Hanoi (VNA) – À l’occasion du 30e anniversaire du décès de l’écrivain belge Georges Simenon et du 90e anniversaire de la naissance de Maigret, son personnage emblématique, de nombreuses activités sont organisées au Vietnam et ailleurs. C’est que Simenon est tout de même l’auteur francophone le plus lu et le plus traduit du monde!  

Georges Simenon. Photo: Penguin U.K


Georges Simenon, né à Liège en 1903, est connu pour son abondante production de romans policiers. Il est donc mort voilà trente ans, mais son œuvre, sans cesse adaptée au cinéma ou à la télévision, en France comme à l’étranger, lui aura évité tout purgatoire. Son célèbre commissaire Maigret, dont c’est le 90e anniversaire, est célébré en fanfare par les Éditions Omnibus (Maison d’édition dédiée au patrimoine historique et littéraire, français et étranger), qui publient en avril une nouvelle intégrale en dix volumes avec des préfaces inédites élaborées par les plus fins connaisseurs de l’oeuvre de Simenon, parmi lesquels l’écrivain et journaliste Pierre Assouline, l’écrivain et cinéaste Philippe Claudel ou encore l’acteur Bruno Solo.

«Nous avons fait coïncider cette année Simenon avec l’anniversaire du décès de cet auteur francophone, qui reste parmi les plus lus et les plus traduits de par le monde», nous dit Anne Lange, Déléguée générale Wallonie-Bruxelles au Vietnam. «C’est un auteur emblématique de la Francophonie: il est né en Belgique francophone mais il a vécu une grande partie de sa vie et a travaillé en France avant de finir sa vie en Suisse. Et cet auteur exceptionnel qui avait un plume extrêmement facile puisqu’on disait qu’il arrivait pratiquement à écrire un roman en 48h, nous a laissé une quantité invraisemblable d’œuvre, que ce soit des romans, mais aussi des nouvelles. Il a également écrit énormément d’article, parfois en se servant d’un pseudonyme».   

Avec près de 200 romans et 158 nouvelles, traduits dans 47 langues, des tirages cumulés atteignant 550 millions d’exemplaires, 70 romans adaptés au cinéma, cet écrivain francophone belge reste d’actualité. Nombre de ses romans ont été adaptés au cinéma et à la télévision, et ont inspiré les meilleurs réalisateurs  comme Jean Renoir, Marcel Carné, Claude Chabrol et Bertrand Tavernier.

«C’est un succès phénoménal. C’est un succès qui ne dément pas, il a été traduit dans près que 50 langues et ça continue. Il a été récemment traduit en coréen et en France, on le réédite sans cesse. Et on continuer de l’adapter au cinéma et à la télévision. Le secret de ce succès ? Personne ne sait exactement pourquoi. Mon idée, c’est que c’est un mélange entre deux qualités qui vont rarement de pair qui est la simplicité. Simplicité à la fois de l’écriture, avec une langue très simple, sans fioriture, sans détails, sans recherche poétique, une narration très claire. Et en même temps, il y a une vraie profondeur. Or en général, la profondeur va avec la sophistication. Et là, il arrive à être profond en étant simple. Et donc il parle à tout le monde grâce à cette profondeur et atteint un niveau universel de l’humain. Il n’y a pas de barrière de difficulté comme avec certains écrivains», estime  Laurent Demoulin, responsable du Centre d’études et du Fonds Georges Simenon de l’Université de Liège.         

L'affiche du film Maigret et l'affaire Saint-Fiacre. Photo: Archives/CVN

 

Georges Simenon a sans conteste rénové le genre du roman policier en accordant une place prépondérante à l’analyse psychologique et par une approche réaliste d’un lieu, d’un personnage ou d’un milieu social. Ses fameuses «atmosphères» ne manquent jamais d’absorber le lecteur dès la première page. Simenon, qui commença en 1919 comme journaliste à la «Gazette de Liège», s’est vraiment lancé dans le roman policier à partir de 1932. C’est là qu’il inventera le personnage du commissaire Maigret. Celui-ci est aujourd’hui le protagoniste de 75 romans et 28 nouvelles, donnant lieu à 103 enquêtes policières.

«La première caractéristique de George Simenon, c’est qu’il écrit énormément, presque 100 romans», précise Laurent Demoulin. «Ses romans sont de deux grandes familles: il y a les 75 enquêtes du commissaire Maigret, dont ce sont des romans policiers et qui ont la caractéristique d’être à la fois policiers et psychologiques. Le commissaire Maigret, qui est un homme ordinaire, découvre qui est l’assassin en faisant une sorte d’analyse   presque psychanalytique des différents personnages pour essayer de voir lequel ou laquelle a un problème qui l’aurait amené à commettre un crime. Et l’autre partie de l’œuvre de Simenon, ce sont justement des romans psychologiques, et c’est souvent centré sur l’histoire d’un individu normal, ordinaire, médiocre même, appartenant à la classe moyenne, qui vit une vie tranquille et qui, pour une raison ou pour une autre, en fonction des romans, rencontre un problème qui fait qu’il rêve de changer de vie».

Au Vietnam, l’hommage à George Simenon aura surtout consisté en la publication par les éditions Nha Nam de deux de ses œuvres: «Le Train» et «Le Bourgmestre de Furnes». Parallèlement, des séminaires ont été organisés à Hanoi et à Da Nang ce mois de mars. Des projections de films adaptés des œuvres de Simenon ont également eu lieu à Hanoi grâce à la Délégation de Wallonie-Bruxelles au Vietnam. – VOV/VNA