Hanoi (VNA) – Avec un rôle de plus en plus important dans l’économie, le secteur des petites et moyennes entreprises (PME) devient un axe majeur des stratégies de croissance du crédit des banques, incitant ces dernières à déployer un éventail de solutions pour soutenir les entreprises qui fonctionnent souvent avec des contraintes de trésorerie.
Selon la Banque mondiale, le Vietnam devrait compter environ 2,4 millions de PME d’ici 2030, représentant plus de 98% du total des entreprises du pays.
En pratique, les PME disposent généralement de réserves financières limitées, tandis que leur production et leurs activités commerciales dépendent fortement de la rotation de leur capital à court terme et de leurs flux de trésorerie quotidiens. Les entrées et sorties de trésorerie sont étroitement liées aux calendriers de commandes, aux échéances de paiement et à la capacité de faire tourner le capital. Même des perturbations mineures, telles que des retards de décaissement ou de paiement de la part des partenaires, peuvent perturber les plans d’affaires.
Face à cette situation, de nombreuses banques ont adapté leur approche, passant de modèles d’évaluation principalement basés sur les garanties à des évaluations centrées sur les flux de trésorerie et la capacité opérationnelle.
Les banques ont également accru leurs investissements dans les plateformes numériques et les solutions financières spécialisées pour les PME, élargissant leurs services au-delà du simple prêt pour inclure la gestion de trésorerie, les services bancaires numériques aux entreprises et les paiements électroniques.
Par exemple, la plateforme de prêt MISA de MB propose une facilité de découvert en ligne aux PME, plafonnée à 3 milliards de dôngs (116.000 dollars). Entièrement numérisée, la procédure permet aux entreprises de soumettre leurs demandes et d’obtenir rapidement une pré-approbation sur la base des données de leurs factures électroniques, sans exiger de garantie. Nombre d’entreprises ont salué la rapidité et la transparence de cette solution.
Certaines banques abordent les PME sous l’angle de la gestion de trésorerie. Chez ABBank, la plateforme ABBank Business est conçue pour répondre aux défis courants de la gestion financière des entreprises, notamment le contrôle des flux de trésorerie et la rapidité des transactions. En centralisant les opérations financières essentielles sur une plateforme unique, les entreprises peuvent suivre leurs revenus, leurs dépenses et leurs soldes en temps réel, réduisant ainsi la fragmentation des données. Un mécanisme d’approbation à plusieurs niveaux soutient également les processus de contrôle interne et contribue à atténuer les risques opérationnels.
Parallèlement, VPBankSME a adopté une approche plus globale des solutions de financement et de gestion, en développant des offres de soutien basées sur les flux de trésorerie et les cycles d’activité réels. Plutôt que de proposer des prêts isolés, la banque structure ses solutions autour des besoins opérationnels, de la gestion des recettes et des dépenses aux paiements et à l’allocation des capitaux à chaque étape. Ceci permet aux entreprises d’utiliser leurs ressources financières de manière plus proactive, notamment en cas de rotation rapide des fonds ou pendant les périodes de forte activité.
Chez OCB, le directeur général Pham Hông Hai a indiqué que la banque a mis en place une politique de crédit spécifique axée sur l’évaluation des modèles économiques, des plans opérationnels, de l’expérience des fondateurs en matière de gestion et de la stabilité des flux de trésorerie pour les jeunes entreprises, un segment particulier au sein du secteur des PME. Selon le responsable, ces facteurs reflètent directement la capacité d’une entreprise à survivre et à se développer lorsqu’elle n’a pas encore accumulé suffisamment de garanties.
Afin d’élargir l’accès au capital, OCB collabore également avec des fonds d’investissement, notamment avec des apports de capital de la banque japonaise Aozora, pour proposer des solutions financières adaptées aux jeunes entreprises. Les prêts de fonds de roulement non garantis sont structurés principalement sur la base des flux de trésorerie et des perspectives commerciales, offrant ainsi de meilleures opportunités de financement aux entreprises disposant de ressources financières initiales limitées.
Selon le Dr Nguyên Huu Huân, de l’Université d’économie de Hô Chi Minh-Ville, le principal canal d’accès aux capitaux internationaux pour les PME reste les banques commerciales, qui jouent le rôle d’intermédiaires pour mobiliser et allouer des fonds provenant d’investissements à impact mondial et de fonds de finance verte.
D’après le Dr Nguyên Huu Huân, l’utilisation efficace des capitaux exige des banques non seulement qu’elles décaissent les fonds, mais aussi qu’elles accompagnent les entreprises dans la préparation des documents, la démonstration de leurs capacités et la garantie que les capitaux sont utilisés aux fins prévues. Il s’agit d’exigences impératives des fonds internationaux, qui imposent des normes strictes en matière de transparence et de contrôle des risques.
Dans les faits, les banques évoluent vers un rôle de véritables partenaires financiers pour les entreprises, en leur fournissant des capitaux en temps opportun, tout en simplifiant les procédures et en concevant des offres de crédit adaptées aux besoins de chaque segment de clientèle. – VNA
Le commerce du Vietnam avec la Belgique et l’UE évolue sur la transition verte
Au-delà du respect des normes actuelles, les entreprises vietnamiennes devraient adopter des modèles de production écologiques, propres et efficaces, en accordant une plus grande importance au recyclage et à la gestion du cycle de vie des produits. Le renforcement de la coopération scientifique et technologique avec l’UE, leader mondial dans ces domaines, contribuerait également à améliorer la qualité des produits et à accroître leur valeur ajoutée.