CPTPP : Identification des opportunités et des défis pour les produits agricoles

Selon le président de l’Association des agriculteurs du Vietnam, la proportion des produits bruts dans les exportations de produits agricoles est encore élevée.
CPTPP : Identification des opportunités et des défis pour les produits agricoles ảnh 1Le président de l’Association des agriculteurs du Vietnam, Thao Xuan Sung. Photo : Vietnam+

Ces dernières années, le montant des exportations vietnamiennes de produits agricoles et aquatiques est élevé. Le Vietnam figure parmi les plus grands exportateurs mondiaux de certains produits.

Cependant, le renforcement de l’intégration internationale impose pas moins de défis aux produits vietnamiens qui doivent satisfaire à des normes et exigences beaucoup plus strictes.

Il s’agissait l’une des questions abordées lors d’un colloque intitulé « CPTPP : opportunités et défis pour les produits agricoles vietnamiens ». Cet événement a été  organisé le 2 juillet à Hanoï par le ministère de l’Industrie et du Commerce, en coopération avec le Comité central de l’Association des agriculteurs du Vietnam et le journal « Nong thon ngay nay » (Campagne d’aujourd’hui).

La proportion des produits bruts demeure élevée

Selon Thao Xuan Sung, président de l’Association des agriculteurs du Vietnam, le secteur de l’agriculture et du développement rural s’est fortement amélioré et a réalisé des avancées dignes de fierté.

En 2018, les exportations de produits agricoles et aquatiques ont rapporté au Vietnam 26,59 milliards de dollars, représentant 10,9% du total des exportations nationales. Au cours des cinq premiers mois 2019, les exportations vietnamiennes de produits agricoles se sont chiffrées à 10,2 milliards de dollars.

Le Vietnam est actuellement l’un des plus grands exportateurs mondiaux de différents produits tels que riz, poivre, noix de cajou, produis aquatiques, légumes et fruits, denrées alimentaires. Les marques vietnamiennes dans ces filières se sont renforcées avec une compétitivité croissante dans le cadre des accords de libre-échange.

Cependant, le secteur agricole révèle encore des limites et faiblesses. Le président de l’Association des agriculteurs du Vietnam a souligné que la qualité des produits agricoles, mais aussi leur consommation et leur distribution, laissaient encore à désirer.

Il a cité, comme exemple, la proportion élevée des produits bruts dans les exportations. Le nombre de produits de qualité et de chaînes de valeur dans le secteur agricole est modeste. Or, les chaînes de valeur disponibles sont faibles, les liens entre les marchés national et international se heurtent à nombre d’obstacles.

« Cette situation empêche l’augmentation du nombre de produits agricoles exportés à l’étranger, notamment sur les grands marchés qui sont exigeants », a affirmé le président de l’Association des agriculteurs du Vietnam, Thao Xuan Sung.

Nguyen Hoang Oanh, directrice du Département des marchés de l’Asie et de l’Afrique (relevant du ministère de l’Industrie et du Commerce), a indiqué que les produits agricoles et aquatiques avaient un rôle important dans les exportations nationales.

Les principaux débouchés des produits agricoles et aquatiques vietnamiens sont la Chine, les Etats-Unis, l’Union européenne (UE), l’ASEAN (Association des Nations de l’Asie du Sud-Est), le Japon, la République de Corée… La Chine est actuellement le plus grand importateur en représentant 27,3%, des exportations vietnamiennes de ces produits, devant les Etats-Unis (13,8%) et l’UE (15,4%).

Cepedant, même les clients traditionnels et assez faciles comme la Chine ont déjà commencé à resserrer leurs réglementations concernant les importations de produits agricoles vietnamiens. C’est pourquoi, les exportations de produits agricoles et aquatiques en Chine n’ont rapporté au cours des cinq premiers mois 2019 que 2,78 milliards de dollars, soit une baisse de 10,2% en un an.

Hong Sun, secrétaire général de la Chambre sud-coréenne de Commerce au Vietnam (KORCHAM), a indiqué que le Vietnam, en dépit de ses avantages liés à la grande diversité des produits agricoles, sylvicoles et aquatiques, n’était pas capable de répondre aux demandes et exigences des partenaires sud-coréens.

Rechercher des informations sur les entreprises vietnamiennes est déjà une mission difficile car la partie vietnamienne est peu professionnelle sur cet aspect, a indiqué Hong Sun.

« Nous espérons que le Vietnam continuera d’investir dans l’agroalimentaire pour avoir davantage de produits frais et conservables », a dit le secrétaire général de la KORCHAM.

Faire de la pression concurrentielle une motivation de développement

L’Accord global et progressif de partenariat transpacifique (CPTPP) est entré en vigueur au Vietnam le 14 janvier 2019. Cet accord de libre-échange de « nouvelle génération » comprend un niveau d’engagement plus élevé que les autres accords de libre-échange et les engagements pris au moment d’adhésion à l’OMC.

Dans le but de saisir au mieux les opportunités engendrées par le CPTPP, Pham Quynh Mai, directrice adjointe du Département des politiques commerciales multilatérales (relevant du ministère de l’Industrie et du Commerce), a conseillé aux entreprises de faire de la pression concurrentielle une motivation de changement et de développement.

« Le CPTPP apportera certainement des opportunités aux entreprises qui chercheront à s’adapter aux changements du climat des affaires dus à l’intégration internationale », a-t-elle déclaré.

De son côté, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Tran Tuan Anh, a souligné que l’application des technologies modernes permettrait au secteur agricole d’augmenter la productivité du travail, d’améliorer la qualité des produits, de satisfaire aux normes techniques élevées dans le cadre du CPTPP.

La Nouvelle-Zélande est un exemple en matière d’exportation de produits agricoles.

Bien que ce pays n’ait une population de 5 millions de personnes et une superficie équivalente à deux tiers de celle du Vietnam, son secteur agricole représente 80% des exportations et 15% de la main-d’œuvre nationales.

Selon des experts néo-zélandais, il est tout d’abord nécessaire de bien comprendre les règles du jeu. Il est également important de diversifier les produits agricoles et, plus généralement, les produits d’exportation.

De son côté, le gouvernement doit adopter des actions rigoureuses pour approfondir les liens entre les parties concernées, promouvoir la spécialisation et la coopération à l’intérieur du pays, privilégier certaines filières au service des exportations pour exploiter au mieux les ressources domestiques./.(Vietnam+)

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