Vers un développement de l’industrie du cinéma du Vietnam

L’industrie du cinéma est considérée comme la "pierre angulaire" du rayonnement culturel national. Entretien avec Ngô Phuong Lan, directrice du Département du cinéma.

Hanoï (VNA) - L’industrie du cinéma est considérée comme la "pierre angulaire" du rayonnement culturel national. Entretien avec Ngô Phuong Lan, directrice du Département du cinéma.

 Vers un développement de l’industrie du cinéma du Vietnam ảnh 1Ngô Phuong Lan, directrice du Département du cinéma. Photo: Zing/CVN


Pourriez-vous nous donner une vision globale de la situation du cinéma national?


Ces dernières années, le nombre de films vietnamiens et de salles obscures a enregistré une forte hausse. Concrètement, le chiffre d’affaires des films projetés a connu une augmentation de 30% par an en moyenne. Par ailleurs, beaucoup d’œuvres ont été présentées lors de divers festivals de films tant nationaux qu’internationaux, ce qui se traduit souvent par des records de box-office.

Sur le plan de la protection des publics impressionnables,  2017 a vu la mise en place d’une signalétique d’avertissement, orientant les producteurs et diffuseurs quant à la projection.

Pour que l’industrie cinéma-tographie puisse continuer à se développer, il faudrait une synchronisation dans les domaines de la production, de la diffusion, de la gestion et de la critique.

La stratégie et le plan de développement cinématographique d’ici 2020 ainsi que les perspectives à l’horizon 2030, approuvés par le gouvernement, donneront certainement un coup de pouce à cette industrie pleine de potentiel.

Deux entreprises étatiques, les Studios de production de longs-métrages du Vietnam et Giai Phong, ont été actionnarisées. Selon vous, quel devrait être le rôle de l’État dans le développement du cinéma national?

L’actionnarisation des entreprises publiques est indispensable selon le gouvernement vietnamien. Les studios publics ont offert une des parties les plus importantes de l’histoire du cinéma national. Mais à ce jour, c’est au secteur privé de prendre le relai.

J’aimerai rendre ici hommage au professionnalisme du personnel cinématographique vietnamien en général et préciser que les commandes de l’État seront dévolues aux entreprises, privées et publiques, les plus à même de mettre les projets en images.

La culture en général et le cinéma en particulier jouent toujours un rôle important dans la création d’un label national. La Chine et la République de Corée en sont de bons exemples. Quelle est la "patte" du cinéma vietnamien? Et les futures orientations?

Le cinéma vietnamien fit autrefois sensation dans le domaine des films de guerre. Il y a des décennies, ces œuvres étaient appréciées non seulement par les cinéphiles nationaux, mais aussi par les amateurs éclairés du monde entier. Ces dernières années, le film vietnamien s’est affirmé et a contribué activement à placer le pays sur la scène cinématographique mondiale. Je pense notamment à Dâp canh giua không trung (Flapping in the middle of nowhere - Voleter au milieu de nulle part) de la réalisatrice Nguyên Hoàng Diêp, produit en 2014,  ou encore à Tôi thây hoa vàng trên co xanh (Je vois les fleurs jaunes sur l’herbe verte, diffusé à l’étranger sous le nom de "Dear brother") du réalisateur Victor Vu (2015) et Dao cua dân ngu cu (The Way Station ou Island of Aliens - L’île des aubains) de la réalisatrice Hông Anh (2017).

Dans les même sens, le Festival international du film de Hanoï (HANIFF) contribue à faire rayonner à l’international les productions vietnamiennes.

Pour édifier une marque puissante attachée au 7e art vietnamien, nous devons nous efforcer d’atteindre une qualité de production supérieure afin d’améliorer le chiffre d’affaires de ce secteur et de créer un cercle qualitatif capable de hisser le cinéma vietnamien à la hauteur des pays leaders du cinéma moderne.

Dans le cadre du 70e Festival de Cannes en mai 2017, le Département du cinéma a collaboré avec le Centre national du cinéma et de l’image animée de France (CNC) et plusieurs cinéastes dans le but de présenter au monde le cinéma et le tourisme de notre pays. D’après vous, est-ce une bonne méthode pour promouvoir le 7e art vietnamien hors du pays?

Le Département national du cinéma a organisé de nombreuses activités à cette occasion : ouverture d’un stand d’exposition de projets de films, mise à disposition de sites exceptionnels qui pourraient accueillir des tournages, signature d’un accord de coopération avec le CNC, organisation de la "Soirée vietnamienne".

La présence du Vietnam à Cannes témoigne des efforts du cinéma national pour surmonter ses difficultés, se rapprocher du niveau international et contribuer à la promotion à l’international de l’image de notre pays et de notre peuple.

Le Festival de Cannes attire annuellement des dizaines de milliers de personnes dont de nombreux producteurs, metteurs en scène, acteurs, agences de presse, cinéphiles… C’est un rendez-vous idéal pour le rayonnement du 7e art vietnamien.

 Vers un développement de l’industrie du cinéma du Vietnam ảnh 2Des sites de Quang Binh ont servi de décor au film "Kong: Skull Island". Photo: BQB/CVN

Récemment, la superproduction hollywoodienne Kong: Skull Island de Jordan Vogt-Roberts, tournée au Vietnam, a fait sensation dans le monde du cinéma. D’après vous, la transformation du Vietnam en décor de blockbusters pourrait être une des orientations au service du développement de l’industrie du cinéma du pays?

Le Vietnam offre une grande variété de paysages, ce qui dote le pays d’un atout majeur à l’heure où l’on entrevoit les limites de l’imagerie numérique. Avec le thème "Vietnam, nouvelle destination des blockbusters", nous avons proposé à Cannes de nombreuses formules pour attirer les cinéastes étrangers, afin de profiter de leurs expériences et de leurs savoir-faire.

Cependant, nous rencontrons actuellement des obstacles comme le manque de compagnies fournissant des services spécialisés ou de mesures politiques prioritaires concernant le remboursement  des charges fiscales afférant aux équipes de tournage. Sur ce dernier point, j’aimerais rappeler que certains pays remboursent à hauteur de 10% à 25%, voire plus. Afin d’y remédier, il faudrait une meilleure harmonie entre les services concernés.

Ces réformes de base permettraient d’attirer du personnel maîtrisant des pans de production dans lesquels les studios nationaux manquent de compétences. -CVN/VNA

Voir plus

Jeux folkloriques traditionnels dans le cadre du programme du « Festival royal du Têt » à la Citadelle impériale de Hué. Photo : VNA

La Cité impériale de Huê fait revivre les traditions du Têt royal

Organisé dans l’enceinte de la Cité impériale de Huê, le programme « Têt royal » propose une reconstitution vivante du Nouvel An dans l’ancien palais, à travers jeux de cour, arts traditionnels et rituels festifs, afin de valoriser le patrimoine culturel de l’ancienne capitale impériale.

Le Xuan Kieu, directeur du Centre des activités culturelles et scientifiques du Temple de la Littérature. Photo: VNA

La tradition de la calligraphie à l’honneur à Hanoï

À l’occasion du Nouvel An lunaire, Hanoï accueille la Fête de la Calligraphie 2026 au Temple de la Littérature, un événement culturel majeur célébrant l’art calligraphique et les 950 ans de la première université nationale du Vietnam.

Reconstitution de la grande audience royale du Nouvel An lunaire de la dynastie Nguyen au palais Thai Hoa, dans la citadelle impériale de Hué. Photo : VNA

Hue : reconstitution d’une audience royale des Nguyen

Le Centre de conservation des monuments de Hue a organisé le 11 février une reconstitution de la cérémonie du Thiet Trieu (audience royale) de la dynastie Nguyen à la Citadelle impériale de Hue, à l'occasion du Nouvel An lunaire (Têt).

L’œuvre "Việt Nam gấm hoa", immense toile de 25 m de long sur 1,85 m de haut, fruit de cinq ans de travail acharné de Dô Nhât Thinh.

Le Vietnam, terre de splendeur, célébré en calligraphie

S’étendant sur près de 50 m2, Vietnam, terre de splendeur a été peinte et écrite à la feuille d’or sur une toile de fond moderne, mêlant divers matériaux traditionnels et contemporains provenant de tout le pays, tels que du bambou, du bois, des feuilles de lotus, des feuilles d’or et d’argent, du thé, de la cendre, des grains de riz, de la poudre de café, de la terre, du sable et du charbon de bois.

Le Théâtre national de marionnettes du Vietnam apporte des spectacles vivants et accessibles à tous les publics, offrant des moments de détente et véhiculant des messages de joie, d’harmonie entre l’homme et la nature, ainsi que d’optimisme dans la vie quotidienne. Photo: VNA

Série de programmes artistiques au Foire du Printemps 2026

Lors de la première Foire du Printemps, une série de programmes artistiques de grande qualité, assurés par les troupes artistiques de premier plan du pays, contribue à composer un « tableau printanier » riche en couleurs, empreint d’identité culturelle nationale et tourné vers l’avenir.

L’exposition thématique « L’histoire gravée dans la pierre » se déroule au Temple de la Littérature à Hanoï. Photo: VNA

Ces pierres parlent... et l’histoire s’anime

Réalisée par l’équipe du Centre avec l’appui d’experts vietnamiens et français, l’exposition thématique « L’histoire gravée dans la pierre » retrace l’histoire des 82 stèles : des rois à l’origine de leur édification aux concours impériaux, des lignées savantes et villages lettrés aux figures marquantes de l’éducation, des examens et de la gouvernance à l’époque monarchique.

Les stands présentant l'ao dai de Hue (robe traditionnelle vietnamienne) comme un produit culturel distinctif ont suscité un vif intérêt auprès du public. Photo : VNA

Hue : Couleurs impériales du Printemps et empreintes du Patrimoine

Au cœur de l'effervescence de la Foire du Printemps 2026, l'espace d'exposition commun de la ville de Hue, intitulé « Couleurs Impériales du Printemps – Empreintes du Patrimoine 2026 », s'est distingué comme un fleuron culturel, alliant une élégance discrète à un dynamisme vibrant.