C'est du gâteau

Il est courant de dire "et si on se faisait un petit resto", manière de s'inviter à partager un repas dans un endroit sympathique. Aujourd'hui, je vous propose de "se faire une petite pâtisserie".
C'est du gâteau ảnh 1Des gâteaux à la pelle... à tarte? Photo: Hoàng Phuong/CVN

Hanoi (VNA) - Il est courant de dire "et si on se faisait un petit resto", manière de s'inviter à partager un repas dans un endroit sympathique. Aujourd'hui, je vous propose de "se faire une petite pâtisserie".

Que ceux qui imaginent que le Vietnam, qui connaît tout du grain de riz, ignore encore tout du grain de blé, se détrompent. Même, si la farine de riz tient encore le haut du pavé culinaire, la farine de blé s’est fait une place honorable. Elle s’est mise dans le pétrin et jour après jour, depuis quelques années, elle étale sa pâte brisée, feuilletée ou sablée. De pâte en gourmandise, le four est vite franchi. La porte aussi des pâtisseries qui exposent leurs gâteaux débordant de crème au beurre sur lesquels d’improbables monuments en sucre et chocolat apportent une note impériale.

Bien en bouche

Je me souviens des toutes premières pâtisseries que j’ai découvertes au début des années 2000. Elles proposaient d’énormes pièces montées sur deux ou trois étages destinées aux banquets ou mariage. Cylindres briochés, recouverts d’un crépi meringué, dégoulinants de crème chantilly, ces monstrueuses friandises étaient serties de fruits confits et de perles colorées en sucre. Pour les livrer, il fallait des boîtes semblables à celles qui contenaient des hauts de forme autrefois.

Pour y avoir quelque fois, plongé la cuillère à dessert et même les doigts, je dois avouer qu’il fallait un système digestif à toute épreuve. Et, je présente de nouveau mes plus sincères excuses à mon foie et mon pancréas contraints à déployer une activité hors du commun pour cause de surabondance lipidique. Mais, comme en toute chose, il faut voir le bon côté, je me dis que finalement, de tels gâteaux avaient le mérite de contenir suffisamment de corps gras pour servir de succédané à l’huile, au cas où elle viendrait à manquer pour cuire des œufs au plat.

Et puis, progressivement, les pâtissiers se sont multipliés et les gâteaux ont perdu de la hauteur. Ils se sont fait génoises, biscuits, mousses et se sont habillés de chocolat, crème au café, fruits frais… Les premiers pâtissiers étaient des architectes, les suivants sont des artistes. Ce qui n’est pas plus rassurant pour autant.

Œuvres d’art

En effet, un artiste, ça fait de belles choses qui séduisent l’œil, émoustillent les papilles, titillent l’odorat, suscitent l’envie… Disposés à la hauteur des yeux de nos bambins, ce sont de véritables défilés de mode pâtissière qui se dévoilent à leurs yeux extasiés. Ocres, roses, blanches ou bouton d’or, les robes sucrées  rivalisent d’audace.

Regardez celle-ci parée de cygnes en sucre candi qui flottent sur un étang de crème bordé de fleurs en chocolat. Et, celle-là festonnée de pâte d’amande violette et surmontée d’une collerette en nougatine. Ou encore, cette autre débordant de fruits frais brillants de gélatine sucrée. Tellement superbes que l’on hésite à détruire cette œuvre d’un coup de couteau. Ce n’est plus un gâteau qu’on se partage, c’est la Joconde qu’on assassine.

Notez que mon lyrisme confiseur atteint vite sa limite quand il s’agit, après un copieux repas, d’avaler une bouchée de ces incroyables œuvres d’art. Heureusement que ces gâteaux sont plutôt réservés aux repas de fête et que ces derniers sont somme toute assez rares dans l’année. L’obésité pointe suffisamment le bout de son ventre chez certains enfants aujourd’hui…

Mais, le marketing pâtissier ne s’arrête pas là. En effet, les derniers nés de ces temples de la gourmandise arborent de magnifiques étalages réfrigérés, illuminés de spots éblouissants, qui mettent en valeur une multitude de petits gâteaux fort semblables à ceux que nous pouvons trouver dans nos pâtisseries occidentales: mille-feuille, pet-de-nonne, paris-brest, petits fours, chou à la crème, macarons…

Ils s’alignent comme à la parade ventrus et prodigues de crème parfumée au café, à la vanille, à la fraise et autres ingrédients mystérieux qui les colorent de milles reflets. Et là, ça devient plus difficile de refuser l’achat de l’objet de désir vers lequel un doigt puéril se tend de manière compulsive… Triste sort que celui du père qui, pour satisfaire la goinfrerie de sa progéniture, sacrifie ses principes de diététique éducative… et dans le même temps son propre tour de taille car bien souvent après la deuxième bouchée, la friandise ne présente plus d’intérêt pour un estomac enfantin et le gâteau finit inéluctablement dans celui paternel.

Trop, c’est trop

Troisième et dernière génération, la pâtisserie-boulangerie. Ces nouveaux commerçants, non contents de proposer tout cet univers de gâteaux crémeux et sucrés, y ajoutent le pain et les viennoiseries.

En ce qui concerne le pain, on pourrait penser que dans un pays où l’on avale trois bols de riz à chaque repas et où la cuisine traditionnelle ne se fait pas “en sauce”, le pain est superflu… Et pourtant, le Vietnam semble s’encroûter en adoptant la baguette à la française qui défile sur les étalages de ces nouveaux temples ou levain rime avec pétrin. Cette gourmandise, si s’en est une, est surtout réservée aux adultes…

Mais, les viennoiseries, elles sont certainement plus perfides. En effet, les pains au raisin, croissants, et sablés, croustillants et dorés, sont parfaits pour des menottes enfantines: ça ne coule pas, ça peut s’émietter pour les poissons ou les oiseaux, ça peut finir dans le fond d’une poche pour y rassir tranquille, ça peut surtout se rapporter à maman qui adore ça.

Et, comble du consumérisme gourmand, les hyper-pâtisseries sont arrivées. Je n’évoque pas là d’énormes gâteaux pour géants gloutons, mais des magasins qui offrent des mètres linéaires regorgeant de gâteaux des plus classiques aux plus improbables. Tartelettes, biscuits, muffins, brioches, macarons, choux au chocolat, cakes… une masse de gâteaux à en rester baba.

Plateau et pince en main, le gourmand gourmet se déplace de rayon en rayon, choisit en se pourléchant, empile petits et gros gâteau déjà rassasié avant même de les avoir portés à la bouche. Ce genre d’établissement est au salon de thé ce que la machine à écrire est à la calligraphie. J’en connais un juste devant le Musée de la femme à Hanoï. Après avoir assouvi sa soif culturelle, on peut y contenter son appétence pour des saveurs beaucoup plus sucrées. À ses risques et périls.

Cette tranche de vie vous fait saliver? Rassurez-vous, il y a sûrement une pâtisserie près de chez vous.-CVN/VNA

Voir plus

Des experts de l'UNESCO à Hôi An. Photo: VNA

La diplomatie culturelle, vecteur du rayonnement international du Vietnam

Les efforts de diplomatie culturelle du Vietnam jouent un rôle essentiel dans le renforcement de sa présence internationale et la promotion d’un développement centré sur l’humain, a déclaré Jonathan Wallace Baker, représentant en chef de l’UNESCO au Vietnam. À l’approche du 50ᵉ anniversaire des relations entre l’organisation onusienne et Hanoï en 2026, il formule cinq priorités clés pour faire du patrimoine et des industries créatives un levier de croissance durable tout en préservant l’identité nationale.

Lancement officiel de Miss Charm Vietnam 2026 à Hô Chi Minh-Ville. Photo : organisateurs

Le concours Miss Charm Vietnam 2026 sublime l’identité culturelle

Les organisateurs affirment que les valeurs culturelles sont placées au cœur du processus de sélection. Au-delà de l’apparence physique, les candidates doivent faire preuve d’intelligence, d’assurance et d’une bonne compréhension de la culture vietnamienne, qu’elles aient un parcours personnel à partager et qu’elles soient capables de transmettre ces valeurs patrimoniales en utilisant le langage de la jeune génération.

Les enseignants vietnamiens à l’étranger posent pour une photo avec les « Ambassadeurs de la langue vietnamienne à l’étranger » 2026. Photo: VNA

Le Gala « Le vietnamien inoubliable » contribue à faire rayonner l’identité vietnamienne dans le monde

Le Gala « Tiếng Việt thân thương » 2026, organisé à Hanoi à l’occasion de la Journée de l’honneur de la langue vietnamienne au sein des communautés vietnamiennes à l’étranger, a mis à l’honneur huit « Ambassadeurs de la langue vietnamienne ». À travers cette initiative, les organisateurs entendent préserver et promouvoir la langue maternelle, considérée comme un lien avec les origines et une ressource de rayonnement de l’identité vietnamienne dans le monde.

Le secrétaire général du Parti et président vietnamien, Tô Lâm (droite), et le président de la Fédération internationale de football association (FIFA), Gianni Infantino, présent dans la capitale vietnamienne pour assister à la finale retour de l’ASEAN Cup 2026 entre le Vietnam et la Thaïlande. Photo: VNA

Le dirigeant Tô Lâm reçoit le président de la FIFA

Le secrétaire général et président Tô Lâm a reçu à Hanoï le président de la FIFA, Gianni Infantino, les deux parties exprimant leur volonté de renforcer leur coopération pour développer le football vietnamien.

La cérémonie de signature du mémorandum d’entente. Photo : hanoimoi.vn

Hanoi et Pékin renforcent leur coopération pour préserver le Temple de la Littérature

Hanoï et Pékin ont renforcé leur coopération dans la préservation et la valorisation du patrimoine culturel lié au Temple de la Littérature (Van Mieu-Quôc Tu Giam), à travers la signature d’un mémorandum d’entente destiné à intensifier les échanges d’expériences, la coopération professionnelle et les activités de recherche, de conservation et d’éducation patrimoniale.

Le président de la FIFA, Gianni Infantino. Photo: Xinhua/VNA

ASEAN Cup 2026 : Infantino attendu à Hanoï pour la finale Vietnam-Thaïlande

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, et le secrétaire général de l’instance, Mattias Grafström, assisteront le 26 août au stade national de My Dinh, à Hanoï, à la finale retour de l’ASEAN Cup 2026 entre le Vietnam et la Thaïlande. Leur présence souligne l’attention portée par la FIFA au développement du football en Asie du Sud-Est.

Les candidates à Miss Monde 2026 visitent les tours Cham de Po Nagar. Photo : Organisateurs

Les Miss internationales découvrent la nature, la culture et les traditions de Khanh Hoa

Les 111 candidates à Miss Monde 2026 ont été réparties en groupes pour découvrir les sites culturels, les métiers artisanaux traditionnels, les produits agricoles et les attractions naturelles de la province. Plutôt que de se contenter de visiter des lieux touristiques, elles ont rencontré des artisans, s’y sont essayés à la confection d’objets artisanaux, ont exploré les traditions locales et ont découvert les produits de la région.