Des soldats-enseignants vietnamiens en Centrafrique

Lors de leur mission dans le cadre des opérations onusiennes de maintien de la paix, en République centrafricaine, Lê Ngoc Son et ses collègues ont ouvert six classes pour plus de 150 élèves par semaine.
Des soldats-enseignants vietnamiens en Centrafrique ảnh 1Le lieutenant-colonel Lê Ngoc Son et ses élèves centrafricains. Photo: NVCC/CVN

Hanoi (VNA) - Lors de leur mission dans le cadre des opérations onusiennes de maintien de la paix, en République centrafricaine, Lê Ngoc Son et ses collègues ont ouvert six classes pour plus de 150 élèves par semaine.

Après plus d’un an dans le cadre de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), le lieutenant-colonel Lê Ngoc Son est revenu au Vietnam. Et dans ses bagages, outre les cadeaux qu’il rapportait, il y avait aussi des lettres d’enfants locaux.

En avril 2017, Lê Ngoc Son et quatre officiers, travaillant au Département des opérations de maintien de la paix du Vietnam, sont partis effectuer une mission pour la MINUSCA. Objectifs: aider à maintenir la paix et la stabilité, contribuant au développement socio-économique de la République centrafricaine, pays victime d’une guerre civile.

La vie y est extrêmement difficile. Même dans la capitale Bangui, où les conditions de vie sont meilleures que dans les zones rurales, un bon nombre d’enfants ne sont pas scolarisés. Beaucoup d’entre eux sont des vagabonds qui doivent mendier pour subsister et dorment sous les porches d’églises.

Dès ses premiers jours en République centrafricaine, en dehors de ses heures de travail avec la MINUSCA, le lieutenant-colonel vietnamien a donné des cours à quatre enfants vivant près de son bivouac.

La barrière de la langue était un obstacle majeur. Mais avec le peu de français que lui ont enseigné les enfants, il a commencé à leur apprendre les mathématiques. Pour pouvoir transmettre ses connaissances aux élèves centrafricains, il a dû utiliser le logiciel de traduction d’anglais en français sur son téléphone portable, bien que les traductions fidèles ne soient pas garanties.

Enseigner au plus grand nombre

Avec le désir de soutenir davantage d’enfants, lors d’une réunion d’une soixantaine d’officiers sous la direction du général de corps d’armée Balla Keïta, commandant de la Force de la MINUSCA, Lê Ngoc Son a présenté son idée d’ouvrir de classes, avec le soutien de traducteurs. Appréciant l’assistance du lieutenant-colonel vietnamien en faveur des enfants centrafricains, le commandant Keïta a demandé à ses services de se coordonner pour aider Son à concrétiser son projet. Cependant, après plus de deux semaines de travail, les services compétents lui ont rapporté qu’il était impossible d’ouvrir de telles classes. Sans suite, malheureusement.

Nullement découragé, Son a demandé l’aide des forces civiles, d’organisations humanitaires et de personnes de bonne volonté. Finalement, un service du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a accepté de mettre en place des cours de mathématiques lors du week-end à Don Bosco, situé à 17 km du bivouac de Lê Ngoc Son. Il s’agit d’un centre de patronage pour les enfants des rues.

En outre, grâce à l’aide de bénévoles, le lieutenant-colonel vietnamien a réussi à contacter l’école St Charles, située dans le 2e arrondissement à Bangui, à environ 3 km du bivouac. L’établissement lui a réservé une classe, accueillant une trentaine d’élèves âgés de 8 à 14 ans, pour des cours de mathématiques.

Pour Son, les principales difficultés étaient de trouver des traducteurs et des équipements de laboratoire. "Bien que de nombreux officiers de la MINUSCA maîtrisent à la fois l’anglais et le français, ils ne pouvaient pas m’aider, moi et mes élèves, car ils étaient fatigués après des journées stressantes", a-t-il expliqué.

Le Vietnam et ses missions de maintien de la paix avec l’ONU

En 2014 a vu le jour le Centre de maintien de la paix du Vietnam, qui est devenu plus tard le Département des opérations de maintien de la paix du Vietnam, marquant la participation officielle vietnamienne aux opérations onusiennes de maintien de la paix.

Jusqu’à maintenant, le pays a envoyé une vingtaine d’officiers assumer les missions de liaison, d’état-major et d’observation militaire au sein des opérations de l’ONU au Soudan du Sud et en Afrique centrale.

Cette année, un hôpital de campagne de niveau II regroupant 63 personnes, dont 10 femmes, a quitté le pays début octobre pour leurs missions au Soudan du Sud.

Il est prévu que, fin 2019 et début 2020, le premier groupe de génie du Vietnam ira également effectuer des activités au sein des missions de l’ONU.
Il a donc demandé l’aide de l’Université de Bangui, l’unique de la République centrafricaine. Cet établissement a répondu positivement au Casque bleu vietnamien en envoyant cinq étudiants, comme traducteurs, pour assister Lê Ngoc Son dans ses cours.

L’"enseignant" Son et ses collègues vietnamiens ont organisé cinq classes. Chaque matin, avant l’heure de travail à la MINUSCA, il consacrait une séance d’enseignement de 45 minutes pour une classe à l’école St Charles. Après son travail quotidien, il donnait des cours de mathématiques à quatre enfants près du bivouac. Le week-end, il avait quatre classes (du CE2 à la 2nde) au centre Don Bosco.

Afin de stimuler la curiosité et l’esprit de découverte scien-tifique de ses élèves, Ngoc Son commençait souvent chaque heure d’étude par des expériences pratiques. Les équipements étaient sponsorisés par l’Institut Pasteur. "J’étais vraiment ému quand on m’a donné ce dont j’avais besoin. De tels instruments n’étaient pas faciles à trouver en Centrafrique", a-t-il raconté.

En entrant dans la classe, les élèves étaient enthousiastes. Il n’y avait pas de distances entre eux et le professeur. Ils ont applaudi quand il a dit "Bonjour" en langue locale et levé leurs mains avec enthousiasme après chaque question.

"Quand le mot +Vietnam+ était écrit sur le tableau d’une école centrafricaine et quand tous mes élèves épelaient ce mot, je ressentais une grande fierté nationale", a-t-il partagé.

Outre les connaissances, Ngoc Son a inculqué également des leçons de vie à ses élèves. Il leur a souvent répété: "Malgré les difficultés, c’est avec vos rêves, vos efforts et votre patience que vous réaliserez vos espoirs". -CVN/VNA

Voir plus

Des membres du projet "Chuyen thoi binh" (Histoires du temps de paix) écoutent le témoignage du vétéran de guerre blessé Do Dang Khuay au Centre de réadaptation pour invalides de guerre de Thuan Thanh. Photo: nhandan

Quand la jeunesse vietnamienne fait vivre et rayonner la mémoire nationale

À l'heure où les nouvelles générations réinventent leur rapport à l'histoire, de nombreux jeunes Vietnamiens multiplient les initiatives pour préserver et transmettre la mémoire nationale. Collections d'objets, projets audiovisuels ou témoignages d'anciens combattants : autant de démarches qui redonnent vie au passé et en ravivent le sens auprès de la jeunesse.

Ninh Binh: Numérisation des informations afin de constituer une base de données unifiée destinée à la gestion, à la consultation et à l'identification des soldats tombés pour la Patrie. Photo : VNA

Ninh Binh intensifie la campagne des « 500 jours et nuits » pour redonner un nom aux soldats tombés pour la Patrie

Dans la province de Ninh Binh, la campagne des « 500 jours et nuits » consacrée à la recherche, au regroupement et à l'identification des restes des soldats morts pour la Patrie se poursuit avec une mobilisation sans relâche. Entre analyses ADN, recoupement des archives, collecte de témoignages et numérisation des données, les autorités entendent redonner un nom aux combattants demeurés anonymes et répondre à l'attente de milliers de familles après plusieurs décennies.

Lors de la cérémonie de signature. Photo : VOV

Hô Chi Minh-Ville et GTEL s'associent pour le transfert de technologie du métro

L'Autorité de gestion des chemins de fer urbains de Hô Chi Minh-Ville (MAUR) et la Société mondiale des technologies et des télécommunications (GTEL) ont signé, le 17 juillet, un protocole d'accord portant sur la recherche sur l'intégration des systèmes et le transfert de technologie du réseau de métro de Hô Chi Minh-Ville.

Panorama de la conférence. Photo: VNA

Garantir un accès égal à la justice aux personnes pauvres et aux groupes vulnérables

Le Vietnam a dressé le bilan du projet de renforcement de l'aide juridique en faveur des personnes pauvres et des groupes vulnérables, mis en œuvre avec le soutien de la Banque mondiale et du Japon. Lancée en 2022, cette initiative a permis d'améliorer l'accès à la justice dans les provinces montagneuses, notamment à Dien Bien et Lao Cai, tout en renforçant les capacités des acteurs de l'aide juridique.

Visite guidée du système du Centre d'innovation Industrie 4.0 de l'Université internationale Miên Dông. Photo : VNA

Les compétences numériques et en IA obligatoires pour les diplômés universitaires

Conformément à la circulaire n° 54/2026/TT-BGDDT relative aux programmes d’enseignement supérieur, les résultats d’apprentissage doivent être définis comme des compétences mesurables et évaluables, fournissant la base de la conception des programmes, de l’enseignement, de l’évaluation, de l’amélioration de la qualité, de la reconnaissance des crédits et de la délivrance des diplômes.