Hanoi (VNA) – Développer la production de riz à faibles émissions pourrait aider le Vietnam à respecter ses engagements climatiques tout en renforçant la compétitivité mondiale et l’image de marque de ses exportations de riz, ont déclaré des experts du secteur lors d’un atelier tenu vendredi 23 janvier à Hanoi.
S’exprimant lors de cet atelier sur la promotion de la riziculture à faibles émissions dans le delta du Mékong, Nguyên Dô Anh Tuan, directeur du Département de la coopération internationale au ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, a souligné que la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans l’agriculture est devenue une priorité stratégique et non plus une option.
Figurant parmi les principaux exportateurs de riz au monde, le Vietnam accélère sa transition vers un modèle agricole vert, à faibles émissions et durable, a-t-il déclaré, ajoutant que l’engagement international croissant témoigne de la confiance accordée au rôle du Vietnam face aux défis climatiques mondiaux.
Lors de la 26e conférence de l’ONU sur les changements climatiques (COP26), le Vietnam s’est engagé à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. L’agriculture, à la fois très vulnérable aux changements climatiques et source majeure d’émissions, a été identifiée comme un secteur clé pour la transformation. La filière rizicole joue un rôle central pour garantir la sécurité alimentaire et soutenir les moyens de subsistance en milieu rural.
Ces dernières années, le Vietnam a mis en œuvre des politiques visant à réorienter la production rizicole, en privilégiant la qualité et la valeur ajoutée plutôt que le volume. Parmi les mesures figurent des pratiques agricoles climato-intelligentes, une meilleure gestion de l’eau, une réduction de l’utilisation des intrants et le développement de modèles de production rizicole à faibles émissions, associés à des revenus agricoles durables, renforçant ainsi la compétitivité du riz vietnamien sur les marchés internationaux.
Le delta du Mékong, souvent décrit comme le grenier à riz du Vietnam, compte parmi les régions rizicoles les plus importantes au monde et constitue une source majeure d’émissions de gaz à effet de serre d’origine agricole, notamment de méthane provenant des rizières inondées.
Les experts présents à l’atelier ont mis en avant des solutions techniques telles que l’alternance d’irrigation et de séchage (AWD), l’utilisation de semences de haute qualité, une fertilisation équilibrée et des systèmes de mesure et de certification des émissions. Selon eux, ces approches peuvent apporter des bénéfices environnementaux tout en améliorant la productivité, la stabilité des revenus et la résilience climatique des communautés agricoles.
D’un point de vue régional, Jongsoo Shin, représentant pour l’Asie de l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI), a déclaré que l’ASEAN demeure l’une des régions économiques les plus dynamiques au monde, malgré les disparités de développement entre ses États membres. Il a noté que le Secrétariat de l’ASEAN a réaffirmé son intention d’élaborer une feuille de route agricole commune afin de renforcer la coordination régionale.
Par ailleurs, Ferosa Arsadita, représentante de l’Agence de coopération internationale allemande pour le développement (GIZ), a déclaré que le Programme d’action climatique ASEAN-UE-Allemagne, lancé en 2023 avec le soutien de l’Union européenne et du gouvernement allemand, a produit des résultats positifs et pourrait entrer dans une nouvelle phase après 2026. Ce programme comprend des projets pilotes de production de riz à faibles émissions au Vietnam.
Les experts ont conclu qu’une coopération régionale et Sud-Sud renforcée pourrait contribuer à reproduire les modèles performants de l’ASEAN dans des régions comme l’Afrique et l’Amérique latine, consolidant ainsi le rôle du bloc dans la promotion d’une agriculture climato-intelligente à l’échelle mondiale. – VNA