai Nguyen 2026 : Intégrer les feuilles de thé dans la création culinaire

Le point culminant de ce rendez-vous a été la préparation et la présentation de 30 plats utilisant des produits issus des théiers de Thai Nguyen. De nombreux plats avec des combinaisons créatives ont vu le jour grâce au talent des chefs, telles que le veau rôti au thé vert, l'anguille roulée au thé vert, le thon fumé au thé vert ou la salade de crevettes aux feuilles de thé.

Le président du Comité populaire de la province de Thai Nguyen, Nguyen The Manh, s'entretient avec les conjoints des ambassadeurs et des chefs de représentations étrangères au Vietnam à bord du train du patrimoine Hanoï-Thai Nguyen. Photo : VNA

Inauguration du train patrimonial Hanoï - Thai Nguyen

Une immersion ferroviaire inédite au cœur des traditions : la province de Thai Nguyen (Nord) a inauguré, le 30 octobre, le train patrimonial Hanoï - Thai Nguyen. À cette occasion, une délégation de conjoints d’ambassadeurs, de chefs de missions diplomatiques étrangères au Vietnam et de nombreux touristes ont embarqué pour ce voyage d'exception, célébrant conjointement le 195e anniversaire de la création de la province (4 novembre 1831 - 2026) et le lancement du Festival international du thé 2026.

Des groupes villageois de percussionnistes et de joueurs de gongs participent au festival culturel des minorités ethniques de la province de Gia Lai. Photo : VNA

Gia Lai vibre au rythme des gongs et des fleurs

Du 30 octobre au 8 novembre, Gia Lai célèbre les traditions culturelles locales et la saison des fleurs de tournesol mexicain à travers une série d’activités autour du volcan Chu Dang Ya.