Grippe A/H1N1: peu de risques d’épidémie mais restons prudents

Les experts médicaux ont affirmé que les risques de voir la grippe A/H1N1 se propager seraient très faibles si la détection et la prévention étaient performantes.
Grippe A/H1N1: peu de risques d’épidémie mais restons prudents ảnh 1Vaccination contre la grippe d’une patiente au CVVN. Photo : CVN
Hanoï (VNA) - En juin, plusieurs cas de grippe A/H1N1 ont été traités à l’hôpital Cho Rây ainsi qu’à l’hôpital Tu Du, faisant craindre à la population une épidémie au Vietnam. Cependant, les experts médicaux ont affirmé que les risques de voir la maladie se propager seraient très faibles si la détection et la prévention étaient performantes.

En apprenant l’existence des cas de grippe A/H1N1 au Vietnam (28 personnes atteintes du virus à l’hôpital Tu Du par exemple), la famille de Phan Hai Phong, résidant dans l’arrondissement de Tân Binh (Hô Chi Minh-Ville), a préféré faire vacciner tous ses membres contre la maladie. M.Phong explique: “Pour prévenir les infections, surtout pour nos enfants, nous nous faisons vacciner dans le Centre de vaccination de la ville (CVVN)”.

Inquiétudes de la population

Selon les informations dudit centre,  en juin, le nombre de personnes qui se sont fait vacciner contre la grippe a fortement augmenté, atteignant en moyenne de 100 à 200 patients par jour. L'Institut Pasteur, le Centre municipal de médecine préventive et l’hôpital de l’Université de médecine et de pharmacie ont connu une hausse comparable. 

Cependant, il ne faut pas s’en tenir là. Sur les 24 cas présentant les symptômes de la grippe A/H1N1 recensés à l'hôpital Cho Rây, seulement 12 personnes se sont avérées être porteuses du virus après les tests.  En plus, deux décès dus à la grippe ont été constatés, ce qui a semé la panique parmi la population. Étant enceinte de cinq mois, Nguyên Thi Mai, habitante du 12e arrondissement, était extrêmement inquiète de la résurgence du H1N1 après la première crise en 2009. Elle s’est justifiée: "Je suis très fragile face à la grippe puisque je suis enceinte. Alors, je n'ose pas sortir parce que j’ai peur d'être infectée. D’ailleurs, je n'ose même plus me rendre à l’hôpital Tu Du où la grippe A/H1N1 a refait surface”.

En ce qui concerne ces cas d’infections, le docteur Lê Quôc Hung, chef du département des maladies tropicales à l'hôpital Cho Ray, a signalé que le début de la saison des pluies marque toujours un pic pour les maladies grippales, donc l'apparition de ces cas est compréhensible. Chaque année au Vietnam, il y a plus d'un million de personnes atteintes par ces maladies. Le médecin rappel que cette situation est comparable à celles présentes dans tous les pays de la région.

Le médecin Truong Huu Khanh travaille depuis plus de 20 ans dans le domaine des maladies infectieuses. Il est responsable en chef du service des maladies infectieuses et neurologiques de l’Hôpital de Pédiatrie numéro 1. Il a également signalé que ce n’était pas inhabituel à ce stade de l’année de voir ce type de maladie se développer, surtout dans les hôpitaux où, du fait de la fréquentation, le virus peut se propager aisément.
Grippe A/H1N1: peu de risques d’épidémie mais restons prudents ảnh 2Une future maman se fait vacciner au CVVN pour prévenir toutes transmissions du virus de la grippe à son futur bébé. Photo : CVN


La réactivité et la prévention sont deux forces majeures pour ces deux hôpitaux. Par conséquent, il faut s’assurer de la bonne marche des préparatifs et des mesures de prévention de la grippe pour détecter, localiser et arrêter à temps l'épidémie.

Peu de risques d’épidémie

Le professeur Phan Trong Lan, directeur de l’Institut Pasteur de Hô Chi Minh-Ville, a déclaré que dans les 6 premiers mois de 2018, l’augmentation du nombre de cas de grippe A/H1N1 par rapport aux années précédentes est due au faible taux de vaccination. Actuellement, celui-ci est inférieur à 1% de la population totale au Vietnam.

Quant à la dangerosité  de la grippe A/H1N1, Phan Trong Lan a déclaré que pour ce type de grippe en particulier et la grippe saisonnière en général, dans la plupart des cas, les malades ne présentent que des symptômes bénins et leur guérison est rapide et complète. Néanmoins les personnes à hauts risques telles que les femmes enceintes, les enfants de moins de 5 ans, les personnes âgées de plus de 65 ans, les personnes atteintes de maladies chroniques, de maladies métaboliques et de maladies d'immunodéficience risquent des complications dangereuses. "Les complications peuvent être dues à la grippe associée à d’autres maladies. Les personnes à hauts risques peuvent présenter une surmortalité si elles ne sont pas prises en charge assez tôt.", a souligné Phan Trong Lan.

Partageant l’opinion de Phan Trong Lan, Truong Huu Khanh a déclaré que la grippe A/H1N1 ne contenait pas que des souches de virus connus et d’origines porcine et/ou aviaire. Elle est très contagieuse et affecte sévèrement les pauvres ou les personnes fragiles. Grâce aux analyses les plus poussées, on sait que la souche actuelle ressemble à celle de 2009, le vaccin remédiant à celle-ci est donc bien connu. "Le risque de pandémie apparait si une nouvelle souche du virus se manifeste en présentant une structure très différente, ce qui accélère la propagation de l'infection. Par conséquent, les gens ne devraient pas trop s'inquiéter", a conclu le Dr Truong Huu Khanh.

Enfin, d’après les spécialistes, la vaccination contre la grippe reste la mesure préventive la plus efficace. En outre, il faut veiller à l’hygiène, bien se laver les mains avec du savon, éviter les endroits bondés et se couvrir la bouche en cas de toux et d’éternuement.-CVN/VNA

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