Ces dernières années, de nombreuses mesures ont été appliquées pour remédier aux lacunes dans le secteur de l’éducation. Photo: VNA
Hanoi (VNA) - Le ministère de l’Éducation et de la Formation vient de rendre public son avant-projet de réforme de l’enseignement général. L’objectif est de collecter les opinions de la population avant de prendre une décision définitive.

Le programme de l’enseignement général suscite actuellement beaucoup d’interrogations. Force est de constater qu’il met peu en avant la pratique et l’application concrètes des connaissances théoriques. Les méthodes pédagogiques, de contrôle et d’évaluation sont, quant à elles, dépassées. En résumé, la qualité de l’éducation reste bien en-deçà des attentes parentales.

Ces multiples faiblesses ont fait l’objet d’une étude en haut lieu, qui a abouti à l’élaboration d’un projet de réforme du programme de l’enseignement général. Le ministère de l’Éducation et de la Formation (MEF) a rendu public l’avant-projet à la mi-avril, afin de collecter les opinions de la population avant de prendre une décision définitive.

«L’avant-projet du Programme global de l’enseignement général a reçu l’aval de organes concernés ainsi que de spécialistes vietnamiens et étrangers. Il a aussi été soumis au Conseil national de l’expertise du programme de l’enseignement général», fait savoir le Professeur Nguyên Minh Thuyêt, rédacteur en chef du programme en question.

Six qualités, dix compétences

Le Programme global de l’enseignement général vise à développer les qualités et compétences des élèves. Il leur permettra de devenir autonomes, créatifs, en respectant les traditions familiales et en disposant de toutes les connaissances et compétences de base, l’objectif recherché étant qu’ils contribuent activement au progrès national une fois entrés dans la vie active.

Concrètement, il s’oriente vers la création du «portrait» du nouvel élève, qui comporte six qualités et dix compétences. «La qualité, autrement dit la vertu, est estimée par les comportements, les actes. La compétence, c’est-à-dire le talent, est évaluée par l’efficacité des actions. C’est sur ces critères que l’on dressera le +portrait+ d’un nouvel élève», explique Nguyên Minh Thuyêt.

L’avant-projet définit six qualités à développer chez les élèves : patriote, altruiste, studieux, travailleur, honnête et responsable.

Il explique aussi les dix compétences essentielles, en d’autres termes les compétences que tout le monde doit acquérir pour pouvoir vivre et travailler dans la société moderne. Les compétences essentielles se divisent en deux groupes. Le premier concerne les compétences générales - qui sont inculquées et développées par toutes les disciplines et les activités éducatives. Par exemple : les capacités d’autonomie, de communication et de coopération, de créativité, etc. Le second contient les compétences spéciales, qui sont enseignées et étoffées par quelques disciplines et activités éducatives. Par exemple : les capacités de langage, de calcul, de recherche sur la nature et la société, les capacités physiques, etc.

À l’écoute des aspirations des élèves

Par ailleurs, trois méthodes d’évaluation des résultats scolaires seront appliquées : une évaluation continue réalisée par les enseignants de chaque matière, une évaluation périodique menée par les écoles, et enfin une évaluation à l’échelon national ou local (prise en change par les organisations d’expertise de l’échelon national ou provincial).

«Les élèves font actuellement face à une surcharge de travail. Les programmes comprennent trop de disciplines. Conséquence, les élèves ne peuvent pas se focaliser sur celles qui les intéressent du point de vue de leur orientation professionnelle, estime Nguyên Minh Thuyêt. Notre but est donc de privilégier l’éducation sous tous ses aspects et l’acquisition des méthodologies, des savoir-faire et des expériences, pour partie de manière générale et, pour l’autre, dans chaque domaine plus spécifique».

Le système des disciplines de l’éducation générale comportera quatre catégories : les disciplines obligatoires, celles obligatoires avec différenciation, les matières à choix optionnelles et obligatoires.

Concrètement, les disciplines obligatoires sont toutes celles que les élèves doivent suivre.  Les matières avec «différenciation» sont celles dont le contenu a été établi selon divers modules ou des thèmes différents. Si certains de ces thèmes sont imposés, les autres sont au choix des élèves et selon les conditions des établissements scolaires.

Les matières non obligatoires seront choisies par les écoliers en fonction de leurs capacités et de leurs préférences par rapport à leur orientation professionnelle.

Les matières au choix mais obligatoires sont celles qui répondent à l’orientation professionnelle des élèves au lycée, selon les réglementations du MEF.

Le nouveau point de ce projet concerne la division de l’enseignement général en deux étapes. La première - l’enseignement de base - comporte cinq ans à l’école primaire et quatre ans au collège, afin de permettre aux élèves d’accumuler des connaissances de base. Certaines disciplines seront couplées ou intégrées aux autres dans un souci d’efficacité.

La seconde prend en compte l’orientation professionnelle (trois ans au lycée) afin de préparer les élèves aux savoirs généraux qui leur seront indispensables dans leur future profession. Parallèlement, ils auront l’occasion d’approcher des métiers qui les intéressent.

Le Programme global de l’enseignement général en bref

Financé par des crédits préférentiels de la Banque mondiale d’un montant de 80 millions de dollars, le Programme global de l’enseignement général a pour objectif d’améliorer les résultats scolaires à travers l’élaboration et le développement d’un nouveau programme d’enseignement, la rédaction de nouveaux manuels scolaires de qualité, ainsi que de changer la méthode d’évaluation des résultats d’études. -CVN/VNA