Le Vietnam doit réduire sa dépendance aux matières premières importées

De nombreux produits clés révèlent une croissance fragile en raison d'un approvisionnement instable en matières premières, ce qui fait peser une menace réelle sur la pérennité des exportations à moyen et long terme.

Transformation de noix de coco destinées à l'exportation chez Vina T&T Group. Photo : nhandan.vn
Transformation de noix de coco destinées à l'exportation chez Vina T&T Group. Photo : nhandan.vn

Hanoï (VNA) - En 2025, le secteur des produits agricoles, sylvicoles et aquatiques du Vietnam a réalisé un record historique en atteignant un chiffre d’affaires à l’exportation de 70,09 milliards de dollars.

Cependant, de nombreux produits clés révèlent une croissance fragile en raison d'un approvisionnement instable en matières premières, ce qui fait peser une menace réelle sur la pérennité des exportations à moyen et long terme.

En 2025, le poivre restait le principal produit des exportations vietnamiennes d'épices, atteignant plus de 247 000 tonnes, soit 59,3% du total des exportations, pour une valeur de 1,66 milliard de dollars. Cependant, le Vietnam a également importé plus de 42 000 tonnes de poivre, d'une valeur de 266,2 millions de dollars, en hausse 16,2% en volume et de 51,1% en valeur par rapport à 2024. Cette tendance illustre le rôle central du Vietnam dans la transformation et la réexportation du poivre, mais d'autre part, elle révèle une insuffisance de l'offre intérieure face à une demande à l'exportation toujours soutenue.

Les prévisions pour la récolte de 2026 sont d'ailleurs préoccupantes, avec une baisse de production estimée entre 15 et 20% en raison de conditions climatiques défavorables et du vieillissement des plantations, rendant impérative une augmentation de la production nationale pour préserver la position mondiale du Vietnam.

La filière cajou (anacarde) fait face à une crise structurelle d’approvisionnement encore plus marquée. Le Vietnam dépend aujourd’hui des importations pour près de 90% de ses besoins en noix brutes. Bien que les exportations aient atteint le montant record de 5,2 milliards de dollars en 2025, le coût des importations de matières premières s'est élevé à 4,5 milliards de dollars, réduisant ainsi considérablement la valeur ajoutée nationale.

Le risque de rupture de la chaîne d'approvisionnement s'intensifie, d'autant plus que les principaux fournisseurs, tels que le Cambodge et la Côte d'Ivoire, développent massivement leurs propres capacités de transformation locale afin de réduire leurs exportations de produits bruts.

La filière cajou (anacarde) est confrontée à une pénurie aiguë de matières premières. Le Vietnam dépend aujourd’hui des importations pour près de 90 % de ses besoins en noix de cajou brutes. Bien que les exportations aient atteint un niveau record de 5,2 milliards de dollars en 2025, le coût des importations de matières premières s’est élevé à 4,5 milliards de dollars, réduisant ainsi la valeur ajoutée nationale. Le risque de rupture de la chaîne d’approvisionnement s’accentue, d’autant que les principaux pays fournisseurs, tels que le Cambodge et la Côte d’Ivoire, développent activement leurs capacités de transformation locale afin de limiter leurs exportations de produits bruts.

Le secteur de la noix de coco, qui se classe désormais au deuxième rang des exportations de fruits et légumes, souffre également de cette instabilité. Selon Nguyen Thi Kim Thanh, présidente de Association vietnamienne de la noix de coco, il est indispensable d’améliorer la qualité des variétés végétales afin d’accroître la productivité et la qualité des noix de coco destinées à l’exportation.

Par ailleurs, afin de s’adapter à l’évolution des modes de consommation, de plus en plus orientés vers des produits verts, sûrs et traçables, la filière cocotier est appelée à évoluer vers des pratiques agricoles durables, une gestion intégrée des ravageurs et une protection phytosanitaire axée sur la sécurité.

L’autonomie en matières premières ne relève plus seulement de chaque entreprise ou de chaque filière, mais devient progressivement un enjeu stratégique pour l’ensemble du secteur agricole. -VNA

Voir plus

En présence des deux Premiers ministres vietnamien et cambodgien, les organismes et entreprises des deux pays ont échangé cinq documents de coopération. Photo : VNA

Le Vietnam et le Cambodge déterminés à porter leur coopération économique à un niveau supérieur

Le Vietnam et le Cambodge entendent exploiter davantage les complémentarités de leurs deux économies, renforcer la connectivité des infrastructures, de la logistique et des chaînes d’approvisionnement, et faciliter les investissements et les activités des entreprises des deux pays, avec pour objectif de porter prochainement leurs échanges commerciaux bilatéraux à 20 milliards de dollars.

Photo d'illustration : VNA

Le Vietnam renforce le contrôle des prix des produits essentiels

Le vice-Premier ministre Nguyen Van Thang a appelé, le 9 octobre, les ministères, secteurs et collectivités locales à suivre de près l’offre, la demande et les prix des produits essentiels afin de maîtriser l’inflation, de stabiliser la macroéconomie et de soutenir la croissance en 2026.

Des produits VinFast exposés lors de l'Exposition « 80 ans de parcours vers l'indépendance, la liberté et le bonheur » à Hanoï. Photo : VNA.

Les véhicules électriques dopent le marché automobile vietnamien dans l’ASEAN-6

Selon le rapport Overview of the ASEAN-6 Automotive Market, les ventes automobiles au Vietnam, en Indonésie, en Thaïlande, en Malaisie, aux Philippines et à Singapour ont atteint environ 1,76 million de véhicules au cours des six premiers mois de 2026. Le Vietnam se distingue avec une progression de 31,1 %, atteignant près de 291 000 véhicules écoulés.

Nghê An veut moderniser sa flotte de surveillance des pêches

Nghê An veut moderniser sa flotte de surveillance des pêches

Face au vieillissement de sa flotte de surveillance, Nghê An prévoit de moderniser ses navires et embarcations afin de renforcer le contrôle de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) et d’assurer la sécurité des forces en mer.