Interdiction totale de fumer au Vietnam : de nouvelles zones concernées

Malgré de nombreux efforts et des résultats initiaux encourageants dans la prévention et la lutte contre les effets nocifs du tabac, le Vietnam demeure aujourd’hui l’un des quinze pays affichant le taux de tabagisme masculin adulte le plus élevé au monde. Le tabagisme, outre son rôle majeur dans la mortalité prématurée, représente également une menace croissante pour l’environnement.

Interdiction totale de fumer au Vietnam : de nouvelles zones concernées. Photo: nhandan.vn
Interdiction totale de fumer au Vietnam : de nouvelles zones concernées. Photo: nhandan.vn

Hanoi (VNA) - Malgré de nombreux efforts et des résultats initiaux encourageants dans la prévention et la lutte contre les effets nocifs du tabac, le Vietnam demeure aujourd’hui l’un des quinze pays affichant le taux de tabagisme masculin adulte le plus élevé au monde. Le tabagisme, outre son rôle majeur dans la mortalité prématurée, représente également une menace croissante pour l’environnement.

Selon les études scientifiques, la fumée du tabac contient plus de 7 000 substances chimiques, dont environ 69 sont reconnues comme cancérigènes. Ces composés, une fois introduits dans l’organisme, provoquent des inflammations chroniques, des altérations cellulaires et diverses mutations génétiques.

À l’échelle nationale, le tabac est associé à au moins 25 maladies graves, notamment les accidents vasculaires cérébraux, les maladies coronariennes, la bronchopathie chronique obstructive et le cancer du poumon — ces pathologies figurant parmi les principales causes de décès au Vietnam.

D’après une étude de l’Hôpital K (national de cancérologie) relevant du ministère de la Santé, près de 96,8 % des patients atteints de cancer du poumon ont des antécédents de tabagisme actif.

Les effets du tabac ne se limitent pas aux fumeurs. Le tabagisme passif, c’est-à-dire l’exposition involontaire à la fumée de tabac, constitue un facteur de risque majeur pour la santé publique. Les conjoints, les enfants et les collègues de fumeurs sont quotidiennement exposés à ce danger invisible.

Les données épidémiologiques indiquent que le risque de maladie coronarienne augmente de 25 à 30 % chez les non-fumeurs exposés régulièrement à la fumée. Chez les enfants, cette exposition provoque des infections respiratoires, des otites, aggrave les symptômes de l’asthme et peut être à l’origine de décès subits du nourrisson. Pour les femmes enceintes, l’inhalation passive peut entraîner des fausses couches, des retards de croissance fœtale ou des naissances prématurées.

Au-delà de ses impacts sanitaires, le tabac constitue une source importante de pollution. Selon le maître ès sciences Pham Hong Quan, conseiller stratégique au Centre pour la protection de l’environnement et la réponse au changement climatique, l’industrie mondiale du tabac produit chaque année environ 6 000 milliards de cigarettes, générant quelque 840 000 tonnes de déchets issus des filtres – l’un des types de déchets plastiques les plus répandus sur la planète. Ces mégots, véritables « bombes toxiques », contiennent de la nicotine, du cadmium et de l’arsenic, qui contaminent les sols, les rivières et les océans, menaçant ainsi la biodiversité et les écosystèmes aquatiques.

Au Vietnam, avec près de 15 millions de fumeurs, les déchets liés au tabac représentent plusieurs milliers de tonnes par an, contribuant à la crise des déchets plastiques.

Par ailleurs, la culture du tabac entraîne la destruction de 4,5 millions d’hectares de forêts chaque année dans le monde et la production de cigarettes émet environ 854 millions de tonnes de dioxyde de carbone, soit l’équivalent des émissions annuelles d’un pays comme la Finlande.

Face à ces constats alarmants, les autorités vietnamiennes redoublent d’efforts pour renforcer le cadre législatif relatif à la prévention et à la réduction des effets du tabac.

Le docteur Nguyen Trong Khoa, directeur adjoint du Département de gestion des soins médicaux du ministère de la Santé, souligne la nécessité d’accélérer la révision et la mise à jour des politiques, mécanismes et lois dans ce domaine. Il recommande notamment la mise en œuvre progressive d’une hausse des taxes sur les produits du tabac, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), afin qu’à l’horizon 2030, la part de la fiscalité atteigne le niveau requis pour réduire significativement la consommation.

Les experts appellent également à élargir les zones non-fumeurs, à renforcer les inspections et les sanctions en cas d’infractions, et à intensifier les campagnes d’information et d’éducation sanitaire adaptées aux spécificités régionales et culturelles.

Pham Hong Quan plaide pour l’application du principe de la responsabilité élargie du producteur (EPR), obligeant les entreprises du tabac à financer la collecte et le traitement des filtres qu’elles produisent, conformément aux dispositions de la Loi sur la protection de l’environnement de 2020.

Il préconise en outre d’accompagner les agriculteurs dans la reconversion de la culture du tabac vers des productions agricoles plus durables, de soutenir la recherche sur des matériaux biodégradables pour les filtres et de multiplier les initiatives de « zones vertes sans tabac » dans les écoles, les administrations et les quartiers résidentiels.

Ainsi, la lutte contre le tabac au Vietnam s’inscrit désormais dans une approche intégrée, alliant santé publique, protection de l’environnement et développement durable - un engagement essentiel pour préserver la vie et la planète. -VNA

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