VietnamPlus – Dans un contexte où le pays entre dans une nouvelle phase de développement accéléré, l’élaboration d’un programme intégré regroupant les trois programmes cibles nationaux s’impose comme une nécessité stratégique afin de promouvoir une croissance verte et inclusive.
Dans un contexte marqué par l’entrée du pays dans une nouvelle phase de développement accéléré, le ministre des Affaires ethniques et religieuses, Dao Ngoc Dung, a affirmé que l’élaboration d’un programme intégré regroupant les trois programmes cibles nationaux constitue une mission à la fois incontournable et urgente afin de promouvoir une croissance verte et un développement inclusif.
À terme, ce programme devrait contribuer à réduire progressivement les écarts de développement entre les régions, à consolider la cohésion nationale et à garantir une répartition plus équitable des bénéfices de la croissance, conformément aux orientations stratégiques de développement durable et inclusif fixées par le Parti et l’État.
Monsieur le ministre, le Programme cible national pour le développement socio-économique des régions peuplées de minorités ethniques et des zones montagneuses pour la période 2021-2030 a achevé sa première phase (2021-2025). Pourriez-vous nous informer des résultats obtenus à ce stade ?
Les résultats de la mise en œuvre du Programme cible national en faveur des minorités ethniques et des régions montagneuses au cours de la période écoulée ont contribué à dynamiser le développement socio-économique dans ces zones, à créer des moyens de subsistance, à accroître les revenus, à réduire la pauvreté et à répondre de manière fondamentale à plusieurs besoins urgents des populations vivant dans des localités particulièrement défavorisées.
Les politiques de soutien et de développement des moyens de subsistance ont permis aux habitants de sortir de la précarité, de réduire durablement la pauvreté et d’améliorer leurs conditions de vie. Les investissements structurels et le dynamisme économique local ont été déterminants pour accompagner les populations vers une production davantage orientée vers les marchés.
De nombreux ouvrages d’infrastructures essentielles au service des populations dans les zones particulièrement difficiles des régions peuplées de minorités ethniques et montagneuses ont été construits, contribuant de manière significative à l’amélioration de la qualité des services sociaux, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation.
Il convient de souligner que, sur les cinq dernières années, le taux de réduction de la pauvreté dans les zones de minorités ethniques a atteint en moyenne 3,4 %, un niveau supérieur au taux moyen national, participant ainsi à la réduction des écarts de développement entre les régions.
Parallèlement, les actions de soutien à la formation professionnelle et à l’emploi ont permis d’assurer des emplois stables à une large frange de la main-d’œuvre locale. Les ménages pauvres issus des minorités ethniques ont bénéficié d’un accès plus complet et plus aisé aux politiques d’appui de l’État, tandis que les dispositifs de protection sociale ont été mis en œuvre de manière intégrale et en temps opportun.
Ces résultats ont contribué à resserrer l’écart de développement entre les régions peuplées de minorités ethniques et montagneuses et les autres régions du pays, tout en apportant une contribution importante au développement durable et à la prospérité nationale. Ils traduisent les efforts constants de l’ensemble du système politique et des communautés des minorités ethniques. La situation relative à l’ordre et à la sécurité sociale dans ces régions a été garantie ; les domaines de la défense et des affaires étrangères ont été consolidés ; le système politique de base s’est renforcé, contribuant à consolider le bloc de grande union nationale et à renforcer la confiance des minorités ethniques envers le Parti et l’État.
Monsieur le ministre, pourriez-vous préciser certains résultats et modèles exemplaires en matière de préservation et de valorisation de l’identité culturelle des régions peuplées de minorités ethniques, associés au développement du tourisme, tels qu’ils ont été mis en œuvre au niveau local au cours de la période récente ?
À l’issue de la mise en œuvre, nous constatons que le Programme cible national en faveur des minorités ethniques et des régions montagneuses a donné lieu, dans plusieurs localités, à des initiatives pertinentes et innovantes en matière de préservation, de conservation et de valorisation des valeurs culturelles des communautés ethniques, étroitement associées au développement du tourisme.
Des modèles particulièrement remarquables ont été observés notamment dans les villes de Huê et de Da Nang, où l’articulation entre patrimoine culturel et développement touristique a produit des résultats encourageants, contribuant à la fois à la sauvegarde des identités culturelles et à la dynamisation de l’économie locale.
Dans les provinces de Quang Ngai et de Tuyên Quang, plusieurs initiatives significatives ont également été mises en œuvre afin de soutenir les moyens de subsistance des populations. Parmi celles-ci figure l’adoption de projets de réhabilitation des jardins familiaux diversifiés, visant à transformer les modes de pensée et les pratiques de production agricole des habitants.
Ces initiatives ont contribué à stimuler la motivation des ménages pauvres et quasi pauvres, en les incitant à développer l’esprit d’initiative et la volonté de sortir durablement de la pauvreté, tout en renforçant la résilience économique et sociale des communautés locales.
Forts des acquis enregistrés ces dernières années, quelles orientations les collectivités locales devraient-elles, selon vous, M. le Ministre, privilégier afin d’améliorer encore l’efficacité des modèles de tourisme communautaire et de valorisation des produits agricoles dans les régions peuplées de minorités ethniques et montagneuses à l’échelle nationale ?
Selon moi, les autorités locales devraient identifier et valoriser les expressions culturelles les plus emblématiques des minorités ethniques propres à chaque territoire afin de développer des produits touristiques étroitement liés à la construction et à la préservation de l’environnement culturel des destinations. Cette démarche doit s’appuyer sur le respect de l’authenticité, du caractère originel, des valeurs autochtones et communautaires, tout en conciliant sauvegarde des patrimoines culturels positifs et élimination progressive des pratiques coutumières entravant le développement socio-économique, telles que les mariages précoces, les superstitions ou les cérémonies fastueuses et onéreuses lors des mariages et des funérailles.
Il convient parallèlement d’orienter la perception et la stratégie de développement vers un modèle de tourisme communautaire durable, associé à la responsabilité sociale, afin d’assurer une stabilité et une efficacité durables des retombées socio-économiques au bénéfice direct des populations locales. Ce modèle doit permettre aux habitants de consolider leurs activités productives et leurs moyens de subsistance. Il importe également d’organiser un aménagement spatial cohérent des sites de tourisme communautaire, en soutenant la préservation et la restauration des traditions culturelles, en particulier celles des communautés autochtones, ainsi que le développement des villages artisanaux liés aux valeurs culturelles traditionnelles des zones montagneuses et des minorités ethniques.
Il est en outre recommandé d’encourager l’utilisation de produits ancrés dans les valeurs communautaires, d’origine locale et représentatifs des spécialités régionales, en s’appuyant sur les atouts naturels, les ressources disponibles, les savoirs et les cultures autochtones. Cette orientation favoriserait le développement de produits écologiques, biologiques et propres destinés aux visiteurs, tels que les bains et trempages de pieds aux plantes médicinales, ou encore les activités sportives de pleine nature – trekking, canoë, pêche, cyclotourisme – intégrées au tourisme communautaire.
Par ailleurs, les collectivités territoriales doivent optimiser l’utilisation des ressources financières consacrées à la modernisation et à la mise à niveau des infrastructures essentielles : réseaux de transport, électricité et eau potable, services de santé et de soins, systèmes de signalisation et d’information, infrastructures numériques et connectivité des télécommunications, dispositifs de collecte et de traitement des déchets et des eaux usées. Il importe également d’aménager des espaces d’accueil, des lieux d’activités culturelles communautaires, des centres d’exposition et de commercialisation des produits locaux, des sites cultuels et religieux, ainsi que des espaces publics dédiés aux services, aux expériences et aux loisirs, afin de soutenir le développement des destinations situées dans les zones peuplées de minorités ethniques et en régions montagneuses.
D’autres facteurs déterminants résident dans le soutien à la mise en réseau et à l’attraction des flux touristiques, ainsi que dans la formation professionnelle visant à renforcer les capacités d’organisation, de gestion et d’exploitation des destinations. Les autorités doivent accompagner les communautés dans la constitution de bases de données dédiées à la promotion touristique et dans la mise en œuvre d’actions efficaces de communication et de valorisation des produits de tourisme communautaire sur les marchés national et international.
Il convient également de promouvoir l’application de la transformation numérique et des technologies intelligentes, en intégrant les solutions de commerce électronique dans le développement des modèles de produits touristiques communautaires et des produits agricoles spécifiques.
Enfin, le renforcement des compétences des populations locales participant aux activités touristiques demeure essentiel, de même que la sensibilisation des habitants et des visiteurs à la protection de l’environnement, conformément aux principes d’un tourisme responsable envers la communauté et la société.
Dès lors, quel impact l’intégration des trois Programmes cibles nationaux aura-t-elle sur l’efficacité de leur mise en œuvre au cours de la prochaine période ?
Dans le contexte où le pays entre dans une nouvelle phase de développement, l’élaboration d’un Programme intégré pour la période 2026-2035 constitue une exigence à la fois objective, incontournable et urgente, visant à institutionnaliser pleinement les orientations du Parti, de l’Assemblée nationale et du Gouvernement en matière de développement socio-économique des zones peuplées de minorités ethniques et de régions montagneuses en particulier, ainsi que du monde rural en général.
Ce Programme représente une solution stratégique destinée à remédier à la dispersion et aux chevauchements dans la gestion et l’investissement, à instaurer un cadre unifié pour l’intégration des politiques publiques, à mobiliser et à allouer efficacement les ressources, tout en promouvant la transformation numérique, la croissance verte et le développement inclusif. Son intégration ouvre des perspectives majeures pour le développement socio-économique des zones habitées par les minorités ethniques et des régions montagneuses, territoires stratégiques du pays, conformément aux orientations fixées par la Résolution n°10/NQ-CP du Gouvernement relative à la Stratégie en matière ethnique pour la période 2021-2030, avec vision à l’horizon 2045.
Concrètement, il s’agit de considérer l’investissement dans le développement socio-économique comme une mission prioritaire au service d’un développement durable, visant à améliorer les conditions de vie matérielles et spirituelles des populations issues des minorités ethniques et des régions montagneuses ; à réduire progressivement les écarts de niveau de vie et de revenu entre ces populations et la moyenne nationale ; et à associer étroitement ces objectifs au renforcement d’un système politique de base solide et efficace.
Il importe également de consolider les capacités en matière de défense et de sécurité, de préserver fermement la souveraineté aux frontières nationales, et d’édifier une ligne frontalière de paix, d’amitié, de coopération et de développement. La diversification, l’attraction et la mobilisation de toutes les ressources disponibles en vue de la mise en œuvre efficiente des programmes, projets et politiques liés aux affaires ethniques constituent une priorité, les ressources publiques jouant un rôle déterminant. Les investissements doivent être ciblés et hiérarchisés, avec une priorité accordée aux groupes ethniques rencontrant les plus grandes difficultés, aux situations spécifiques et aux zones les plus défavorisées des régions concernées.
L’intégration garantit en outre une mobilisation optimale et efficace des ressources en vue d’atteindre les objectifs généraux et spécifiques de développement socio-économique des zones de minorités ethniques et de montagne, tels qu’approuvés par l’Assemblée nationale pour l’ensemble de la période. Elle constitue également un instrument de mise en œuvre des orientations régionales définies par les Résolutions du Comité central et les Programmes d’action du Gouvernement, en cohérence avec les modèles de répartition de la population selon les écosystèmes naturels, les spécificités culturelles et ethniques ainsi que les conditions socio-économiques, conformément au Plan directeur national. Cette approche tient compte du réaménagement et de la réorganisation des unités administratives communales ainsi que des niveaux de développement des communes.
La conception du Programme sur un cycle de dix ans (2026-2035) répond à une exigence impérative et urgente, contribuant à la réalisation d’une croissance à deux chiffres, notamment dans un contexte où le pays aborde une nouvelle ère de développement, celle d’un essor vers la prospérité, la modernité et la puissance nationale.
Ainsi, le Programme devient un pont stratégique et un outil de coordination entre le développement rural, la réduction de la pauvreté et le développement socio-économique des zones de minorités ethniques et de montagne dans le cadre global de la planification nationale. Il constitue une nécessité pour accroître les revenus et améliorer la qualité de vie, réduire les disparités régionales, consolider la protection sociale ainsi que la défense et la sécurité, contribuant ainsi à la réalisation réussie de l’objectif d’un développement rapide et durable du pays à l’horizon 2045.
Par ailleurs, l’élaboration du Programme sur un cycle décennal (2026-2035) vise à institutionnaliser les orientations du Parti et les directives du Gouvernement relatives à l’unification de la gestion des programmes cibles nationaux ; à assurer la cohérence des politiques, la synchronisation des ressources et la stabilité à long terme ; à permettre aux autorités locales de planifier de manière proactive à moyen et long termes, de valoriser les ressources endogènes et de mobiliser la participation de la société ; et à maintenir la dynamique de croissance, en contribuant à l’objectif d’une croissance à deux chiffres, dans le contexte d’une nouvelle ère de développement marquée par l’ambition d’un Vietnam prospère, civilisé et florissant.
Au regard des évaluations susmentionnées, quelles propositions avancez-vous afin de garantir, dans la période à venir, une mise en œuvre efficace du Programme cible national unifié et une mobilisation optimale des ressources disponibles ?
La solution prioritaire, à mon sens, consiste à procéder à un examen approfondi, à la révision et au perfectionnement des mécanismes et politiques existants, tout en promulguant de manière exhaustive les textes d’orientation nécessaires à la mise en œuvre du Programme selon une approche intégrée, cohérente et unifiée par territoire, en adéquation avec le modèle d’organisation administrative à deux niveaux. Il convient, dans le même temps, de renforcer la décentralisation et d’accorder une plus grande autonomie aux autorités locales afin qu’elles puissent définir des dispositions spécifiques adaptées aux réalités et aux particularités de chaque région.
Il importe également d’accélérer la mise en œuvre, de manière rapide et synchronisée, du décret n°255/2025/NĐ-CP relatif à l’identification des groupes ethniques connaissant encore de grandes difficultés ou des difficultés spécifiques pour la période 2026-2030, ainsi que du décret n°272/2025/NĐ-CP du Gouvernement portant délimitation des zones peuplées de minorités ethniques et des régions montagneuses pour la période 2026-2030.
La priorité doit être accordée à l’allocation de capitaux d’investissement pour le développement des zones de minorités ethniques et de montagne, en vue de réduire les disparités régionales. Il est nécessaire de déployer de manière cohérente les solutions de mobilisation des ressources financières, en garantissant leur disponibilité intégrale et en temps opportun conformément à la réglementation en vigueur. L’intégration efficace des financements issus des Programmes cibles nationaux, des programmes et projets d’appui ciblé ainsi que des autres projets d’investissement en cours sur les territoires concernés doit être assurée, afin de concentrer les ressources et d’éviter toute dispersion ou duplication.
En fonction de la situation concrète, le Gouvernement poursuivra l’équilibrage du budget central afin d’accorder des compléments prioritaires au Programme, tandis que les collectivités locales devront assumer la responsabilité de mobiliser pleinement les ressources budgétaires locales nécessaires à sa mise en œuvre. Des mesures correctives et des sanctions devront être appliquées à l’encontre des ministères, secteurs et administrations locales accusant des retards ou enregistrant de faibles taux de décaissement.
Il est également essentiel de garantir la priorité et l’allocation intégrale des ressources de crédit préférentiel pour la mise en œuvre du Programme dans le cadre des plans d’investissement public à moyen terme financés par le budget de l’État pour les périodes 2026-2030 et 2031-2035, ainsi qu’annuellement, en vue de doter la Banque des politiques sociales des moyens nécessaires à l’exécution efficace des politiques de crédit social. Les ressources fiduciaires issues des budgets locaux et des contributions d’organisations et de particuliers devront être renforcées, afin d’assurer une proportion appropriée du crédit politique dans l’ensemble des ressources du Programme.
Par ailleurs, il convient d’encourager l’autonomisation du niveau communal et des communautés locales, parallèlement à la mise en place de mécanismes transparents de supervision et d’évaluation ; de promouvoir le rôle central des citoyens et des entreprises ; d’inciter les organisations économiques, les entreprises et les particuliers à s’engager en faveur du Programme ; et d’encourager les localités disposant de conditions économiques favorables à soutenir les territoires en difficulté.
Il est également nécessaire d’intensifier l’application de la transformation numérique et des technologies de l’information, ainsi que d’élaborer un ensemble d’indicateurs et un système centralisé de suivi et d’évaluation en ligne couvrant l’ensemble du Programme, interconnecté avec les systèmes de données sectoriels.
Une attention particulière doit être accordée au renforcement de la communication et de la sensibilisation des cadres et de la population ; à l’intensification des activités d’inspection, de contrôle, de supervision et d’évaluation de la mise en œuvre du Programme à tous les niveaux et dans tous les secteurs ; ainsi qu’à une coordination étroite avec le Front de la Patrie du Vietnam et les organisations sociopolitiques à tous les échelons dans les activités de supervision et de critique sociale, notamment à travers la consultation et l’évaluation du niveau de satisfaction des citoyens.
Enfin, il importe de récompenser en temps opportun les organisations et les individus exemplaires, tout en adoptant des mesures préventives afin de détecter et de prévenir rapidement les comportements négatifs ou les gaspillages, et d’appliquer strictement les sanctions prévues en cas de violation dans la mise en œuvre du Programme. -VietnamPlus