Un projet pour étudier la pollution plastique au Vietnam

L’ambassade de France au Vietnam et l’Institut de recherche pour le développement (IRD) ont lancé en 2019 un projet commun, COMPOSE, financé par le ministère français des Affaires étrangères.

Hanoi (VNA) - L’ambassade de France au Vietnam et l’Institut de recherche pour le développement (IRD) ont lancé en 2019 un projet commun, COMPOSE, financé par le ministère français des Affaires étrangères. Ce projet consiste à construire un observatoire des matières plastiques et de leur impact sur la société et l’environnement au Vietnam.

Un projet pour étudier la pollution plastique au Vietnam ảnh 1Emilie Strady (2e à gauche) lors d'une rencontre avec les experts sur les questions de l'environnement organisée à l'ambassade de France à Hanoi. Photo: VOV5

Dans un entretien à la Voix du Vietnam (VOV), Emilie Strady, chercheuse à l’IRD, basée à l’École polytechnique de Hô Chi Minh-ville, parle tout d’abord du problème des déchets plastiques au Vietnam.

En 2015, le Vietnam a été classé au quatrième rang mondial des pays rejetant la plus grande quantité de plastiques dans les océans.... Le souci, c’est qu’en fait au Vietnam, il n’y a aucune donnée, à l’heure actuelle, sur la contamination. On a très peu de données sur la quantité de plastique présente dans différents environnements. 

Avec notre équipe de recherche à Hô Chi Minh-Ville, on a monté des projets sur la rivière Saigon. On a pu évaluer les premières données, les premières estimations de fuite de plastique de la rivière vers son aval et vers la mer. Le but de notre projet «COMPOSE» est de faire de même dans différents environnements au Vietnam avec différentes universités partenaires pour avoir enfin des données fiables et accessibles.

- Pourriez-vous nous parler un peu plus des études de cas conduites par l’IRD au Vietnam?

L’IRD a deux équipes de recherches qui travaillent sur les déchets, une première qui est conduite par ma collègue Nguyên Thai Huyên qui s’intéresse au recyclage des déchets, et notamment aux plastiques dans la métropole de Hanoi, et une autre, dont je fais partie, qui s’intéresse aux microplastiques et aux macroplastiques dans les milieux aquatiques, et plus spécifiquement dans la rivière Saigon.

Dans la rivière Saigon, nous avons étudié les microplastiques: ce sont les plastiques qui sont inférieurs à 5 millimètres de diamètre. Nous avons étudié aussi les macroplastiques, ceux qui peuvent être visibles à l’oeil nu. Ce que nous avons fait, c’est que nous avons prélevé ces plastiques dans la rivière, nous les avons compté, identifié, énuméré, mesuré et pesé pour pouvoir estimer des concentrations de poids par litre et également pouvoir les catégoriser en terme de source. On a pu identifier d’où venaient ces microplastiques : de l’industrie textile, et plus précisément des vêtements en polyester. À chaque lavage, des fibres vont être émises dans l’eau usée. Il y a également toutes les industries plasturgiques qui émettent des petits résidus de plastique lors des découpages, lors de la confection du plastique.

On a également travaillé sur les macroplastiques. Là on a pu voir en fait que la majorité des plastiques que l’on retrouve qui flottent dans la rivière sont des plastiques à usage unique. Ce sont les sacs plastiques, les boîtes en polystyrène qui nous servent à manger tous les jours…

- Quel est le rôle de ce projet?

C’est un projet qui se compose en trois parties. La première consiste vraiment à acquérir des données. Donc pour cela, on a identifié des partenaires de recherche, des chercheurs et des étudiants vietnamiens dans différentes universités. Huit au total. On va former ces chercheurs aux techniques pour mesurer les microplastiques et les macroplastiques dans l’environnement et également aux techniques d’enquêtes sociales pour essayer de comprendre quels sont les enjeux de gestion des déchets dans ces environnements-là. 

On va également fournir des équipements de base pour l’analyse de ces microplastiques et de ces macroplastiques. Chacun va acquérir plusieurs fois par an des données dans les milieux auxquels qu’il aura choisi au préalable : rivière, zone côtière, mer. 

Ensuite, il y a une deuxième tâche qui va consister à produire de la connaissance scientifique à partir de ces données. Donc on va apprendre à critiquer les données,  à savoir quelle est une bonne donnée, quelle est une mauvaise... Pour cela, on va s’appuyer sur la méthodologie commune que l’on aura mise en place et on va essayer de valoriser ces résultats dans des revues scientifiques. 

La dernière partie consistera à transformer cette connaissance scientifique en vulgarisation pour le grand public. Donc là, nos partenaires vont identifier des bénéficiaires au sein de leurs différentes communautés, que ce soient des décideurs, la jeunesse ou bien les ONGs environnementales et vont pouvoir diffuser et adapter ces informations à chaque bénéficiaire. – VOV/VNA

Voir plus

Des officiers et soldats du poste-frontière de Chieng On dégagent une route après un glissement de terrain. Photo : VNA

Pluies diluviennes dans le Nord : 4 victimes et de nombreux dégâts matériels

Les fortes pluies, accompagnées d'orages et de vents violents, survenues entre le 31 juillet et le 2 août, ont causé des pertes humaines et des dégâts matériels dans plusieurs provinces du Vietnam. Les autorités centrales et locales ont mobilisé leurs moyens pour secourir les populations, réparer les dommages et renforcer les mesures de prévention face à la poursuite des intempéries.

Des installations solaires contribuent au développement des énergies propres dans la province de Hà Tinh. Photo : VNA

Énergie : le Vietnam mise sur les économies d’électricité

Confronté à une demande d’électricité en forte hausse, le Vietnam intensifie les mesures d’économie d’énergie et encourage le développement du solaire en toiture. Cette mobilisation des entreprises, des collectivités et des citoyens contribue à renforcer la sécurité énergétique nationale et à soutenir la transition verte.

La cascade Dray Sap située dans le géoparc mondial UNESCO de Dak Nong. Photo: VNA

Le géoparc mondial UNESCO de Dak Nong prépare sa réévaluation de 2027

S'étendant sur près de 4 760 km², répartis dans 22 communes et quartiers de l'ouest de la province de Lam Dong, le géoparc est le fruit de millions d'années d'activité géologique et d'éruptions volcaniques. Ce processus a façonné un réseau de cavités volcaniques basaltiques exceptionnel, considéré comme l'un des plus remarquables d'Asie du Sud-Est.

VETC, filiale de Tasco, a annoncé avoir connecté plus de 350 bornes de recharge à travers le pays. Photo : VNA

VETC couvre 50 % du réseau de recharge multimarque un mois après son lancement

VETC Trạm sạc donne désormais accès à plus de 350 bornes de recharge à travers le pays. Cette couverture répond dans l'ensemble aux besoins de déplacement interprovincial des utilisateurs de véhicules à énergies nouvelles, tout en contribuant au développement d'un réseau de recharge multimarque au Vietnam.

Anthony Grandpierre, directeur des opérations de Messer pour l'Asie du Sud-Est. Photo : Bnews

Le Vietnam, un marché stratégique pour les gaz industriels bas carbone

Le groupe allemand Messer considère le Vietnam comme l'un de ses marchés les plus prometteurs en Asie du Sud-Est et prévoit d'y développer son offre de gaz industriels bas carbone, notamment d'hydrogène à faibles émissions, afin d'accompagner la transition énergétique de l'industrie vietnamienne.

Deux des six loris écarlates (Eos bornea) détenus sans documents attestant de leur provenance légale dans un élevage d’animaux sauvages du hameau de Phuoc Hôi A, dans la commune de Phuoc Thanh. Photo diffusée par la VNA

Une affaire de détention et de trafic de 104 animaux sauvages poursuivie en justice

Au total, 104 animaux sauvages ont été recensés : 92 tortues sillonnées d’Afrique (Centrochelys sulcata) de différentes tailles, six loris écarlates (Eos bornea) et six conures à joues vertes (Pyrrhura molinae). Ces animaux sont soumis à la réglementation forestière vietnamienne et sont inscrits à l’Annexe II de la CITES.

Les produits bioplastiques de BUYO Bioplastics sont fabriqués à partir de drêches de brasserie et de bagasse de canne à sucre. Photo : nhandan.vn

Le Vietnam mise sur une gestion du plastique tout au long de son cycle de vie

Des politiques fondamentales, notamment la Loi sur la protection de l'environnement de 2020, le mécanisme de Responsabilité Élargie du Producteur (EPR), le Plan d'action national sur la gestion des déchets plastiques océaniques à l'horizon 2030, ainsi que le projet de développement de l'économie circulaire ont été promulguées pour viser à instaurer les fondations d'une production et d'une consommation durables tout en réduisant progressivement l'usage du plastique jetable.

Le paysage de désolation laissé par les crues dans la commune de Muong Than, province de Lai Chau. Photo: VNA

Les catastrophes naturelles causent d'importants dégâts dans les provinces montagneuses du Nord

Les fortes pluies, les crues, les crues éclair et les glissements de terrain qui ont frappé les provinces montagneuses du Nord ont fait quatre morts, neuf blessés et quatre disparus, tout en provoquant d'importants dégâts aux habitations, aux cultures et aux infrastructures. Les autorités locales poursuivent les opérations de secours et de rétablissement, tandis que de nouvelles pluies sont attendues dans les prochains jours.

Les autorités provinciales ont dépêché une mission sur le terrain pour diriger les opérations de secours. Photo: VNA

Crues: Lai Chau déclare l'état d'urgence dans la commune de Muong Than

De violentes pluies ayant provoqué des crues soudaines et des glissements de terrain dans la province montagneuse de Lai Chau ont fait un mort, deux blessés et cinq personnes portées disparues. Face à l'ampleur des dégâts, les autorités ont déclaré l'état d'urgence en matière de catastrophes naturelles dans la commune de Muong Than, la plus sévèrement touchée.