Khai Nguyên, le Vietnamien qui tutoie les sommets

Avec sa conquête de l’Everest en mai dernier, Khai Nguyên est devenu le premier Vietnamien à terminer le Grand Chelem des explorateurs.

Hanoï (VNA) – Avec sa conquête de l’Everest en mai dernier, Khai Nguyên est devenu le premier Vietnamien à terminer le Grand Chelem des explorateurs. Il a en effet atteint le pôle Nord, le pôle Sud et la cime des sept montagnes les plus élevées de chaque continent.

Khai Nguyên, le Vietnamien qui tutoie les sommets ảnh 1 Khai Nguyên est devenu le premier Vietnamien à terminer le Grand Chelem des explorateurs. Photo: CVN/VNA

D’après la liste du site https://explorersgrandslam.com, Khai Nguyên est la 50e personne au monde à relever ce défi. Il a conquis l’Everest, l’Aconcagua, le Denali, le Kilimandjaro, l’Elbrouz, le Vinson, le Puncak Jaya. Une quête qui lui a demandé plus de dix ans.

Khai Nguyên est né en 1972 et a grandi à Hô Chi Minh-Ville. Il vit actuellement en Californie aux États-Unis et travaille dans la Silicon Valley. Amoureux de trekking depuis l’enfance, Khai Nguyên n’avait jamais pensé qu’un jour il réaliserait cet exploit de gravir les "Sept sommets" (désignant les montagnes les plus élevées de chacun des sept continents), en plus des deux pôles ! 

Repousser ses limites

Après la conquête du pôle Nord en 2008, Khai Nguyên a atteint un an après le pôle Sud. Situé à plus de 2.800 m d’altitude, le pôle Sud fait néanmoins le voyageur se sentir à 3.400 m ou plus, car la pression atmosphérique y est plus basse qu’à d’autres endroits proches de l’équateur et le climat y est très hostile. Après ces deux exploits, il a visé les sept sommets les plus élevés des sept continents, "pour simplement vaincre ma peur des hauts sommets enneigés", a-t-il confié.

Au début, l’ingénieur informatique avait l’intention de conquérir au fur et à mesure les sommets du plus bas vers le plus haut, mais il a dû revoir son plan car il n’a pas pu arranger son planning comme prévu. De plus, pour certains sites, il a dû revenir à plusieurs reprises pour finalement les conquérir. Pour la plupart de ses aventures, Khai Nguyên a recouru à une compagnie de guide d’escalade qui demandait au client des expériences d’ascensions de montagnes enneigées ou de marche sur glaciers... Quant à l’Everest, la société Pioneer Adventure accepte seuls les clients ayant réussi un sommet de plus de 6.500 m minimum. À l’Aconcagua, Khai Nguyên a grimpé seul, sans guide.

Avec l’Everest, le Denali fut pour lui le sommet le plus difficile. Autrefois appelé mont McKinley, c’est la plus haute montagne d’Amérique du Nord. Située en Alaska, aux États-Unis, elle culmine à 6.190 m d’altitude. Plus basse que l’Everest, cette montagne a un climat capricieux, rendant toutes les prévisions souvent inexactes. Comme à l’Aconcagua, il a dû se débrouiller tout seul.

Dans la "zone de la mort" à l’Everest

Avant chaque aventure, il se prépare mentalement à la possibilité de redescendre à mi-chemin. "Il y a beaucoup de grimpeurs qui pensent qu’il faut atteindre la cime à tout prix dès la première fois. C’est une pensée erronée et dangereuse. On doit savoir quand avancer, et quand rebrousser chemin. Il m’est arrivé de redescendre alors que je n’étais qu’à seulement 45 minutes d’un sommet", a-t-il déclaré.

Khai Nguyên raconte sa première montée de l’Everest en 2019, avec Nawang, son sherpa (montagnard porteur ou guide d’alpinisme népalais), et deux frères indiens Hitendra et Mahendra. Arrivé à 8.100 m, ses yeux sont devenus rouges et ses membres presque engourdis. Sachant qu’il ne pourrait revenir s’il continuait, il a décidé de redescendre au camp IV (7.950 m) pour reprendre des forces. C’est de ce camp que les grimpeurs partent à l’assaut final du sommet, vers minuit. Là, ils doivent rentrer dans la "zone de la mort", où le corps se détériore inexorablement. Il faut rester le moins possible à cette altitude sous peine d’y laisser sa peau.

Après une nuit de repos, le Vietnamien se sentait d’attaque pour conquérir le sommet. Mais il a refusé car au moment où il se préparait à continuer avec son sherpa, le groupe était sans nouvelles de l’Indien Hitendra, et son frère Mahendra venait de revenir au camp IV très affaibli, presque aveugle, à cause du manque d’oxygène. L’ingénieur vietnamien savait qu’il devait choisir : soit s’occuper des frères indiens, soit continuer vers la cime avec son sherpa. Finalement, il a laissé le sherpa aller rechercher Hitendra et est resté aux côtés de Mahendra. Le lendemain, l’alpiniste vietnamien n’a pu gravir le sommet car la météo s’était très détériorée.

Rester longtemps au camp IV est extrêmement dangereux. Peu de gens osent y rester deux jours comme Khai Nguyên. Il y a gaspillé une quantité importante d’oxygène et donné son sac de couchage à Mahendra. "J’ai eu raison de faire ce choix car les frères indiens ont été sauvés. Je ne regrette rien, bien que mon état de santé à ce moment-là était suffisant pour l’assaut final". Deux ans après, il est revenu sur la pente de l’Everest et a conquis le sommet. Un souvenir inoubliable car il a pu admirer le coucher de soleil depuis la cime, chose que peu d’alpinistes ont eu la chance de vivre.

Conquérir les "Sept sommets" a marqué un jalon important dans sa vie. "Le monde est grand, il y a beaucoup d’endroits où je veux aller pour repousser mes limites", a-t-il déclaré. Khai Nguyên révèle qu’une fois le COVID-19 sous contrôle, il retournera au Vietnam pour des expéditions dont la grotte Son Doong (province de Quang Binh, Centre) ou les archipels de Truong Sa (Spratly) et Hoàng Sa (Paracel). -CVN/VNA

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