Des actions décisives pour réduire la pauvreté

Économiste de formation, le Belge Bernard Kervyn est installé depuis 25 ans au Vietnam. Là où il a créé Mékong Plus avec quelques amis français. Une association en pleine expansion.

​Hanoï (VNA) - Économiste de formation, le Belge Bernard Kervyn est installé depuis 25 ans au Vietnam. Là où il a créé Mékong Plus avec quelques amis français. Une association en pleine expansion.

Des actions décisives pour réduire la pauvreté ảnh 1Bernard Kervyn, installé au Vietnam depuis 25 ans, a le cœur sur la main.

C’est à l’âge de 17 ans que Bernard Kervyn tombe sur les ouvrages de l’agronome français René Dumont. Il est bouleversé parce qu’il y lit et décide qu’après ses études, il déploiera toute son énergie à la réduction de la grande pauvreté. Mékong Plus (www.mekong-plus.com) a été pensée pour cela.

Partie avec un peu d’argent, l’association a grandi. Elle travaille aujourd’hui dans 800 villages et bientôt un millier. Les résultats permettent de s’étendre sans augmenter les budgets en proportion. La pauvreté a été réduite grâce au microcrédit et à un support technique très concret "à la ferme". En moyenne, il est dépensé 78 euros par an par ménage, comprenant prêt, formations et suivi. L’augmentation des revenus est rapide.

Mékong Quilts, la belle trouvaille

Des actions décisives pour réduire la pauvreté ảnh 2Une équipe de quilteuses très concentrées.

En effet, Mékong Plus démarre avec les plus pauvres qui gagnent chacun 50 cents par jour et elle arrive à doubler voire tripler ce chiffre en quatre ou cinq ans. L’augmentation des revenus est en moyenne de 228 euros par an par ménage !

Un super rendement sur un petit investissement très ciblé à chaque fois. Quelque 6.800 familles ont été sorties d’affaires et 6.300 autres sont en cours de prêt.

Mékong Plus travaille dans des régions rurales éloignées, où les revenus sont de moitié inférieurs à la moyenne nationale. Bernard Kervyn complète :"Ma plus grande satisfaction, c’est que Mékong Plus ait pu créer des équipes très motivées et expérimentées. J’ai toujours été le seul expatrié et les cadres vietnamiens ont pris les choses en main. Toute notre administration est basée dans les villages. Les frais généraux sont ainsi réduits au minimum".

Et pour aller encore plus loin dans la lutte contre la grande pauvreté, rien de tel que de diversifier les sources d’emploi. C’est ce qui a amené à la création de Mékong Quilts, une entreprise sociale, car au Vietnam, une ONG ne peut rien vendre.

L’entreprise sociale a ouvert des magasins à Hô Chi Minh-Ville (68, rue Lê Loi, 1er arrondissement), à Hôi An (136 rue Trân Phú) et à Hanoï (13 rue Hàng Bac). Elle donne du travail à 200 villageoises qui sont chargées de la confection de quilts, coussins, mais aussi de multiples accessoires en coton. D’autres produits sont également  utilisés parmi les ressources naturelles locales : la jacinthe d’eau, le bambou, le rotin et même le papier mâché.
 

Des actions décisives pour réduire la pauvreté ảnh 3De jeunes "bamboobikers" aident aux récoltes dans le delta du Mékong.

L’objectif de Mékong Quilts est double. D’abord, il s’agit de créer des emplois valorisants. Ainsi, les revenus des artisanes sont doublés. Pas question de faire de la qualité moyenne "pour aider les pauvres" : la qualité est du meilleur niveau et Mékong Quilts investit beaucoup dans la formation des artisanes.

Le deuxième objectif est de soutenir le développement dans les mêmes villages visés par Mékong Plus. Les bénéfices de Mékong Quilts servent par exemple à financer des bourses scolaires pour les 2% d’enfants les plus pauvres.

Mékong Quilts soigne ses artisanes qui en ont bien besoin. On dit que tout achat d’un coussin ou d’un quilt double leurs revenus ! Cela génère de petits bénéfices qui retournent tout droit au village.

C’est le cas de Madame Anh. "Quilteuse" depuis plusieurs années, elle a perdu son mari dans un accident et doit nourrir quatre enfants dont un handicapé moteur. Elle se démène pour joindre les deux bouts. "Cela fait 40 ans que je travaille pour le développement au Bangladesh, au Vietnam ou au Cambodge, mais voilà encore une famille que je ne comprends pas : comment s’en sortent-ils ?!". C’est ce que ne cesse de répéter Bernard Kervyn quand on le questionne.

Madame Anh fait donc partie des quilteuses qui travaillent pour Mékong Quilts. Elle reçoit, elle aussi, un microcrédit de 75 euros pour élever des poules ainsi qu’un soutien technique. Elle réalise de beaux bénéfices malgré des fonds qui manquent cruellement du côté de Mékong Plus.

Dernière idée en date : les "bamboobikers"

 

Des actions décisives pour réduire la pauvreté ảnh 4Le vélo, moyen de transport parfait pour rendre visite aux villageois.

Trouver les fonds pour les projets, on le voit bien, est un vrai cauchemar pour toute ONG. Ainsi, Bernard et ses amis sont allés plus loin en organisant des visites des projets à vélo.

Aussi, des vélos en bambou sont-ils construits par Mékong Quilts depuis peu. Plus de 100 bamboobikers ont ainsi parcouru le delta du Mékong. À vélo, les visiteurs sont beaucoup plus proches des villageois et les contacts sont souvent extraordinaires. Chaque bamboobiker contribue au fonctionnement des projets à hauteur de 100 dollars par jour.

Sylvie a vécu cette expérience incroyable : "Ces quelques jours passés ensemble à la découverte des projets de Mékong Plus nous ont permis de comprendre toute la signification de son slogan : +Le développement marche quand tout le monde participe+. Nous avons été particulièrement touchés par la rencontre avec les différentes familles qui bénéficient du soutien de Mékong Plus. De tout le voyage, c’est ce que nous avons préféré".

Alors, rejoignez ces bamboobikers ou soutenez Mékong Plus ! Une belle résolution pour 2018 et l’Année du Chien.-CVN/VNA

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