Une compagnie vietnamienne réussit à fabriquer un stent vasculaire

La compagnie vietnamienne USM Healthcare vient de produire avec succès un stent vasculaire "made in Vietnam". Une grande avancée du pays dans la fabrication d’équipements médicaux de haute technologie.

Hô Chi Minh-Ville (VNA) - La compagnie vietnamienne USM Healthcare à Hô Chi Minh-Ville vient de produire avec succès un stent vasculaire "made in Vietnam". Une grande avancée du pays dans la fabrication d’équipements médicaux de haute technologie.

Une compagnie vietnamienne réussit à fabriquer un stent vasculaire ảnh 1Des ingénieurs de la Compagnie d’équipements médicaux USM Health care fabriquent des stents "made in Vietnam". Photo : CVN


Réalisée dans le cadre de la prise en charge de la maladie coronarienne, la pose du stent permet de maintenir l’artère coronaire suffisamment ouverte, comme une sorte d’armature en évitant la reformation d’un rétrécissement. La pose de cet extenseur vasculaire est aujourd’hui une intervention cardiologique courante dans le monde.

Face aux besoins en tuteur vasculaire de plus en plus élevés, la Compagnie d’équipements médicaux USM Healthcare a fabriqué avec succès un produit "made in Vietnam" de qualité équivalente à ses homologues étrangers mais d’un coût bien moindre.

Travaillant depuis 20 ans dans l’importation d’équipements médicaux, Vo Xuân Bôi Lâm, directrice de la Compagnie d’équipements médicaux USM Healthcare, reconnaît que le Vietnam dépend beaucoup de l’étranger dans ce domaine. Chaque année, le pays doit importer pour des millions de dollars des équipements médicaux de haute technicité. C’est pour cette raison que peu de personnes investissent dans ce domaine.

"Actuellement, le pays compte 1.400 compagnies spécialisées dans le commerce d’équipements médicaux, mais très peu dans leur production. En Asie du Sud-Est, seul Singapour peut fabriquer des stents grâce à l’importation de technologies suisses. C’est pourquoi je rêvais que le Vietnam fasse de même", partage Mme Bôi Lâm.

Avant d’ajouter: "J’ai présenté mon idée à de nombreux experts vietnamiens à l’étranger et étudié leurs expériences. Grâce à leurs soutiens, nous avons décidé  d’investir dans la production de stents vasculaires".

Un espoir pour les patients pauvres

Le Docteur Nguyên Thuong Nghia, chef de la clinique d’intervention de l’Hôpital Cho Rây à Hô Chi Minh-Ville, informe que le stent est un équipement médical de haute technologie. Dans le monde entier, seules 40 compagnies peuvent le produire.

Selon lui, le Vietnam a posé officiellement les premiers stents en 1999. Ce sont de petits ressorts en métal, placés dans les artères pour éviter qu’elles ne se bouchent. Ces petits extenseurs vasculaires sont essentiellement importés de l’étranger.

On distingue deux catégories de stent: nu et actif. Le premier est uniquement composé d’acier inoxydable et peut être rejeté par l’organisme. Le second est recouvert d’une substance antiproliférative qui permet de diminuer le risque d’une nouvelle sténose (rétrécissement d’un vaisseau sanguin) au niveau de la plaque d’athérome. Composé d’acide polyactique, il est entièrement absorbé par la paroi de l’artère, ce qui limite les apparitions de caillots (thrombose). Le stent actif est de plus en plus utilisé ces dernières années.

En 2013, grâce aux aides d’experts des maladies cardiovasculaires, la Compagnie d’équipements médicaux USM Healthcare a mis en œuvre son projet "Études et production de ballonnets de dilation et de stents recouverts d’une substance antiproliférative", qui a reçu le soutien financier du ministère du Plan et de l’Investissement à hauteur de 2 millions de dollars.

En outre, le Comité populaire de Hô Chi Minh-Ville a permis à l’USM Healthcare de construire une usine aux normes internationales dans le Technopôle du 9e arrondissement.

En 2016, après avoir reçu l’approbation du ministère de la Santé, l’hôpital Cho Rây a été le premier à poser, à titre expérimental, des extenseurs vasculaires sur 40 patients volontaires. Un an après, aucune complication n’a été enregistrée.

En outre, une centaine d’autres patients en ont bénéficié à titre expérimental dans les centres cardio-vasculaires de l’hôpital E à Hanoï, de l’Hôpital populaire Gia Dinh à Hô Chi Minh-Ville et de l’Hôpital central de Huê (Centre).

La Compagnie d’équipements médicaux USM Healthcare est ainsi devenue le 2e producteur de stents et de ballonnets de dilation en Asie du Sud-Est, après Singapour. Actuellement, ces produits attendent un permis d’écoulement sur le marché et s’orientent vers l’exportation.

Le stent vietnamien à la conquête du monde

Selon l’USM Healthcare, les produits vietnamiens sont vendus 30-40% moins chers que ceux importés. "Il s’agit d’une fierté pour le secteur médical du Vietnam. Ce succès va permettre à de nombreux patients souffrant de maladies cardiovasculaires d’avoir accès à cette technique de pointe et de réduire les dépenses de l’Assurance santé",  estime le Docteur Nguyên Thuong Nghia.

D’après lui, le prix d’une pose de stent varie entre 70 et 100 millions de dôngs, une grande somme pour la plupart des patients vietnamiens, et ce bien qu’une partie soit prise en charge par l’Assurance santé. Chaque année, dans le seul hôpital Cho Rây, environ 20.000 patients ont besoin d’une telle intervention.

Après le succès des expérimentations cliniques, afin d’augmenter la sûreté de ses produits, l’USM Healthcare a décidé de mener des essais cliniques  à grande échelle dans de nombreux autres hôpitaux. Sa directrice Bôi Lâm fait savoir que chaque année, l’USM Healthcare peut fabriquer 30.000 stents et ce chiffre sera doublé dans les années à venir. Elle envisage d’en exporter dans les pays de la région. Sa compagnie a aussi l’intention de produire d’autres équipements médicaux.

Vo Xuân Bôi Lâm n’a pas caché son ambition de faire de l’USM Healthcare une compagnie pilote permettant au Vietnam de devenir un des rares pays dans le monde capable de fabriquer des équipements médicaux à la pointe du progrès. – CVN/VNA

Voir plus

Un médecin de l'Hôpital pour enfants n°1 de Hô Chi Minh-Ville examine un enfant atteint du syndrome pieds-mains-bouche. Photo : VNA

Hô Chi Minh-Ville renforce la surveillance face au syndrome pieds-mains-bouche

Selon le Centre de contrôle des maladies de Hô Chi Minh-Ville (HCDC), la ville a enregistré 1.394 cas de syndrome pieds-mains-bouche entre le 6 et le 12 avril, soit une hausse de 36,8 % par rapport à la moyenne des quatre semaines précédentes. Depuis le début de l’année, la ville a recensé 11.925 cas.

Un médecin de l’Hôpital pour femmes et enfants de Dà Nang traite un enfant atteint du syndrome pieds-mains-bouche. Photo : baodanang.vn

Dà Nang renforce la prévention de la maladie pieds-mains-bouche en flambée

Selon le Centre de contrôle des maladies de Dà Nang (CDC Dà Nang), la ville a enregistré 483 cas de syndrome pieds-mains-bouche depuis le début de l’année, soit près de 1,5 fois plus qu’à la même période l’an dernier. Les enfants de moins de trois ans représentent près de 90 % des cas.

Le professeur associé Le Thuong Vu (à gauche) effectue une bronchoscopie avec échographie endobronchique (EBUS) à visée de biopsie. Photos: NDEL

La médecine "ne consiste pas seulement à soigner, mais aussi à préserver l’espoir"

Après plus de trente ans de carrière, le docteur Vu conserve une foi intacte dans les progrès de la médecine. Pour lui, chaque nouvelle technique représente une opportunité supplémentaire pour les patients. Ce qui le rattache à son métier reste ce moment où un patient retrouve la santé et le sourire, preuve que la médecine ne se limite pas à soigner, mais qu'elle permet aussi de préserver l’espoir.

Flavie Goutard, vétérinaire épidémiologiste au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) de France. Photo : VNA

Le Vietnam reconnu pour son approche intégrée de prévention des épidémies

Plusieurs experts internationaux participant au Sommet « One Health » (Une seule santé) en cours à Lyon, en France, ont estimé que le Vietnam figurait parmi les pays pionniers dans la mise en œuvre d’une approche intersectorielle visant à contrôler les épidémies et à protéger la santé humaine, animale et environnementale.

e séquençage du génome consiste à lire et à décrypter l’intégralité de l’ADN d’un individu, afin de repérer d’éventuelles variations pouvant expliquer sa maladie. Photo: pngtree.com

Des scientifiques vietnamiens identifient les mutations génétiques de maladies rares

Le professeur-Docteur Nguyên Huy Hoàng, directeur adjoint de l’Institut de biologie de l’Académie vietnamienne des sciences et technologies, et son équipe de recherche ont mené un projet intitulé « Analyse des mutations génétiques chez des patients vietnamiens atteints de maladies rares sélectionnées à l’aide de la technologie de séquençage de l’exome entier ». Ce projet, réalisé de 2022 à 2024, vise à élucider les causes génétiques de ces maladies au sein de la population vietnamienne.

Une équipe de santé de la commune de Dat Do effectue des consultations médicales à domicile pour les habitants. Photo : VNA.

Ho Chi Minh-Ville déploie un modèle de soins de santé continus de proximité

Ce programme novateur, fondé sur les principes de la médecine familiale, ambitionne d’instaurer un suivi médical continu, proactif et global pour chaque citoyen. Ces équipes mobiles se rendent désormais directement au domicile des habitants, en accordant une attention prioritaire aux personnes âgées, aux malades chroniques, aux personnes en situation de handicap ainsi qu’aux populations les plus vulnérables.

Au siège du Comité populaire du quartier de Xuan Hoa, des médecins des hôpitaux de Dermatologie et d’Ophtalmologie de Saïgon, en collaboration avec le centre de santé local, ont examiné 250 personnes âgées. Photo: VNA

Hô Chi Minh-Ville : 16 000 examens gratuits et soins de proximité renforcés

Le Déparrtement de la Santé de Hô Chi Minh-Ville a lancé, le 5 avril, une campagne inédite de dépistage gratuit déployée simultanément sur 64 sites au profit de 16 000 habitants. Cette opération d'envergure marque un tournant stratégique pour la mégapole, qui ambitionne de passer d'une médecine curative passive à une gestion proactive de la santé.

La vice-présidente de l’Assemblée nationale Nguyen Thi Thanh, la ministre de la Sané Dao Hong Lanet les délégués lors de l'événement. Photo d'illustration : Nhan dan.vn

Renforcer les soins de base et améliorer la santé communautaire

Le ministère de la Santé, en coordination avec la Télévision vietnamienne, a organisé le 5 avril au soir, à Hanoï, un programme politico-artistique intitulé « Une population en bonne santé – un pays prospère », en réponse à la première Journée de la santé pour tous (7 avril).