Voyage artistique au parfum de nostalgie

En admirant les toiles de Kiêu Hanh Morel, on a envie d’être avec ces paysans, ces pêcheurs et ces femmes âgées, de découvrir l’artisanat traditionnel, les rituels ancestraux et de jouer avec les buffles.
Hanoi (VNA) – Kiêu Hanh Morel est une artiste à part entière. Elle peint le Vietnam comme personne d’autre. En admirant ses toiles, on n’a qu’une envie, c’est d’être avec ces paysans, ces pêcheurs et ces femmes âgées, de découvrir l’artisanat traditionnel, les rituels ancestraux et de jouer avec les buffles.
Voyage artistique au parfum de nostalgie ảnh 1Le bon pain. Photo: CVN

Née dans les Hauts Plateaux du Centre du Vietnam en 1958, Kiêu Hanh a passé la majeure partie de son enfance et de son adolescence à Dà Lat (province de Lâm Dông), où elle a fréquenté l’École française. On ne peut rêver mieux quand on se dirige vers une carrière artistique comme elle le souhaitait.

Kiêu Hanh Morel apprend le dessin dès son plus jeune âge grâce à son père, grand architecte de la ville. Très tôt, elle est fascinée par son talent, notamment lors de la conception du mobilier du fameux palais d’été de Bao Dai (1913-1997), ancienne résidence estivale du dernier roi du Vietnam.
Voyage artistique au parfum de nostalgie ảnh 2Âge et Patience. Photo: CVN

Des sources inépuisables d’inspiration

En 1980, l’artiste emménage à Hô Chi Minh-Ville où elle travaille pour l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pendant une dizaine d’années. Elle rejoint ensuite le groupe français LVMH-Moët Hennessy où elle fait la connaissance de son futur mari français, Laurent.

Le couple s’installe à Paris en 2003 avant de rejoindre Hong Kong (Chine) en 2014, puis Singapour en 2017. Kiêu Hanh a donc vécu dans plusieurs capitales du monde sans oublier la peinture et sa farouche volonté de perfectionner sa technique À son arrivée à Paris, elle suit des cours de calligraphie romaine chez Bruno Gigarel, ainsi que des cours de peinture à l’École d’art de Rueil-Malmaison.
Entre 2009 et 2014, sa carrière prend sérieusement son envol aux côtés de l’artiste-peintre Dominique Schmitt. Elle participe à plusieurs éditions du Salon "Les Peintres du Marais".
En 2013 et 2015, elle est invitée à participer à l’exposition internationale d’art publique "Cowparade", auprès d’artistes de renommée internationale.
Voyage artistique au parfum de nostalgie ảnh 3Vie sur la rivière. Photo: CVN

À Hong Kong, l’artiste poursuit ses études de calligraphie chinoise avec le maître Cheng Ho Ming. Sa dernière expo à Singapour en octobre 2019 en association avec l’artiste française Frédérique Stref a été un franc succès.

Un amour éternel pour son pays

Malgré ses très nombreux voyages, Kiêu Hanh Morel prend le temps de revenir au Vietnam chaque fois qu’elle le peut. Grande observatrice, elle se plonge ensuite dans la peinture pour exprimer sa profonde nostalgie. Kiêu Hanh traduit son amour pour sa Patrie en représentations romantiques de la vie rurale du Vietnam. Elle offre d’ailleurs à tous nos lecteurs la découverte de quelques-unes de ses dernières créations où elle dépeint son amour du Vietnam, reflétant son désir d’une vie plus proche de la nature.
Mais Kiêu Hanh s’inspire aussi de photos qu’elle recombine en suivant sa propre imagination et l’équilibre harmonieux de la composition. Après avoir apprêté sa toile, elle dessine les objets à main levée, puis applique des matériaux naturels comme du sable et/ou du gesso (enduit à base de plâtre et de colle animale) pour apporter tactilité et chaleur au regard froid de la photographie. Sur d’autres toiles, elle insère des fragments de tissu, de papier de soie ou de papier journal à travers les couches de peinture, relief qui attire ainsi l’attention des observateurs et les invitent dans son monde.
Voyage artistique au parfum de nostalgie ảnh 4Charmes naturels. Photo: CVN

L’artiste vietnamienne raffinée et discrète a trouvé ainsi différentes stratégies créatives pour apaiser sa nostalgie et mettre en scène des images emblématiques de son paradis natal perdu. Ses peintures à l’huile et à l’acrylique, représentations idéalisées du monde rural et de ses habitants, amplifient et ennoblissent le style figuratif traditionnel du Vietnam. Ses œuvres, dont la mission est encyclopédique, sont extraordinaires dans le sens où elles magnifient une partie non négligeable des icônes culturelles vietnamiennes.

Le public ne s’y trompe pas et chaque jour les amoureux du Vietnam lui envoient des messages sur les réseaux sociaux dans l’espoir de faire l’acquisition d’une de ses toiles. Kiêu Hanh en est très fière et est devenue ainsi une véritable ambassadrice artistique de son pays natal. Ceci l’encourage à revenir en permanence dans son atelier pour peindre encore et encore son Vietnam.

Elle glorifie d’ailleurs son pays à travers ses deux autres grandes passions : la musique et la cuisine. Grâce à elle, on peut désormais voyager au Vietnam aussi longtemps qu’on ne le souhaite, sans bouger, en contemplant ses œuvres. – CVN/VNA

Voir plus

La Résolution 80 définit une nouvelle vision pour une stratégie de développement culturel durable

La Résolution 80 définit une nouvelle vision pour une stratégie de développement culturel durable

« La Résolution n°80 a été adoptée à un moment particulièrement opportun, alors que le pays entre dans une nouvelle étape de son développement national. À l’ère de l’essor de la nation, cette résolution a posé un nouveau cadre idéologique, au sein duquel la culture est appelée à jouer de toute urgence un rôle transversal, en soutien à la science et à la technologie, à l’intégration internationale, à l’innovation, à la réforme institutionnelle, au développement de l’économie privée, ainsi qu’aux secteurs de l’éducation et de la santé.

L’ambassadrice Nguyên Thi Vân Anh, cheffe de la délégation permanente du Vietnam auprès de l’UNESCO lors de la 19e session du Comité intergouvernemental pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Photo diffusée par la VNA

Le Vietnam défend la mise en œuvre du traitement préférentiel pour les pays en développement

L’ambassadrice Nguyên Thi Vân Anh, cheffe de la délégation permanente du Vietnam auprès de l’UNESCO, a proposé de mettre l’accent sur le renforcement des capacités, le partage d’expériences, le renforcement de la coopération internationale et la mise en œuvre des recommandations adoptées en ce qui concerne l’article 16 de la Convention sur le «traitement préférentiel pour les pays en développement».

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Coutume ancienne apparue en Asie, les étrennes du Têt incarnent des vœux de paix, de chance et de prospérité pour la nouvelle année. Si les formes ont évolué avec le temps et le numérique, cette tradition demeure un symbole indissociable du Têt traditionnel vietnamien.

Des femmes khmères de la commune d’An Cư, province d’An Giang, s’emploient à préserver et à valoriser le métier traditionnel de tissage de brocart de leur communauté. Photo : VNA

An Giang : le brocart khmer, un patrimoine vivant au service du tourisme culturel

Au pied de la chaîne des Sept Monts, le village de tissage de brocart khmer de Van Giao, province d’An Giang, illustre une dynamique réussie de valorisation du patrimoine culturel associée au développement du tourisme communautaire, contribuant à créer des moyens de subsistance durables et à promouvoir l’identité culturelle des minorités ethniques du Vietnam.

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le « Têt Nguyên Dan », également connu sous le nom de fête du Nouvel An lunaire ou plus simplement « Têt », est la célébration la plus significative et la plus attendue du calendrier vietnamien. Il s’agit de la fête à ne pas manquer, où chaque détail des préparatifs est soigneusement exécuté selon des rituels transmis de génération en génération.
Le Têt symbolise le début d’une nouvelle année, et les événements qui se produisent ce jour-là sont traditionnellement considérés comme annonciateurs des fortunes et des défis pour les mois à venir.

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Pour les Vietnamiens, le Nouvel An lunaire est la plus grande et la plus attrayante de toutes les fêtes. De nombreux us et coutumes sont transmis de génération en génération.

Huynh Công Ly (chemise blanche) et sa famille perpétuent la tradition d’ériger le mât rituel depuis plus de 50 ans. Photo : CVN

Le gardien du cây nêu dans le Delta du Mékong

Dans le Delta du Mékong, la famille de Huynh Công Ly perpétue depuis plus d’un demi-siècle la tradition d’ériger le cây nêu, perche rituelle du Têt, symbole ancestral chargé de sens spirituel et culturel.