À la recherche des plats perdus du Têt traditionnel

À l’évocation du "cô Têt" ou plateau de repas du Têt, on pourrait facilement imaginer des mets élaborés mécaniquement et inchangés d'année en année.
À la recherche des plats perdus du Têt traditionnel ảnh 1Une Hanoïenne prépare le "cô Têt" selon style traditionnel. Photo: CVN

Hanoï (VNA) - À l’évocation du "cô Têt" ou plateau de repas du Têt, on pourrait facilement imaginer des mets élaborés mécaniquement et inchangés d'année en année. Que nenni ! Certaines spécialités hanoïennes qui semblaient perdues à tout jamais sont remises au goût du jour par quelques passionnés.

La Nouvelle Année lunaire approche, la brume grise laisse place aux doux rayons de soleil, nous annonçant la fin de l’hiver et l’arrivée imminente du printemps. L’atmosphère du Têt est palpable, les gens s’affairent dans les préparatifs festifs An.

Sur la terre du Dragon, du Nord au Sud, chaque région possède sa propre identité, ses propres rituels et caractéristiques culinaires. Les Hanoïens, vraisemblablement les plus créatifs, ont su inventer au cours des siècles des plats uniques et savoureux.

Quintessence millénaire

Nous pouvons souvent avoir l’occasion de déguster des plats exquis typiquement hanoïens comme le bún thang (vermicelles de riz au bouillon de poulet), le miên xào muc (vermicelles de riz sautées avec des calamars), ou le canh bóng (potage à la couenne de porc soufflée, cuit avec des légumes). Peu de gens par contre connaissent le bo nuong kim tiên (bœuf et foie de porc grillés) et le moc vân am (gelée de boules de mortadelle). Ni même, le cuôn tôm (rouleau de crevette) élaboré avec quelques vermicelles de riz, une tranche de porc bouilli, une crevette frite mis dans une feuille de salade avant d’être enroulés et reliés par des tiges de ciboulettes bouillies.

Ou encore le bánh cà chua qui a été pendant longtemps un dessert présent sur le plateau de repas du Têt des Hanoïens. Autrefois, les grands-mères et mères le préparaient avec grande minutie. Il fallait combiner la farine de riz gluant avec de l’eau rouge extraite de la momordique avant de farcir le tout avec des haricots mungo et des morceaux de melon d’hiver confit, puis façonner la farce obtenue en forme de petites tomates et les faire bouillir.

L’urbanisation et la modernisation ont "érodé" les anciennes mœurs du Têt. Le plateau de repas du Têt d’aujourd’hui est rempli de viandes, de poissons, de confiseries venues d’ailleurs, symbolisant la prospérité et l’abondance. Il semble que plus le pays s’enrichit et se développe, plus les valeurs anciennes et traditionnelles disparaissent. Et si on demande aujourd’hui ce que sont le moc vân am, le xào hanh nhân ou le nem muc (nems au calamar), seules quelques vieilles personnes pourront donner une réponse correcte !

Ancienne saveur du Têt revisitée

Bien que ces plats tombent dans l’oubli et n’existent pratiquement plus que dans la nostalgie des octogénaires ou nonagénaires, nous voyons depuis quelques années un certain nombre de personnes qui cherchent à restaurer ces anciens "joyaux ternis". C’est le cas du cordon bleu Nguyên Phuong Hai, un Hanoïen passionné par les plats traditionnels. Cet amour l’amène à rencontrer des gens âgés et à collecter des informations sur les anciens plats avec l’espoir de les réhabiliter. M. Hai a commencé ses recherches à partir de 2004 et a dû faire  face à de nombreuses difficultés car les informations et les personnes connaissant les délices d’autrefois étaient rares.

Après plusieurs essais et nombres d’échecs, M. Hai a réussi à refaire plusieurs plats dont le plus exigeant est le moc vân am. Il y a des décennies, les Hanoïennes étaient largement réputées pour leur beauté élégante, leur douceur et leurs techniques culinaires subtiles. Le plat moc vân am est un met créé par les mains habiles et déposé sur l’autel pour le culte des ancêtres lors des jours du Têt.

Pour élaborer cette recette, les Hanoïennes utilisaient de la mortadelle de porc qu’il fallait teinter de couleurs naturelles : le rouge de la momordique, le vert des feuilles de manh công (Clinacanthus nutans), le jaune des graines de dành dành (jasmin du cap-gardenia jasminoides ellis) et la faisaient cuire à la vapeur après avoir été modelée en cinq boules colorés. Ces dernières étaient placées par la suite dans un bol. À cela s’ajoutaient le pois et la carotte taillée en fleurs. Les femmes versaient pour finir un bouillon à base d’os et de peau de porc ayant mijoté pendant quelques heures pour former la texture de gélatine.

Un autre plat rarement présent lors du Têt d’aujourd’hui est le xào hanh nhân qui se compose d’amandes, de chou-rave, de dolique bulbeux et de carottes découpées en petits morceaux. Ces légumes devaient être bouillis pendant quelques minutes avant d’être sautés rapidement à feu vif. C’est peut-être à cause de sa simplicité que ce plat a été négligé pendant plusieurs années.

Alors que les habitudes et modes de vie changent radicalement, on ne peut qu’espérer que ces plats délicats et subtils "revivront" dans les cuisines modernes, comme un hommage aux traditions et souvenirs du Têt d’antan. -CVN/VNA

Voir plus

Scène du film "Thỏ ơi", qui a été filmé clandestinement puis diffusé illégalement sur les réseaux sociaux seulement quelques jours après sa sortie. Photo : Galaxy Studio

Droit d’auteur : le Vietnam renforce les inspections dans l’environnement numérique

Le ministère vietnamien de la Culture, des Sports et du Tourisme a lancé un plan d’action visant à intensifier les contrôles et le traitement des violations du droit d’auteur, notamment dans les domaines des logiciels, des films, de la musique, des programmes télévisés et des jeux vidéo en ligne, conformément aux directives du Premier ministre sur la protection de la propriété intellectuelle.

Tay Ninh : Préserver le rythme de l'artisanat traditionnel de l'estuaire de Nhut Tao

Tay Ninh : Préserver le rythme de l'artisanat traditionnel de l'estuaire de Nhut Tao

Dans l’estuaire de Nhut Tao, dans le district de Tan Tru (ancienne province de Long An), les habitants, attachés à leur terre et à leurs traditions, cultivent chaque jour les champs de carex et font encore tourner les anciens moulins à riz. Ici perdure, au fil des gestes quotidiens, toute l’âme authentique de la vie rurale d’autrefois.

Photo : VNA

Hô Chi Minh-Ville fait renaître ses théâtres traditionnels

Malgré le passage du temps, les théâtres traditionnels de Hô Chi Minh-Ville poursuivent leurs efforts pour préserver et revitaliser leurs activités. La relance des œuvres classiques ainsi que l’intégration du patrimoine dans l’éducation et le tourisme témoignent de la vitalité des arts traditionnels au cœur de la métropole.

La série animée Wolfoo figure parmi les 10 finalistes du 7e Concours de cricket pour enfants. Photo : Comité d'organisation

Les 10 finalistes du Prix pour les enfants Dê mèn 2026 dévoilés

La 7e édition du prix pour les enfants Dê Mèn (Grillon) 2026 met à l’honneur la diversité de la création artistique destinée aux enfants au Vietnam, avec dix œuvres finalistes couvrant plusieurs disciplines culturelles et une participation remarquée de jeunes créateurs.

Le stand vietnamien attire un large public grâce à ses activités culturelles, ses spectacles artistiques traditionnels et ses spécialités culinaires, laissant une image positive du Vietnam auprès des visiteurs locaux et étrangers. Photo: VNA

Le Vietnam à l’honneur au Festival culturel mondial de Seongnam

Le Festival culturel mondial de Seongnam a mis à l’honneur la diversité culturelle et les échanges entre les peuples, réunissant des communautés internationales autour des traditions, de la gastronomie et des arts, avec une participation remarquée du Vietnam.

Une performance de don ca tai tu. Photo: VNA

Le don ca tai tu, levier du développement touristique à Tây Ninh

Reconnu par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel représentatif de l’humanité, le don ca tài tu (chant des amateurs du Sud) du Vietnam n’est pas seulement une forme d’art populaire, mais aussi la quintessence de la vie spirituelle, de l’identité et du caractère des habitants méridionaux.

Hanoï érige la culture en pilier de son développement

Hanoï érige la culture en pilier de son développement

Après la promulgation par le Bureau politique de la Résolution n°80-NQ/TW sur le développement de la culture vietnamienne, la capitale Hanoï s’emploie progressivement à concrétiser les objectifs et orientations qui y sont définis.
Au-delà des déclarations d’intention ou des actions de façade, l’ambition de faire de la culture un pilier du développement est désormais traduite en mesures concrètes, mises en œuvre de manière plus efficace et appelées à produire un large rayonnement.

La pièce «Thi Mâu voyage à travers le temps». Photo : hanoi.gov.vn

À Hanoi, l’automne aux couleurs des arts de la scène

Le festival mettra en lumière des œuvres reflétant la richesse culturelle et historique de Hanoi, de son peuple et de son identité, avec des productions exceptionnelles dans un large éventail de genres théâtraux, notamment le cheo (théâtre populaire), le cai luong (théâtre rénové), le théâtre, les comédies musicales, le cirque, le théâtre de marionnettes et le tuông (théâtre classique).

Les vastes plaines alluviales qui bordent la rivière Cà Lô sont un lieu idéal pour camper le week-end. Photo : VNP

La dynamique de développement des villages d’artisanat

Au cœur des profondes mutations de notre époque, où le développement ne se mesure plus seulement à la vitesse de croissance mais aussi à la richesse de l’identité, la Résolution n°80-NQ/TW ouvre une nouvelle perspective : la culture ne suit plus le mouvement, elle l’accompagne et en devient un moteur d’impulsion.

Contrairement aux estampes polychromes, la peinture de Sinh utilise la matrice uniquement pour imprimer les contours, la coloration étant ensuite réalisée à la main, ce qui rend chaque œuvre unique. Photo : VNA

Les derniers gardiens de l'art des estampes populaires du village de Sinh à Hue

Ancré depuis plus de quatre siècles dans la vie spirituelle des habitants de l’ancienne cité impériale, l’art des estampes populaires du village de Sinh (quartier de Duong No, ville de Hue) a longtemps été au bord de l’extinction. Aujourd’hui relancé, ce savoir-faire ancestral ne survit pourtant encore qu’à travers les gestes d’une poignée d’artisans, posant avec acuité la question de la préservation d’un patrimoine populaire intimement lié aux croyances et à l’identité culturelle locale.

Des délégués et des citoyens visitent l'espace d'exposition du Musée de Hanoï. Photo : VNA

Pour faire de la culture un moteur du décollage touristique

Portée par la Résolution n°80-NQ/TW sur le développement de la culture vietnamienne, Hanoï accélère la valorisation de son immense patrimoine afin de faire de la culture un moteur de croissance durable, de dynamisme touristique et de créativité urbaine, malgré des défis persistants liés à la numérisation, aux infrastructures et à l’attractivité des produits culturels.