Comment les minorités ethniques du Nord-Ouest accueillent-elles le Têt?

Les Thai, les Tày, les Muong, les Dao… et bien d’autres ethnies ayant élu domicile dans le Nord-Ouest du Vietnam ont des façons originales d’accueillir le Nouvel An lunaire.

Hanoi (VNA) - Les Thai, les Tày, les Muong, les Dao… et bien d’autres ethnies ayant élu domicile dans le Nord-Ouest du Vietnam ont des façons originales d’accueillir le Nouvel An lunaire.

Chaque année, au dernier mois lunaire, les Khang qui habitent à Quynh Nhai, dans la province de Son La, vont dans la forêt chercher du bois, des feuilles de phrynium pour emballer les banh chung, et des feuilles de bananier sauvage pour emballer de la viande grillée et pour servir de napperon au plateau d’offrandes du Têt. A l’instar d’autres communautés, ce peuple a coutume de se laver les cheveux pour quitter l’année passée et accueillir la nouvelle. Mais attention, les femmes Khang ne peuvent le faire qu’à l’avant-dernier jour de l’année lunaire. Pas question de reporter ce rituel au dernier jour de l’année. Les Khang croient que l’âme des femmes est fragile et qu’elle peut être attaquée par les mauvais esprits, qui se baladent nombreux ce jour-là dans l’attente de la nouvelle année. Evidemment ce jour-là il y a aussi de bons esprits, mais mieux vaut prévenir les mauvaises rencontres… En revanche, les hommes sont forts et peuvent se laver les cheveux au dernier jour de l’année, sans avoir peur d’aucune malchance, affirme Lo Thi Phac, une Khang de Quynh Nhai.

«Pour se laver les cheveux, il faut un bassin contenant de l’eau ayant servi à laver du riz. On y trempe deux branches de feuilles différentes, puis on les agite trois fois sur sa tête en demandant aux malchances et aux maladies de l’année qui se termine de se laisser emporter avec cette eau. On prie aussi les ancêtres de nous donner, à nous, à notre famille et à notre village, une nouvelle année de climat clément, de bonnes récoltes et de bons élevages», précise-t-elle.

Comment les minorités ethniques du Nord-Ouest accueillent-elles le Têt? ảnh 1Le Au jour du Réveillon, Les Mông coupent trois branches de bambou ayant encore leur cime, attachent un bâtonnet d’encens sur chacune et font des trois branches assemblées un balai rituel.

Les Mông ont quant à eux l’habitude de renouveler l’autel des ancêtres à l’occasion du Têt. Le jour du Réveillon, le chef de famille coupe trois branches de bambou ayant encore leur cime, attache un bâtonnet d’encens sur chacune, et fait des trois branches assemblées un balai rituel avec lequel il balaye les coins de la maison et le pied du mur en direction de la porte centrale. Ensuite, il prend un balai ordinaire et balaye toutes les malchances pour accueillir une nouvelle année sereine et heureuse. Le rituel le plus important consiste à renouveler l’autel des ancêtres. Il faut savoir que l’autel des ancêtres traditionnel des Mông n’est qu’un morceau de bambou planté sur le mur, au-dessus duquel est collé un morceau de papier. A l’occasion du Têt, le chef de famille remplace à la fois ce bambou et ce papier. Il choisit un grand beau coq aux plumes rouges, l’égorge pour prendre du sang qui coule, arrache des plumes au cou, les trempe dans ce sang, et les colle sur le papier qu’il va appliquer contre le mur au-dessus du bambou. Par la suite, il cuisine le coq et le présente en offrandes, fait savoir Thao Thu Chia, un Mông de Son La.

«C’est juste après le Réveillon, aux premières minutes de la nouvelle année lunaire, que nous renouvelons l’autel des ancêtres pour accueillir de nouveaux bonheurs», indique-t-il. «Nous avons en outre coutume de nous lever à 3 ou 4 heures du matin le Jour de l’An pour sortir prendre le premier verre d’eau de l’année qui est censé apporter chance et abondance. Le Jour de l’An, on se rend visite entre voisins et échange les vœux. Ce jour-là, on évite de se déplacer loin, de prendre un véhicule et de dépenser de l’argent».

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Des femmes Dao confectionnent des gâteaux de riz gluant. Photo: VOV

Quant aux Dao, une autre communauté ethnique très présente dans le Nord-Ouest, ils veillent à ce que le plateau d’offrandes aux ancêtres à l’occasion du Têt soit rempli de viande de porc, de coq, de différents types de gâteaux de riz gluant et d’alcool. Chaque famille doit préparer au moins trois énormes bûches pour maintenir le feu dans la cuisine durant le dernier jour de l’année terminée et les deux premiers jours de la nouvelle. Le feu réchauffe la famille et symbolise le bonheur et la prospérité.

Le Têt est une excellente occasion pour les touristes de découvrir la diversité culturelle des ethnies du Nord-Ouest et d’admirer la beauté de la région au printemps. Ses forêts en fleurs et les costumes multicolores de ses habitants vous laisseront un très beau souvenir…-VNA/VOV

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