Dông Cuu préserve la broderie ancienne

Depuis des centaines d'années, le village de Dông Cuu, dans la commune de Dung Tiên du district de Thuong Tin (Hanoï), est réputé pour ses costumes brodés pour les fêtes traditionnelles...

Hanoi (VNA) - Depuis des centaines d'années, le village de Dông Cuu, dans la commune de Dung Tiên du district de Thuong Tin (Hanoï), est réputé pour ses costumes brodés pour les fêtes traditionnelles, ainsi que pour la fabrication d'habits royaux. La broderie traditionnelle de Dông Cuu a été reconnue en tant que patrimoine culturel immatériel national en 2016.

Dông Cuu préserve la broderie ancienne ảnh 1Dông Cuu était autrefois réputé dans tout le pays pour ses costumes brodés pour les tenues royales et officielles. Photo : VNA/CVN

La broderie traditionnelle existe depuis plus de 500 ans dans plusieurs villages du district de Thuong Tin. Parmi ceux-ci, Dông Cuu est une adresse de confiance au Nord pour fabriquer ou faire restaurer des costumes royaux. Aujourd'hui, les meilleurs produits  du village sont les costumes pour le culte du hâu dông (médiumnité).

Selon la légende, l’ancêtre du métier de broderie de ce village est le docteur Lê Công Hành (1606-1661), qui a appris la broderie lorsqu'il était ambassadeur à l’étranger, puis l’a enseignée dans son village natal de Quât Dông (aujourd'hui, un autre village de broderie très célèbre) et dans les villages environnants, dont Dông Cuu.

Préserver des spécimens de broderie ancienne

Les artisans du village de Dông Cuu maîtrisent différentes techniques de broderie ancienne. Un costume brodé comportant souvent cinq couleurs à base de vert, de bleu, de rouge et de jaune, les artisans doivent apprendre la technique de teinture et comment mélanger harmonieusement ces couleurs.

Dông Cuu préserve la broderie ancienne ảnh 2Les artisans du village de Dông Cuu maitrisent différentes techniques de broderie ancienne. Photo : VNA/CVN

On considère souvent que la broderie et la couture sont des métiers réservés aux femmes, cependant, dans le village de Dông Cuu, les hommes sont les plus expérimentés et sont les maîtres de ce métier. Né en 1969, l'artisan Vu Van Gioi a 30 ans d'expérience dans la broderie et a contribué de manière significative à la restauration et à la reproduction d'anciens motifs de broderie.

«Les costumes royaux ont été classés en différentes catégories, ce qui exige des brodeurs d'avoir une véritable compréhension de chaque niveau afin d'élaborer les motifs corrects, a-t-il partagé. Les brodeurs de Dông Cuu sont qualifiés doivent s'assurer que leurs points sont exécutés de façon uniforme et subtile. Chaque produit de broderie a d'un style différent et possède des combinaisons de couleurs différentes».

Depuis que la croyance des Déesses-Mères des Trois mondes a été officiellement reconnue en tant que patrimoine culturel immatériel de l’Humanité par le Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, la demande de costumes pour le rituel hâu dông augmente, au service du développement la broderie à Dông Cuu.

Selon Ta Thi Thuy Duyên, propriétaire de l’établissement de broderie Nhân Duyên, ces dernières années, le nombre de clients qui sont venus au village pour commander des costumes de rituel hâu dông a augmenté considérablement, en particulier pendant les trois premiers mois lunaires durant lesquels de nombreuses fêtes traditionnelles sont organisées.

Beaucoup d'entre eux sont des Vietnamiens d'outre-mer, a- t-elle révélé, notant que, bien que son établissement dispose de 30 employés travaillant à pleine capacité, il estt impossible de répondre à toutes les commandes.

Valoriser l'artisanat

Si la broderie mécanique se développe fortement, de nombreux clients s'intéressent toujours à la broderie à la main. Les produits artisanaux ont leur propre caractère et leur charme. En revanche, ils sont plus plus chers que ceux fabriqués avec des machines, a-t-elle affirmé.

«Une paire de chaussures brodées à la main coûte de 900.000 à 1,2 million de dôngs, une chemise entièrement brodée pour le rituel hâu dông peut coûter entre 5 millions et 10 millions de dôngs, 10 fois plus élevé que celle qui est fabriquée mécaniquement», a-t-elle ajouté.

«Aujourd’hui, les brodeurs doivent faire des produits suivant les tendances actuelles, en accord avec le goût des clients», a partagé Pham Van Thanh, un brodeur de Dông Cuu. Dông Cuu compte aujourd'hui une quinzaine d'établissements privés de broderie comprenant chacun une trentaine d'employés qui travaillent au moins huit heures par jour. Chaque ensemble de costume pour le rituel hâu dông prend environ 20 jours, mais certains nécessitent plusieurs mois, explique-t-il.

La broderie traditionnelle de Dông Cuu a été conservée et transmise de générations en générations. Selon un des artisans les plus renommés du village, Dô Ba Hê, qui est ausssi le chef du club des brodeurs du village, Dông Cuu compte actuellement 20 brodeurs et brodeuses expérimentés qui sont suffisamment qualifiés pour diriger une formation professionnelle.

En plus d'aider l'amélioration des qualifications des villageois, le club organise également des formations en broderie pour les personnes handicapées et celles en difficulté. Il a également coopéré avec les autorités de la commune pour élaborer un programme complet.

En novembre 2016, la broderie de Dông Cuu a été reconnue en tant que patrimoine national immatériel par le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme. Cette reconnaissance soutiendra le développement de l'artisanat dans le village, tout en encourageant les villageois à conserver le métier de leurs ancêtres et, plus généralement, à promouvoir les valeurs culturelles traditionnelles de l'artisanat. -CVN/VNA​​

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