Il était une fois… le doyen des marionnettistes

À l’âge de 90 ans, Pham Van Bê reste le «chef» de la Troupe de marionnettes sur l’eau du village de Tê Tiêu, en banlieue de Hanoi. Un vieillard bon pied bon oeil. Yeux vifs, longue barbichette blanche «à la Hô Chi Minh», voix sonore. Apparemment, la passion ça conserve.
À l’âge de 90 ans, Pham Van Bêreste le «chef» de la Troupe de marionnettes sur l’eau du village de TêTiêu, en banlieue de Hanoi. Un vieillard bon pied bon oeil. Yeux vifs,longue barbichette blanche «à la Hô Chi Minh», voix sonore. Apparemment,la passion ça conserve.

Sa troupe est en trainde présenter dans un coin du Musée d’ethnologie du Vietnam la pièce LyThuong Kiêt, du nom d’un généralissime de l’époque des Trân (XIIIe-XVesiècles), dont le personnage principal est manipulé par M. Bê lui-même.Le public est captivé par la voix de stentor du vieil artiste dissimuléderrière un rideau, manipulant avec dextérité la grande figurine de boisreprésentant le fameux général. Plus d’un serait surpris en apprenantque cette voix est celle d’un nonagénaire.

«Matroupe, bien qu’elle soit composée d’amateurs, a l’honneur d’êtreinvitée par le Musée d’ethnographie de Hanoi à se produire chaque mois»,dévoile-t-il avec un large sourire. Et de nous suggérer de passer unjour à son village de Tê Tiêu, pour mieux comprendre la vitalité desmarionnettes. Le rendez-vous est pris.

Dans levillage de Tê Tiêu, tout le monde connaît «Bê - marionnettes», un surnomdont le patriarche tire une certaine fierté. Sa maison, où cohabitenttrois générations, se trouve au milieu du village. Quand nous arrivons,Pham Van Bê est en train de tailler une marionnette dans une bûche.Ciseaux à bois et copeaux jonchent le plancher. La pièce de 20 m² estremplie de figurines multicolores. «Ce n’est qu’une partie de macollection, qui en compte plusieurs centaines. Ces marionnettes, je lesai toutes fabriquées. Faute de place, j’ai dû en laisser la moitié dansla salle d’exposition de Thuy dinh (Maison communale érigée au milieudes eaux, destinée à la représentation des marionnettes - NDLR) duvillage», précise-t-il.

Un voile de nostalgietombe sur son regard pétillant quant on le questionne sur l’origine decette passion. «Toute ma vie, je me suis intéressé aux marionnettes surl’eau. Cela a commencé lorsque j’avais huit ans. Quand mes amis jouaientà des jeux de leur âge, moi j’étais toujours aux basques du maître LêNang Nhuong, chef de la troupe des marionnettistes du village»,confie-t-il.

Le gamin finit par convaincre lemaître de l’accepter comme «disciple benjamin», et de lui transmettreses secrets professionnels. Petit à petit, le petit Bê apprend àmanipuler les marionnettes, à les confectionner et à interpréter despersonnages. «En ce temps-là, en raison de la qualité des pièces et dela beauté des marionnettes, la troupe de Tê Tiêu était connue dans toutle delta du fleuve Rouge», s’enorgueillit le vieux. Et de poursuivre,attristé : «mais c’est à cette époque qu’a éclaté la guerre». La troupes’est alors éparpillée.

Le jeune Bê a été enrôlédans l’Armée et a participé à la bataille historique de Diên Biên Phu.«Devenu soldat, mon amour pour les marionnettes ne s’est pas atténué,bien au contraire. J’en avais même une au fond de mon paquetage !,s’amuse-t-il. Mes compagnons d’armes, qui donnaient plus d’importance àune patate douce qu’à une figurine de bois, avaient bien dû mal à mecomprendre. Mon explication était alors toute simple : je pouvaism’abstenir de manger, mais pas de voir ma marionnette !».

Une fois la paix revenue au Nord, Pham Van Bê retourne dans sonvillage où il réussit à mettre sur pied une nouvelle troupe, regroupantdes paysans amoureux de cet art.

Néanmoins,avant qu’elle ne retrouve une certaine renommée, la troupe de Tê Tiêu adû passer une période difficile, faute de moyens pécuniaires. Pham VanBang, un fils de Pham Van Bê, se souvient encore du jour où son père avendu des biens familiaux, dont sa bicyclette -un objet de grande valeurà l’époque-, pour soutenir la troupe. Et celui où il a démonté son litde noces pour fabriquer des marionnettes.

Lapassion du paysan a irradié de tous côtés. Sa femme, ses fils et filles,et aussi ses petits-enfants savent manipuler les marionnettes. «Cen’est pas pour nous un gagne-pain mais une passion et une fierté»,insiste-t-il. Et d’exprimer son souhait ardent de pouvoir un jour êtrereconnu comme «Artiste du Peuple» par l’État.

Les marionnettes sur l’eau sont nées il y a des siècles dans unequinzaine de villages du delta du fleuve Rouge, où abondent mares etétangs. Encore maintenant, ces spectacles enchantent petits et grands.Les figurines de bois glissent sur l’eau ou y plongent, mues par uningénieux système de perches de cordes et de poulies, que manipulent desmarionnettistes dissimulés derrière un rideau, trempés à mi-corps dansl’eau. La pièce est animée par des pétards, des feux d’artifice, unorchestre composé de tam-tam, de flûtes, de vielles, de castagnettes quirythme les chansons folkloriques et les mouvements des marionnettes,sans oublier un chœur de deux groupes masculin et féminin pour lesdialogues. – AVI

Voir plus

Des mannequins présentent l'ao dài de la styliste Lan Huong lors de la Semaine de la mode de l’ao dài 2026. Photo : VNA

Les belles marches de l’ao dài sur la scène internationale de la mode

Le projet «Semaine de la mode de l’ao dài» vise à introduire la tunique traditionnelle vietnamienne sur la scène de la mode mondiale. Après Londres, le projet devrait se poursuivre à Paris et à Milan, deux capitales mondiales de la mode, afin de promouvoir davantage l’identité culturelle vietnamienne.

Trinh Van Quyêt, secrétaire du Comité central du Parti et chef de sa Commission de la sensibilisation, de l’éducation et de la mobilisation des masses, remet les prix A aux lauréats. Photo: VNA

Les 8es Prix nationaux du livre récompensent plus de 50 ouvrages exceptionnels

Deux prix A, la plus haute distinction de ces prix, ont été décernés à « Lich su Viet Nam bang hinh » (L’Histoire du Vietnam en images), ouvrage de Dong A et plusieurs auteurs, publié conjointement par la Maison d’édition de l’Université nationale d’éducation de Hanoi et la Société par actions culturelle Dong A.

L'architecte Thibault Fèbrer et la chanteuse Thanh Tâm interprètent la chanson l’air traditionnel « Bèo dat mây trôi» lors du programme. Photo: VNA

Le programme "Couleurs du printemps" promeut la culture vietnamienne en France

Le programme comprenait des mélodies traditionnelles telles que le « dan tinh » (un instrument de musique) et les chants traditionnels «then» de l’ethnie Tày, des chants populaires Quan ho de Bac Ninh, ainsi que des musiques folkloriques du Nord et du Sud du Vietnam, des extraits de «cai luong» (théâtre rénové) et des chansons populaires célébrant la Patrie, le printemps et l’amour.

Des visiteurs à l'exposition. Photo : VNA

Exposition de peintures et de livres « L’âme vietnamienne en France »

Le Club des amis des mers et des îles du Vietnam en France, en coordination avec l’association Huong Sac Vietnam – Europe, a organisé une exposition de peintures et de livres, placée sous le thème « L’âme vietnamienne en France », qui s’est tenue dans l’après-midi du 7 mars (heure locale) au centre culturel Marius Sidobre, dans le Val-de-Marne, région Île-de-France.

Dans le respect de l’esprit martial, le festival de lutte du village de Sinh interdit formellement toute prise ou tout coup dangereux. Photo : Mai Trang – VNA

Festival de lutte du village de Sinh : une tradition martiale au cœur du Têt

Dans la matinée du 10ᵉ jour du premier mois lunaire, de nombreux habitants et touristes affluent vers l’arène de lutte du village de Sinh (Hue, au Centre), installée dans l’enceinte du temple communal de Lai An. La particularité de l’événement est d’être ouvert à tous les participants, qu’ils soient ou non originaires de la localité. 

Ouverture du 12e Festival de l’ao dai de Ho Chi Minh-Ville 2026, placé sous le thème "Fils de soie dorée – Tisser des aspirations", le 6 mars. Photo: : VNA

Coup d'envoi du 12e Festival de l'ao dai à Ho Chi Minh-Ville

Le 12e Festival de l'ao dai à Ho Chi Minh-Ville propose 17 activités principales tout au long du mois de mars, transformant la métropole en une vaste scène culturelle où l’ao dai s’invite non seulement dans les spectacles artistiques, mais aussi dans la vie communautaire, les espaces urbains et les activités touristiques.

Des femmes en ao dài. Photo: VNA

Le mois de mars resplendit d’élégance avec l’ao dài, tunique traditionnelle

Début mars, les scènes de femmes en ao dài prenant des photos de printemps au bord des lacs, dans les parcs, devant les bureaux, les temples et les sites historiques sont devenues un spectacle familier à Hanoi. Les réseaux sociaux regorgent également d’images et de récits autour de cette tenue élégante, devenue un symbole de la saison dédiée à la célébration des femmes.

Le comité d'organisation rend hommage aux artistes et chanteurs présents lors de la cérémonie d'annonce et d'ouverture du vote pour la 20e édition des Prix Công hiên.

Soobin et Hoa Minzy, premier duo d’ambassadeurs des Prix Công hiên 2026

Le choix de Soobin et Hoa Minzy s’est fondé sur leur stature artistique, leur esprit créatif et leur dévouement, valeurs en parfaite adéquation avec celles des Prix Công hiên (Contributions). Ce choix leur permettra de tisser des liens plus étroits avec un public plus jeune, tout en préservant leur professionnalisme.

L’ikebana incarne l’esthétique et la philosophie japonaise, offrant un regard profond sur la relation entre l’homme et la nature. Photo: Musée des beaux-arts du Vietnam

À l’écoute des fleurs de pêcher sur les ailes de l’ikebana, art floral japonais

Inspirée par la douce brise d’est annonçant le printemps, l’exposition reflète la renaissance des vergers de pêchers le long du fleuve Rouge après le typhon Yagi, qui a causé d’importants dégâts à Hanoi en 2024. Plutôt que de se concentrer sur la perte, l’événement met en lumière la résilience et le renouveau, explorant comment la nature et les êtres humains se relèvent après l’adversité.

Photo: VNA

Intelligence, courage et ambition : les femmes façonnent le Vietnam d'aujourd'hui et de demain

Au Vietnam, les femmes s’imposent comme une force motrice essentielle du développement économique national. Leur influence, loin de se limiter aux secteurs traditionnels, s’étend aujourd’hui de la production manufacturière aux affaires et aux services, en passant par l’entrepreneuriat innovant, l’économie numérique, l’économie verte, l’économie circulaire et la finance inclusive.

Des étudiants de l'Université nationale de Brunei Darussalam à un atelier de décoration avec des motifs traditionnels vietnamiens et brunéiens. Photo : VNA

Au Brunei, le Têt vietnamien devient un pont culturel entre les deux peuples

À l’occasion du Nouvel An lunaire 2026 (Têt traditionnel de l’Année du Cheval), l’ambassade du Vietnam a organisé, les 26 février et 3 mars, une série d’événements consacrés aux coutumes du Têt vietnamien, créant un espace d’échanges culturels riche en couleurs associant promotion linguistique et artisanat traditionnel vietnamien auprès des étudiants et du public brunéiens.