Hanoi (VNA) - La Résolution 79 est considérée comme ouvrant une nouvelle approche, créant un espace permettant à l’économie d’État de jouer pleinement son rôle pionnier, d’ouvrir la voie et de conduire la croissance dans la nouvelle phase de développement.
Au lieu de se limiter à réaffirmer de manière générale son rôle « prépondérant », le texte insiste sur la nécessité de redéfinir clairement les fonctions, le champ d’intervention et les mécanismes de fonctionnement du secteur public, afin de garantir à la fois le respect des principes du marché et la réalisation efficace des objectifs socio-économiques, de défense et de sécurité.
L’expérience de la Société générale d’investissement et de développement des autoroutes du Vietnam (VEC) montre concrètement que, lorsque les ressources et les mécanismes appropriés sont réunis, les entreprises publiques peuvent accélérer et assumer un volume considérable de travaux. Créée en 2004 et chargée d’investir dans plusieurs projets autoroutiers stratégiques nationaux, la VEC a toutefois longtemps été confrontée à un « blocage » institutionnel et financier. En 2021-2022, son capital social ne dépassait pas 1 000 milliards de dôngs, alors que le total de ses actifs s’élevait à plus de 100 000 milliards de dôngs. Ce déséquilibre structurel a rendu difficile la mobilisation de capitaux, empêchant l’entreprise de remplir les conditions financières requises pour participer à de nouveaux projets, et la faisant même manquer certaines sections de l’autoroute Nord-Sud.
Le tournant est intervenu lorsque l’Assemblée nationale a approuvé l’augmentation du capital social de la VEC. Après l’achèvement des procédures, celui-ci a été porté à près de 40 000 milliards de dôngs, améliorant nettement la capacité financière et opérationnelle de l’entreprise. Dès le début de l’année 2025, la VEC a lancé simultanément plusieurs grands projets, dont l’élargissement de l’autoroute Hô Chi Minh-Ville – Long Thanh – Dâu Giây, ainsi que du tronçon Yên Bai – Lào Cai de l’autoroute Nôi Bai – Lào Cai. Elle participe également, sous forme de partenariat public-privé (PPP), à certains projets de ceintures périphériques et de nouvelles autoroutes. En 2026, d’autres projets devraient encore être mis en œuvre. Le cas de la VEC illustre qu’avec des ressources adéquates, les entreprises publiques peuvent jouer un rôle moteur dans les infrastructures stratégiques.
À partir de cette expérience, les représentants de la VEC estiment que l’économie d’État ne doit pas intervenir dans tous les domaines, mais se concentrer sur les secteurs clés et piliers de l’économie. Il convient également de garantir l’autonomie des entreprises publiques dans un cadre de marché, tout en assurant la transparence et la responsabilité. L’État devrait maintenir sa participation dans les entreprises de base, poursuivre la restructuration et une équitisation appropriée, et perfectionner le cadre institutionnel afin que les entreprises publiques osent innover, agir et assumer leurs responsabilités lorsqu’elles se voient confier des missions majeures.
Du point de vue politique, les représentants de la Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale soulignent que, dans un contexte où le Vietnam met en œuvre simultanément des résolutions importantes sur le développement de l’économie d’État et du secteur privé, il est essentiel de clarifier le rôle et le « terrain de jeu » de chaque secteur. Les deux ne sont pas opposés, mais en l’absence de mécanismes clairement définis, un risque de concurrence dommageable existe. Ainsi, le secteur privé doit être reconnu comme un moteur important de l’économie, tandis que l’économie d’État conserve un rôle de direction dans les domaines essentiels.
Certains secteurs liés directement à la souveraineté et à la sécurité, tels que la gestion de l’aviation et du transport maritime, devraient rester sous contrôle de l’État. Dans d’autres domaines, comme l’énergie, il est nécessaire de définir clairement la participation respective du secteur public et du secteur privé afin d’assurer leur complémentarité. Au sein même du secteur public, les fonctions et missions de chaque entreprise doivent être clairement établies, accompagnées d’une stratégie d’allocation du capital ciblée pour éviter la dispersion et le gaspillage des ressources.
La Résolution 79 innove également en exigeant une comptabilisation complète des ressources de l’État et leur gestion selon les principes du marché. Elle insiste sur la nécessité de distinguer l’utilisation des ressources publiques pour la fourniture de biens et services publics et l’exécution de missions politiques, des activités ordinaires de production et de commerce. Cette approche renforce la transparence et l’équité dans l’évaluation de l’efficacité de l’utilisation des capitaux publics.
Enfin, la Résolution oriente les ressources vers le développement de certains grands groupes et entreprises publiques appelés à jouer un rôle moteur dans les secteurs stratégiques ; elle encourage les investissements à l’étranger dans les domaines présentant des avantages comparatifs ; elle prévoit la restructuration professionnelle des investissements et de la gestion des capitaux publics, avec la perspective de créer un fonds d’investissement national ; et elle ouvre de nouveaux espaces de développement tels que l’économie spatiale, l’industrie aérospatiale et les technologies de pointe.
Les autorités compétentes élaborent actuellement des mécanismes et des politiques spécifiques, ainsi qu’un programme d’action gouvernemental, afin de concrétiser ces orientations et de faire de l’économie d’État une véritable force d’impulsion pour la croissance dans la nouvelle phase de développement. - VNA