Commerce international : les entreprises doivent se défendre

La conférence récapitulative «Bilan de l’application des ordonnances de défense commerciale et définition des mesures à prendre» a eu lieu le 29 juin à Hô Chi Minh-Ville.
Commerce international : les entreprises doivent se défendre ảnh 1Une vue sur la conférence, le 29 juin à Hô Chi Minh-Ville. Photo: VNA
 

Hô Chi Minh-Ville (VNA) - Bien que les ordonnances sur la défense commerciale prises par le gouvernement remontent à l’année 2004, de nombreuses entreprises vietnamiennes n’ont toujours pas saisi, aujourd’hui encore, l’importance de ces textes pour leur activité.

Il s’agit de l’un des constats faits par les administrations, les organismes et les spécialistes participant à la conférence récapitulative «Bilan de l’application des ordonnances de défense commerciale et définition des mesures à prendre» qui a été co-organisée le 29 juin à Hô Chi Minh-Ville par l’Autorité de la concurrence, relevant du ministère de l’Industrie et du Commerce, et le Centre de l’organisation mondiale du commerce et de l’intégration, relevant de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Vietnam.

Peu d’entreprises s’intéressent à la défense commerciale

Le rapport de l’Autorité de la concurrence souligne que les ordonnances sur la défense commerciale, entrées en vigueur il y a plus de sept ans, sont encore négligées par les entreprises et les associations professionnelles, y compris en cas de litige avéré, dans leurs relations d’affaires à l’international, et ce, en dépit du fait qu’elles et les pays sont en plein processus d’intégration à l’économie mondiale.

Commerce international : les entreprises doivent se défendre ảnh 2Nguyên Phuong Nam, directeur adjoint de l’Autorité de la concurrence. Photo: VNA

En effet, en un peu plus de dix ans, seulement près de cent procédures relevant de la défense commerciale ont été engagées par des entreprises vietnamiennes, dont 72 en dumping, 7 en subvention publique, outre 17 autres de diverse nature.

«Nombreuses sont les entreprises qui hésitent à engager des procédures en matière de défense commerciale, ou même à simplement recourir à l’office d’un avocat et, en cas contraire, sont réticentes ou ont des problèmes pour renseigner suffisamment leurs dossiers, y compris ceux qui sont destinés aux organismes d’enquête», a souligné Nguyên Thi Huong Giang, chef adjointe du Bureau de traitement des litiges de défense commerciale de l’Autorité de la concurrence.

En dehors de la question du coût de telles procédures, qui concerne essentiellement les PME, la collation de documents et de preuves s’avère toujours problématique. En effet, selon un sondage effectué par le Centre de l’organisation mondiale du commerce et de l’intégration, 71% des entreprises ont répondu qu’il était difficile de réunir les éléments nécessaires pour constituer un dossier, en particulier pour démontrer les pratiques déloyales, notamment en termes de marges comparées des produits importés et des produits domestiques, réduisant à néant toute perspective de procédure.

Pis, des difficultés plus élémentaires ont été constatées car, «si 35% affirment ne pas être en mesure de démontrer les pertes résultant de pratiques déloyales d’entreprises étrangères, près de 62%, en revanche, sont incertaines de la réalité de telles pratiques... contre seulement 4% qui ne rencontrent aucun problème avec le second point comme avec le premier en vue de l’introduction d’une procédure», a précisé la directrice du centre, Nguyên Thi Thu Trang.

L’Autorité de la concurrence prête à soutenir les entreprises

Pourtant, les cas dans lesquels une procédure de défense commerciale pourrait être engagée auprès de l’une ou l’autre des autorités administratives sont loin d’être rares. Néanmoins, et pour ne prendre que le cas de l’Autorité de la concurrence, deux seulement ont été dilligentées par cette dernière, pour des cas de dumping sur des produits de l’acier.

Une situation à laquelle il pourrait être remédié de la manière la plus simple : «nous sommes prêts à assister les entreprises à constituer un dossier conforme aux exigences procédurales», a affirmé le directeur adjoint de l’Autorité de la concurrence, Nguyên Phuong Nam. Mais un changement de comportement en amont est aussi, sinon plus important selon lui : les entreprises doivent communiquer et coopérer entre elles comme avec les organismes professionnels et administratifs, et ces derniers, entre eux, afin de mener une veille efficace dans leurs secteurs et d’améliorer les conditions de défense commerciale des entreprises.

«Aujourd’hui, le bilan de l’application de ces ordonnances est très limité compte tenu du faible nombre de cas, de sorte qu’il est difficile d’en percevoir les défauts sur le plan pratique, or, nous avons absolument besoin des opinions et des avis des entreprises en la matière pour améliorer cette réglementation, comme pour en faire une loi en vue de lui conférer une plus forte autorité», a demandé Nguyên Phuong Nam.

Actuellement, l’Autorité de la concurrence mène trois procédures, ce qui est peu, mais peut être considéré comme un bon signe, estiment des spécialistes. Cela n’empêche pas cet organisme, toutefois, d’améliorer les dispositions de ces textes qui assurent également le respect des règles de l’Organisation mondiale du commerce, ni de seconder les cabinets d’avocat dans l’établissement de consultations en la matière.

Partageant les remarques des spécialistes, le Docteur Nguyên Ngoc Son, doyen de la Faculté de droit de l’Université Tôn Duc Thang, a demandé aux organismes compétents d’établir un réseau d’informations, ainsi que les modalités de leur emploi afin de garantir la confidentialité des intervenants.

Les méthodes de calcul des seuils de dumping, d’allocation d’échange comme tous les moyens de défense commerciale, doivent être expliqués en détail et de la manière la plus claire possible. Il a également suggéré que l’Autorité de la concurrence conçoive des guides sur les mesures de défense commerciale, leur application, et plus particulièrement le dépôt d’un dossier pour chaque catégorie de procédures, afin d’éviter aux entreprises toutes difficultés sur ces points et, surtout, de faciliter leur prise de décision. -CVN/VNA

Voir plus

Photo d'illustration: VNA

Semi-conducteurs : la feuille de route d'un expert français pour le Vietnam

Le Vietnam devra passer d'une phase de définition de vision à une organisation rigoureuse de l'exécution, en identifiant des ressources précises, en construisant des fondements techniques et en créant des passerelles concrètes entre entreprises, instituts de recherche et centres de formation.

La conférence de presse mensuelle du ministère des Sciences et des Technologies. Photo: VietnamPlus

Transformation numérique : un nouveau cadre pour accélérer la transition

L’entrée en vigueur de la Loi sur la transformation numérique, accompagnée de nouveaux textes réglementaires, stratégies et normes nationales, marque une étape décisive dans le développement de la transformation numérique au Vietnam. Les autorités entendent désormais lever les principaux obstacles afin d’accélérer la construction d’un gouvernement, d’une économie et d’une société numériques.

Les exportations de homards devraient entrer dans le club des produits à un milliard de dollars cette année. Photo: VNA

De nouveaux produits agricoles à un milliard de dollars d’exportations émergent

Les exportations agricoles du Vietnam ont atteint 36 milliards de dollars au premier semestre 2026, soit une hausse de 6% sur un an. Bien que la croissance globale soit restée inférieure à l’objectif gouvernemental à deux chiffres, plusieurs produits ont enregistré de solides performances et présentent un potentiel d’exportation important.

Le Dr Nguyên Minh Triêt à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW). Photo diffusée par la VNA

Investir dans les compétences clés pour élever l’industrie des semi-conducteurs

L’objectif ultime du Vietnam ne devrait pas se limiter à une simple présence dans l’industrie des semi-conducteurs, mais à la maîtrise progressive des segments à forte valeur ajoutée et à forte intensité de connaissances de la chaîne de valeur, afin de devenir un maillon essentiel de la chaîne d’approvisionnement mondiale des semi-conducteurs.

Le membre du Bureau politique et secrétaire du Comité du Parti de Hanoï, Tran Duc Thang, reçoit le 30 juillet à Hanoï, une délégation de Central Retail Vietnam conduite par son directeur général, Olivier Bernard R. Langlet. Photo: VNA

Hanoï encourage Central Retail Vietnam à poursuivre ses investissements dans les réseaux de distribution modernes

Les autorités de Hanoï ont salué la stratégie d’investissement à long terme de Central Retail Vietnam et exprimé leur souhait de voir le groupe poursuivre l’expansion de son réseau de distribution moderne dans la capitale, contribuant ainsi à la croissance économique locale, à la valorisation des produits vietnamiens et à l’amélioration de la qualité de vie des habitants.

Chaîne de production d'emballages de la Société par actions de Production et d'Import-Export d'Emballages Thang Long, répondant aux exigences de nombreux clients nationaux et internationaux. Photo: VNA

M&A au Vietnam : Les flux de capitaux ciblent les infrastructures IA et les entreprises de qualité

Le marché vietnamien des fusions-acquisitions (M&A) entre dans une phase plus sélective, marquée par l’intérêt croissant des investisseurs pour les entreprises solides, les infrastructures liées à l’intelligence artificielle (IA) et les projets créateurs de valeur à long terme. La progression des investissements étrangers et les politiques de soutien du gouvernement devraient renforcer cette dynamique.

Le vice-Premier ministre Lê Tiên Châu et les délégués lors de la cérémonie de lancement de la zone de libre-échange de Hai Phong, à Hai Phong, le 30 juillet. Photo : VNA

La Zone économique spécialisée et la Zone de libre-échange de Hai Phong font leurs débuts

Si elles sont bien organisées, ces institutions vont créer une nouvelle voie de développement pour Hai Phong, reliant la région ouest à la mer, de la production au commerce international, de l’attraction des capitaux à la réception des technologies, renforçant ainsi les capacités des entreprises vietnamiennes ; faisant d’elle un pôle de croissance stratégique pour la région du delta du fleuve Rouge, la région côtière du Nord et l’ensemble du pays.

Lors de la cérémonie d'inauguration. Photo : VNA

Vietravel Airlines ouvre une liaison directe Hô Chi Minh-Ville-Shenzhen

Vietravel Airlines ouvrira, à partir du 15 août, une liaison aérienne directe entre Hô Chi Minh-Ville et Shenzhen (Chine), afin de répondre à la demande croissante de déplacements entre les deux pays et de renforcer la connectivité entre le Vietnam et la région chinoise de la Grande Baie.

Deux touristes se font photographier avec des durians lors d'un événement vietnamien promouvant ce fruit savoureux. Photo: VNA

L’Inde ouvre son marché aux durians frais vietnamiens

L’Inde a ajouté le Vietnam à la liste des pays autorisés à exporter des durians frais, scientifiquement connus sous le nom de Durio zibethinus, destinés au marché indien. Elle n’exige pas de déclaration phytosanitaire supplémentaire sur le certificat phytosanitaire et ne stipule pas de conditions d’importation particulières pour cet article.