La beauté intemporelle du cadre de porte de la maison communale de Diêm

La plupart des maisons communales abrite toujours un cua vong (cadre de porte décoré et doré), d’une taille impressionnante et au style sophistiqué.
La beauté intemporelle du cadre de porte de la maison communale de Diêm ảnh 1Le cua vong (cadre de porte) de la maison commune Diêm, un trésor national. Photo: CVN/VNA

Hanoï (VNA) - La plupart des maisons communales abrite toujours un cua vong (cadre de porte décoré et doré), d’une taille impressionnante et au style sophistiqué. Cet objet de culte a fasciné plusieurs générations de Vietnamiens pour sa beauté unique.

"Dông Khang en premier, Dinh Bang en deuxième et l’honorable Diêm". Une citation bien connue et transmise de génération en génération chez les habitants de Kinh Bac, en vue de saluer la beauté incomparable de ces trois anciennes maisons communales. C’est surtout le cua vong du village de Diêm (autrement appelé Viêm Xa, commune de Hoa Long, province de Bac Ninh) qui a donné sa réputation à son ancienne maison communale. Son cua vong témoigne en effet des meilleures techniques de sculpture sur bois et de vernissage en or de l’époque du roi Lê Trung Hung.

Cette année, le cua vong de la maison communale de Diêm, un chef d’œuvre de l’époque du roi Lê Trung Hung, a été reconnu comme trésor national. Le cua vong est généralement installé sur la travée centrale du sanctuaire principal de la maison, reliant la poutre faîtière au plancher. Il s’utilise comme un paravent séparant le monde humain du monde des esprits. Ce cadre de porte est également reconnu comme un emblème patrimonial, constituant l’originalité architecturale de la maison communale traditionnelle.

Érigé en 1692, le cua vong de Diêm se différencie par les techniques de sculpture employées et les motifs délicatement torsadés, impressionnant les visiteurs à l’entrée de la maison. Selon les chercheurs, l’immense majorité des maisons communales du Nord du Vietnam disposent d’un cadre de porte mais celui de Diêm se révèle comme le plus authentique de la région. Il s’agit effectivement d’un ouvrage d’art de sculpture sur bois unique qui a réussi à être préservé jusqu’à nos jours. D’une largeur de 4 m et d’une hauteur de 7 m séparant le sommet du plancher, le cua vong de Diêm se divise en 5 étages, chacun méticuleusement gravé, apportant de la vitalité à cette œuvre d’art splendide mais non moins raffinée.

Un chef-d’œuvre de sculpture sur bois traditionnelle

Les étages du cadre de porte sont différemment ornés et évoquent plusieurs sujets. Sur le premier niveau, les hauts-reliefs représentent un dragon se tournant vers le soleil brillant, monté sur le dos de l’animal légendaire par une femme charmante. Le deuxième étage, de haut en bas, est un ouvrage ajouré qui continue le motif du premier niveau par des motifs de dragons, de nuages et de visages de femmes… Le troisième étage révèle des motifs stylisés de nuages et de feuilles à la frange du cadre tandis que le milieu se divise en différentes pièces ajourées de motifs de dragons et de phœnix.

Le quatrième étage est la partie la plus importante, le point d’orgue de la structure de ce cua vong. Elle se compose de différentes décorations où s’entremêlent tour à tour les nuages et les feuilles stylisés, l’image d’un dragon gardant une perle dans sa bouche et les haies de bambou entourées d’animaux, d’oiseaux et d’êtres humains. Ici, apparaît l’image d’une charmante fille assise, la main droite effleurant ses cheveux longs pendants sur sa poitrine, la main gauche s’appuyant sur une branche de bambou. Au-dessus de la branche de bambou, un vieil homme à la barbe longue joue aux échecs chinois.

On peut aussi y voir l’image d’un homme chevauchant un éléphant et des animaux s’amusant, détendus, sous le ventre du dragon… Sur cet étage, les parties profondément ciselées sont constituées de neuf strates entrelacées les unes sur les autres, couvertes de nuages et de feuilles stylisées. On y compte environ 50 têtes de dragons de la même forme mais de différents styles.

La dernière couche est impressionnante de par sa riche palette d’images originales d’animaux et d’hommes au travail, avec de fins détails minutieusement sculptés sur les visages. Bien que le cadre de porte se divise en différentes couches, ces dernières sont harmonieusement combinées, somptueusement vernies et dorées. Tous ces détails constituent une œuvre d’art complexe, honorant l’art de la sculpture et l’originalité des techniques de vernissage et de dorure traditionnelles des ancêtres du Vietnam.

Belle réflexion de la vie quotidienne et spirituelle de nos ancêtres

En plus de la dimension et des techniques de ciselage, la particularité du cua vong de la maison communale de Diêm se trouve dans les détails et dans sa capacité à traiter de sujets variés et originaux. Selon la pensée féodale, des lieux sacrés comme la maison communale doivent être exclusivement réservés aux hommes. Pourtant, sur le cua vong de Diêm, on peut y constater l’omniprésence de femmes dans les motifs de décoration. Leurs images vénérablement installées sur la toiture de la maison font preuve d’une aspiration ardente de l’égalité dans la société de son époque.

À en croire les chercheurs, les images du dragon sculptées sur le cua vong de Diêm symbolisent la puissance royale immaculée mais également la vie quotidienne simple d’antan. Ainsi, les vœux de vie, d’égalité sociale sont reflétés d’une façon plus vivante que jamais dans ce chef-d’œuvre.

La diversité des sujets de cette sculpture a aidé les artisans d’autrefois à fortifier leur créativité, leur apportant ainsi plus de motivation pour la création d’un si grand ouvrage. Leur travail méticuleux a donné toute sa grâce et sa splendeur à la structure de la maison communale traditionnelle de Diêm.

Le cua vong de Diêm est considéré comme une passerelle entre les mœurs, reliant le passé et le présent. Il rattache la culture à l’âme des artisans… Situé dans un ensemble de vestiges d’un ancien village au bord de la rivière Nhu Nguyêt - terrain ancestral du quan ho (chants alternés traditionnels), cet exemple national d’architecture et d’art de la maison communale de Diêm transmet à notre époque de nombreux pièces d’antiquité précieuses et représente la quintessence culturelle de la région Kinh Bac. Il mérite effectivement d’être considéré comme un des trésors culturels et spirituels du peuple vietnamien. -CVN/VNA

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