Al-Noor, l’unique mosquée de Hanoï

Alors que l’écrasante majorité de la population vietnamienne est athée, bouddhiste ou chrétienne, l’existence d’une minorité musulmane intrigue et peut surprendre.
Al-Noor, l’unique mosquée de Hanoï ảnh 1Mosquée Al-Noor, située dans la rue Hàng Luoc, au nord du Vieux quartier de Hanoï.

Hanoi (VNA) - Alors que l’écrasante majorité de la population vietnamienne est athée, bouddhiste ou chrétienne, l’existence d’une minorité musulmane intrigue et peut surprendre.

Située au 12, Hàng Luoc, au nord du Vieux quartier, la mosquée Al-Noor est l’unique de Hanoï et du Nord du Vietnam. D’une taille modeste, l’édifice religieux est à l’image de la communauté musulmane du pays: discret et relativement méconnu du grand public.

Sur le plan architectural, la mosquée est semblable à toutes les autres. On y trouve une salle de prière, l’enceinte, la fontaine, la tour (minaret), le minbar, le mihrab… "Celui-ci est orienté vers La Mecque, lieu saint de l’islam, puisque le prophète Mahomet y serait né à la fin du VIe siècle", explique Miêu Abbas, qui se présente à la fois comme l’administrateur et l’imam de la mosquée Al-Noor. "Je suis né dans une famille musulmane, je pratique l’islam depuis tout petit. Diplômé en mythologie en 2008, spécialisé dans le droit Shari’ah Islam et les sciences du Coran, je vis à Hanoï depuis 2005", confie-t-il.

Al-Noor fut construite entre 1885 et 1890 par des commerçants venus faire des affaires au Vietnam. "Elle est la seule mosquée non seulement de Hanoï, mais aussi du Nord du Vietnam. Elle a été construite par des commerçants indiens et pakistanais", raconte l’imam Miêu Abbas.

Le destin atypique de l’islam au Vietnam

Le lieu de culte était donc destiné à l’origine aux expatriés de confession musulmane vivant dans la capitale vietnamienne. Aujourd’hui encore, la majorité des fidèles sont des étrangers. La mosquée est pour eux le seul lieu de culte où ils peuvent pratiquer leur religion à Hanoï. C’est la raison pour laquelle on y croise des gens de tout âge, mais aussi de toutes les origines sociales. Il n’est pas rare d’y voir des officiels travaillant dans les ambassades de pays musulmans.  "La communauté musulmane de Hanoï est majoritairement composée des membres du corps diplomatique des pays où l’islam est la religion majoritaire", ajoute-t-il.

Miêu Abbas, l’homme à tout faire

Cependant, il existe bien une communauté musulmane vietnamienne, qui pratique un islam sunnite. Le dernier recensement officiel, datant de 1999, faisait état de 63.146 (moins de 100.000  musulmans vietnamiens), selon le Département général des statistiques. D’après Miêu Abbas, le pays compte aujourd’hui environ 80.000 musulmans, une goutte d’eau dans un pays de 92,7 millions d’habitants, selon les chiffres publiés en 2016 par France Diplomatie. 

La communauté musulmane de Hanoï doit beaucoup à Miêu Abbas, qui est bien plus qu’un simple imam. Il attache beaucoup d’importance à ce que la mosquée reste un lieu de culte respectueux, et que les fidèles pratiquent leur foi dans le respect du Coran mais aussi de la loi vietnamienne. Au quotidien, il doit bien sûr accompagner les fidèles dans la prière cinq fois par semaine. Mais il est également chargé de gérer la plupart des activités en lien avec la religion musulmane. "Je suis en charge de l’organisation de conférences sur l’islam. En outre, je dois préparer le Mois de Ramadan, organiser le pèlerinage à la Mecque, assister à un certain nombre de rencontres entre les différents responsables religieux au Vietnam et dans le monde".

Miêu Abbas est par ailleurs propriétaire d’une boucherie Halal, qui permet aux musulmans de manger une viande préparée conformément à leurs croyances. 

Enfin, dans la mosquée, ne cherchez pas de personnel! Miêu Abbas se charge lui-même d’entretenir les lieux.

En ce vendredi, jour particulièrement important dans la religion musulmane, les fidèles de la mosquée Al-Noor se sont réunis pour la prière du midi. Miêu Abbas doit mettre fin à notre rencontre pour aller prononcer son sermon, qui vise le plus souvent à transmettre des connaissances essentielles sur Dieu et l’islam, ou à donner des conseils à la communauté.

En ressortant de la mosquée Al-Noor, nous retrouvons les rues familières du Vieux quartier de Hanoï, mais notre sentiment est bien d’avoir découvert un Vietnam que nous ne connaissions pas. -CVN/VNA

Voir plus

Haches de pierre découvertes dans la grotte Én. Photo : Musée de la province de Quang Tri

Cinq haches de pierre préhistoriques refont surface à Phong Nha-Ke Bàng

Les premières analyses suggèrent que les haches de pierre datent d’il y a environ 6.000 à 8.000 ans, soit du Néolithique, et sont associées à la culture de Bau Tro, une culture archéologique du Néolithique final du Centre du Vietnam datant d’il y a environ 5.000 à 8.000 ans, connue grâce aux outils en pierre et aux poteries mis au jour dans la province de Quang Bình.

Une exposition consacrée au roi Hàm Nghi offre aux jeunes générations une meilleure compréhension de l’histoire et de la culture nationales, les sensibilisant ainsi davantage à la préservation et à la valorisation du patrimoine. Photo: VNA

Les classes ouvertes cultivent l’amour des jeunes pour le patrimoine

Au fil des ans, le Centre de conservation des monuments de Huê s’est imposé comme un chef de file national en matière d’éducation patrimoniale en milieu scolaire. Il a mis en place des modèles novateurs qui transforment les sites patrimoniaux en « classes ouvertes » et en outils pédagogiques dynamiques.

Le site de Ngoc Lang Nam Hai, dans la commune côtière de Phuoc Hai, à proximité de Ho Chi Minh-Ville, est le plus grand cimetière de baleines du Vietnam. Photo. VNA

Ngoc Lang Nam Hai, symbole spirituel et culturel des pêcheurs du littoral vietnamien

À Phuoc Hai, le site de Ngoc Lang Nam Hai, dans la commune côtière de Phuoc Hai, à proximité de Ho Chi Minh-Ville, est le plus grand cimetière de baleines du Vietnam. Il incarne une tradition spirituelle unique des pêcheurs, mêlant culte ancestral, identité culturelle maritime et efforts de préservation patrimoniale. Ce lieu occupe une place centrale dans la vie spirituelle des pêcheurs. Avant chaque sortie en mer, certains viennent y brûler de l’encens pour solliciter protection et abondance. 

Photo : VNA

Une procession de palanquins vers le Temple des rois Hùng, riche en singularité

La procession des palanquins vers le temple des rois Hùng est une tradition culturelle emblématique, profondément ancrée dans l’esprit communautaire et transmise de génération en génération. Elle rassemble fidèles et habitants dans une atmosphère solennelle et empreinte de ferveur, où se mêlent rites, offrandes et expressions de dévotion.
Elle incarne la morale « Boire de l’eau, se souvenir de sa source », tout en illustrant le respect et la reconnaissance voués aux ancêtres, fondateurs et bâtisseurs de la nation.

Le « maquillage facial », expression de l’âme et de l’essence du Tuông

Le « maquillage facial », expression de l’âme et de l’essence du Tuông

Dans l’art du Tuông (théâtre classique vietnamien), le maquillage scénique, communément appelé « ve mat » (peinture du visage), constitue l’un des éléments les plus emblématiques et fondamentaux. Véritable langage visuel, il permet au public de percevoir immédiatement la personnalité, le statut social et la moralité des personnages dès leur entrée en scène.

Présentation du projet de film sur le commandant légendaire Tran Hung Dao à Séoul. Photo: VNA

Un film sur Trân Hung Dao ouvre de nouvelles perspectives Vietnam–République de Corée

Le film retrace la vie et la carrière de Tran Hung Dao, le commandant légendaire qui a mené le peuple de l'ancien Vietnam, le Dai Viet, à la victoire contre les invasions mongoles à trois reprises au 13e siècle. Véritable symbole de patriotisme et de génie militaire, il est souvent comparé dans ce projet à l'amiral sud-coréen Yi Sun Sin pour son importance historique et culturelle.