Bourse: le Vietnam, un vrai marché émergent en devenir

La Bourse du Vietnam pourrait entrer bientôt dans l’indice MSCI Emerging Markets, mesurant la performance des marchés boursiers de pays à économie émergente, selon des investisseurs et experts.
Bourse: le Vietnam, un vrai marché émergent en devenir ảnh 1Le Vietnam a occupé le 3e rang parmi les marchés potentiels de l’indice MSCI AC Asia Pacific. Photo: VNA/CVN

Hanoï (VNA) - LaBourse du Vietnam pourrait entrer bientôt dans l’indice MSCI EmergingMarkets, mesurant la performance des marchés boursiers de pays àéconomie émergente, selon des investisseurs et experts.

À près 19 ans de développement, la Bourse vietnamienne est reconnuecomme le plus jeune marché au rythme de croissance élevé, 43% par an enmoyenne, en Asie du Sud-Est et en Asie de l’Est. En 2018, les achatsnets ont atteint leur plus haut niveau sur le marché boursier avec denombreuses opérations dépassant chacune les 100 millions de dollars etl’entrée en jeu de nombreux investisseurs sud-coréens, japonais etthaïlandais.

Plus de 278.000 milliards de dôngs (11,97 milliards de dollars) ont étémobilisés, en hausse de 14% par rapport à 2017. Ils comprenaient 192.000milliards de dôngs d’obligations levées pour le gouvernement et plusde 86.000 milliards pour les entreprises. La taille du marché boursier aaugmenté de 12,7% par rapport à 2017, soit l’équivalent de 71,6% duProduit intérieur brut (PIB).

De frontière à émergent

L’an dernier, si les investisseurs étrangers ont été vendeurs nets desactions asiatiques, ils ont été acheteurs nets du Vietnam. "Les acheteurs anticipent une ouverture progressive du marché vietnamien des capitaux", révèle Mario Timpanaro, gérant du Lumen Vietnam Fund.

L’indice FTSE Russell a mis le Vietnam sur la liste des pays quipourraient quitter la catégorie "frontière" pour rejoindre celle des"émergents", observe l’expert. "En réalité, FTSE Russell a placé le Vietnam sur sa liste de surveillance pour un éventuel reclassement à la hausse",partage Gauraw Srivastava, chef du Bureau de gestion des actifs de labanque vietnamienne VPBank, expert qui travaille depuis plusieurs annéessur le marché international des capitaux.

À noter que FTSE (Financial Times Stock Exchange) est une sociétéspécialisée dans le calcul et la publication d’indices financiers àdestination des marchés financiers mondiaux. Sa particularité est d’êtredétenue conjointement par la Bourse de Londres et le Financial Times.Le FTSE est similaire à la société Standard & Poor’s aux États-Unis.

Franchir le pas

Le fournisseur de services de données basé au Royaume-Uni a examinéquatre critères pour le marché vietnamien des actions, dont troisn’étaient pas remplis, à savoir le taux d’échec des paiements et destransactions, l’autorisation des opérations de change et la gestion descomptes des investisseurs étrangers. Le développement du marché desdérivés a été porté au niveau "limité".

Bao Viêt Securities Joint Stock Company (BVSC) a fait remarquer que,même si le Vietnam remplissait les neuf critères nécessaires, ilfaudrait au moins une année supplémentaire pour que le pays soitreclassé au rang de marché émergent.

BVSC est optimiste quant à cette perspective alors que le gouvernementperfectionne la Loi sur la Bourse (amendée) afin d’aider le Vietnam àêtre classé comme marché émergent par FTSE et Morgan Stanley CapitalInternational (MSCI). Le Vietnam a occupé le 3e rang parmiles marchés potentiels de l’indice MSCI AC Asia Pacific. De nombreuxinvestisseurs ont estimé que sa Bourse devrait se situer dans le MSCImarchés émergents.

Fin 2019 ou début 2020, ce sera au tour de l’indice MSCI de franchir lepas, prévoit Trân Van Dung, président de la Commission d’État de laBourse. Cela suppose aussi que le gouvernement remplisse les conditionsexigées par l’indice. L’introduction du marché, à terme, va dans cesens. La réduction des limites à la participation étrangère auxentreprises devrait également se poursuivre. Les entreprises"systémiques" ne devraient toutefois pas s’ouvrir.

Actions du gouvernement

Le gouvernement envisage de continuer de développer le marché boursierde manière durable et de promouvoir son rôle dans la constitution decapitaux à moyen et à long termes pour l’économie nationale, améliorantsa qualité et sa transparence.

Le vice-Premier ministre Vuong Dinh Huê a souligné la consolidation etle renforcement de la stabilité macroéconomique, indiquant que legouvernement prenait des mesures pour maintenir et accélérer lacroissance vietnamienne. Par le marché boursier, le gouvernement aréussi à lever des fonds pour une durée de 20 à 30 ans, ce qui contribueà l’augmentation des capitaux à long terme consacrés auxinvestissements publics et à la restructuration de la dette publique.

Cependant, il reste des lacunes, notamment une importance modeste, unetransparence améliorée mais encore peu optimale, une lente entrée enBourse de nombreuses entreprises actionnarisées et un manque deprofessionnalisme  de la part d’investisseurs.

Restructurer le marché

Le gouvernement poursuivra ses efforts pour améliorer le milieu del’investissement et des affaires, se résout à mettre en œuvre sapolitique de stabilisation macroéconomique, et considère l’économieprivée comme un moteur de la croissance économique. Le Premier ministreNguyên Xuân Phuc a approuvé un projet de restructuration du marchéboursier jusqu’en 2020 et à l’horizon 2025, dans le but d’en faire unimportant canal de régulation des capitaux à moyen et à long termes.

Le Vietnam a occupé le 3e rang parmi les marchés potentiels de l’indice MSCI AC Asia Pacific. Photo: VNA/CVN
Le projet vise notamment à mettre en place une structure raisonnable etéquilibrée entre les marchés monétaire et financier, entre le marchéboursier et celui des obligations d’État, ainsi qu’entre celui-ci et lemarché des obligations d’entreprise. Un fort soutien sera apporté à larestructuration des entreprises d’État, à l’innovation du modèle decroissance, au développement du secteur privé, au renforcement del’ouverture et de l’intégration aux marchés régionaux et mondiaux.

Parallèlement, le projet vise une échelle boursière équivalant à 100% duPIB en 2020 et à 120% en 2025, et à celle du marché obligatairereprésentant 47% du PIB en 2020 et 55% en 2025. Le nombre d’entreprisescotées en Bourse devrait augmenter de 20% en 2020 par rapport à 2017,tandis que celui des investisseurs devrait représenter 3% de lapopulation en 2020 et 5% en 2025.

Il s’agit également d’assurer une proportion appropriée d’investisseursindividuels et institutionnels, ainsi que d’investisseurs nationaux etétrangers, tout en favorisant la croissance du nombre d’investisseursprofessionnels sur le marché boursier. Dans le cadre du projet, lesproduits boursiers seront diversifiés. - CVN/VNA       
                                                    

source

Voir plus

Le ministre des Finances, Ngô Van Tuân, s'exprime devant l’Assemblée nationale de la 16e législature, le 21 avril. Photo: VNA

Réaliser une croissance à deux chiffres : "un défi de taille, mais une nécessité"

Depuis 1946, seules 13 économies dans le monde ont maintenu une croissance à deux chiffres pendant plus d’une décennie, leur permettant de passer du statut de pays à faible revenu ou en développement à celui de pays développé. Au cours des 40 années de rénovation du Vietnam, la croissance a dépassé les 9% à seulement deux reprises et n’a jamais atteint les deux chiffres.

Les forces compétentes de Ho Chi Minh-Ville surveillent strictement les navires de pêche ne remplissant pas les conditions requises pour prendre la mer. Photo : VNA

Ho Chi Minh-Ville renforce la lutte contre la pêche INN grâce à la numérisation des données

L’application du journal de pêche électronique à bord des navires hauturiers à Ho Chi Minh-Ville contribue à la modernisation de la gestion halieutique, au renforcement de la transparence des données et à un meilleur contrôle des activités d’exploitation des ressources marines, dans le cadre des efforts visant à lever l’avertissement sous forme de « carton jaune » lié à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

Production industrielle dans la province de Ninh Binh. Photo d'illustration : VNA

Les conglomérats nationaux indispensables à la croissance de la valeur des exportations

Les statistiques montrent que, représentant plus de 70 % du chiffre d’affaires total des exportations vietnamiennes, le secteur des investissements directs étrangers (IDE) continue d’accroître sa prédominance, soulignant la nécessité d’un leadership plus affirmé de la part des groupes économiques nationaux pour rééquilibrer la croissance.

Le vice-ministre des Finances, Trân Quôc Phuong, et le directeur général de l’ONUDI, Gerd Müller, signent le programme de coopération, à Hanoi, le 21 avril. Photo : thoibaotaichinhvietnam.vn

Le Vietnam et l’ONUDI coopèrent pour un développement industriel circulaire et inclusif

Le programme de coopération Vietnam-ONUDI pour la période 2025-2028 dispose d’un budget estimé à 72 millions de dollars et se concentre sur trois priorités : accélérer la transition vers une industrie verte et une économie circulaire ; renforcer la compétitivité industrielle et les chaînes de valeur durables ; et consolider les politiques industrielles, les capacités institutionnelles et les partenariats.

Le vice-Premier ministre Hô Quôc Dung (centre) préside la réunion consacrée au déploiement de la liste des technologies et produits technologiques stratégiques, à Hanoi, le 20 avril. Photo : VNA

Le Vietnam impulse la mise en œuvre des technologies et produits stratégiques

Cette liste est divisée en deux groupes : les technologies déjà implantées sur le marché et ayant un impact direct sur des secteurs tels que l’agriculture, la transformation industrielle, le textile et l’énergie ; et les technologies émergentes qui stimulent la croissance et garantissent l’autonomie en matière de sécurité et de défense, comme l’informatique quantique, les technologies des missiles, des petits réacteurs nucléaires, des petits satellites et des drones.

Outre l’augmentation du nombre et de la valeur des projets d’IDE, les nouveaux flux de capitaux vers le Vietnam devraient également présenter un contenu technologique plus élevé, contribuant ainsi à la transformation du modèle de croissance du pays. Photo: VNA

Le Vietnam devrait attirer 38 milliards de dollars d’IDE par an dans les cinq ans

La vague d’investissements étrangers au Vietnam continue d’être renforcée par des géants traditionnels comme Samsung, LG, Sumitomo et Mitsubishi, ainsi que par des entreprises de haute technologie émergentes telles que Microsoft et Nvidia, avec des projets de grande envergure d’une valeur de plusieurs milliards de dollars.

Le Vietnam construit un écosystème d’« économie circulaire » en boucle fermée, le secteur industriel étant le moteur du changement le plus radical et transformateur. Photo: VNA

L’industrie vietnamienne en pointe dans la transition vers une économie circulaire

L’économie circulaire n’est plus un simple choix politique : elle est devenue une tendance incontournable pour assurer une croissance durable et verte, renforcer la compétitivité nationale et internationale et atteindre l’objectif de neutralité carbone du Vietnam d’ici 2050. Elle constitue désormais une condition essentielle à la pérennité de l’expansion économique, notamment dans la production industrielle et les industries connexes.

Photo: Vietnam+

La transformation numérique, moteur de l’expansion du métro de Hanoï

Porté par la transformation numérique, le métro de Hanoï s’impose progressivement comme une solution de mobilité moderne, efficace et écologique. Entre hausse de la fréquentation, innovations technologiques et amélioration de l’expérience usager, le rail urbain renforce son rôle central face aux défis croissants de congestion et de pollution dans la capitale vietnamienne.

Des délégués ont découvert la culture du café dans la province de Dak Lak. Photo: nhandan.vn

Forum mondial sur le patrimoine du café : un espace de dialogue pour connecter les cultures et les savoirs globaux

Ce forum mondial a rassemblé des représentants ministériels, des diplomates des grandes puissances caféières ainsi que de nombreux experts et acteurs de la filière pour engager un dialogue multidimensionnel sur le rôle du café dans le contexte de la mondialisation. Il vise à définir le café comme un « patrimoine vivant », capable de tisser des liens entre les communautés et les civilisations pour devenir un langage universel de paix et de développement durable.