Des enceintes en bambou, un projet chic et éthique

Une start-up franco-vietnamienne se lance dans des produits high-tech à la fois respectueux de l’environnement et responsables socialement, sans oublier une touche esthétique et moderne.
Des enceintes en bambou, un projet chic et éthique ảnh 1La technique du bambou enroulé prouve qu’un savoir-faire ancestral est toujours d’actualité. Photo : CVN
 

Hanoi (VNA) - Une start-up franco-vietnamienne se lance dans des produits high-tech à la fois respectueux de l’environnement et responsables socialement, sans oublier une touche esthétique et moderne. Une campagne de financement participatif vient d’être lancée sur Kickstarter.

C’est sans doute un pari qui pouvait il y a encore quelques temps paraître un peu fou. Mais à y réfléchir, c’est plutôt une histoire dans l’air du temps. Un jeune, qui à des milliers de kilomètres de chez lui, se lance dans une idée mêlant technologie, esthétique et développement durable.

Un concept unique et des valeurs fortes, une recette quasi miracle qui a poussé Bruno Chandon, le fondateur de Hazang, à franchir le pas. «Il est pour moi indispensable d'innover et de créer dans le domaine du développement durable et de l’écologie. Mon objectif est d'avoir un impact positif !», partage l’ancien ingénieur de chez PSA Peugeot Citroën dans le département recherche et innovation.

Hazang, c’est une toute jeune start-up franco-vietnamienne qui propose des produits modernes et technologiques, mais faits à la main et à partir de matériaux naturels. Aujourd’hui, le premier produit commercialisé est une enceinte Bluethooth, réalisée à partir de bambou. Un petit bijou high-tech et design, vendu entre 300 et 550 euros selon le modèle, et qui ravira les  mélomanes et ceux soucieux d’acheter «responsable».

Court-circuiter le plastique

Tout d’abord, le choix du bambou n’est pas anodin. Elle est l’une des plantes avec la plus faible empreinte écologique au monde, sa culture ayant très peu d’impact sur l’environnement par rapport à d’autres. Certaines variétés peuvent en effet croître de près d’un mètre par jour, et le bambou nécessite ni engrais ou pesticide ni irrigation. Et c’est sans compter qu’il est totalement recyclable.

Des enceintes en bambou, un projet chic et éthique ảnh 2Les enceintes existent sous différentes tailles, et peuvent être personnalisées selon les envies. Photo : CVN

De plus, il capte 30% de plus de CO2 que le bois, et libère tout autant d’oxygène dans l’air. Enfin, le matériau est extrêmement solide et résistant, tout en offrant une excellente qualité de résonance. 

Pour le fondateur, c’est offrir une alternative crédible au plastique qui inonde les produits du quotidien et nuit considérablement à l’environnement. La production du plastique est avant tout une source de gaz à effet de serre (la matière étant un dérivé du pétrole), et il faut compter dans sa production l’ajout de nombreux additifs, parfois toxiques à l’image du bisphénol A. Quasiment non biodégradable, les déchets plastiques constituent des menaces réelles et toxiques pour les écosystèmes terrestres et marins.

Dans le souci de limiter le gaspillage des ressources, le système des enceintes a été développé pour durer, et surtout pour être réparable, chose devenue rare dans l’industrie de l’électronique habituée à l’obsolescence programmée.

Intégrer un savoir-faire 100% vietnamien

Hazang est aussi une manière d’allier la technologie avec l’artisanat local et le respect des conditions de travail. Bruno a d’abord eu l’opportunité en 2015 de collaborer avec YNOT à Hanoi, un magasin de décoration intérieure qui s’associe avec des artisans de la région. À l’occasion d’un voyage dans la périphérie de Hanoi, il découvre un village dont l’économie est entièrement dédiée à l’artisanat du bambou enroulé, utilisé usuellement pour faire des bols et des vases.

Des enceintes en bambou, un projet chic et éthique ảnh 3Bruno et Chung, deux piliers du projet Hazang. Photo : CVN

Un savoir-faire transmis de génération en génération, devenu la source principale de revenu dans la région. «C’est une méthode très ingénieuse, et elle permet avec très peu d'outils de réaliser des formes originales et esthétiques», souligne-t-il. Cela permettra entre autres de créer une baffle rigide de forme sphérique, idéale pour la réalisation d'enceintes de qualité.

Conquis, l’ancien ingénieur va passer plusieurs semaines auprès de Chung, un artisan local, qui lui enseignera l’art et les techniques. Des moments précieux, pour tisser une relation de confiance avec tout le village pour lancer le projet.

En effet, les locaux participent activement à l’élaboration des enceintes, sans pour autant changer leurs habitudes et méthodes. «L’organisation dans le village est très intéressante et propose une alternative aux immenses usines et au travail à la chaîne : le travail est dispatché dans le village entre les différents travailleurs et tout reste rural, chacun peut travailler depuis chez lui», confie Bruno.

Le design a quand à lui été confié à Marie Hautecoeur, l’une des fondatrice de YNOT, et c’est la société française La Maison du Haut Parleur qui a développé la partie acoustique.

Seule issue : le financement participatif

Mais vient l’épineux et délicat sujet du financement pour lancer la première production d’enceintes en bambou pour novembre. «L'impact social ou écologique n'est pas un critère aujourd'hui pour les établissements bancaires», avoue Bruno. Hazang se doit alors de prouver que les consommateurs se montrent intéressés par le développement durable et qu’il y a une réelle demande pour ce genre de produits alternatifs pour espérer capter l’attention des banques.

Autre solution, passer par le financement participatif. La start-up vient de lancer sa campagne sur la plateforme Kickstarter (https://www.kickstarter.com/projects/1299448184/hazang-luxury-bamboo-speakers-handcrafted-in-vietn?ref=discovery), avec pour objectif de récolter 12.500 euros.

Et quid de la suite ? Des contacts sont déjà en cours pour distribuer les enceintes, en dehors de leur site internet, dans des concepts-stores et des sites de e-commerces. Et bonne nouvelle, Hazang vient d’intégrer l’incubateur Bond'Innov (http://www.bondinnov.com) spécialisé dans les projets Nord Sud à fort impact économique et sociétal. Mais Bruno espère surtout que la campagne sur Kickstarter permettra d’ouvrir de nouvelles opportunités pour Hazang. «Cela nous ouvrira la voie pour de nouveaux produits encore plus esthétiques, et durables», conclut-il. -CVN/VNA

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