Un îlot de Francophonie qui va grandir au fur et à mesure

L’annexe de l’Institut français de Hanoi, que d’aucuns appellent déjà l’Espace Hadong, sera officiellement inaugurée vendredi prochain, le 6 avril, même si elle accueille des étudiants depuis novembre.

Hanoi (VNA) - L’annexe de l’Institut français de Hanoi, que d’aucuns appellent déjà l’Espace Hadong, sera officiellement inaugurée vendredi prochain, le 6 avril, même si elle accueille des étudiants depuis novembre. Fruit d’une coopération entre l’Institut français du Vietnam et l’Université d’architecture, l’établissement est dirigé par Samuel Delamézière, que VOV5 est allée interroger.

Un îlot de Francophonie qui va grandir au fur et à mesure ảnh 1Samuel Delamézière, directeur de l’annexe de l’Institut français de Hanoi. Photo: VOV

Moi, je suis arrivé en fait là où le projet naissait vraiment. C’est un projet qui a été initialisé bien avant que j’arrive par l’attaché culturel et l’ancienne conseillère culturelle. C’est un projet qui fait suite à un besoin de l’Institut français d’étendre son activité et de se redéployer. Le but est de répondre au besoin du public vietnamien, du public étudiant notamment, de poursuivre des projets d’études, mais aussi à son intérêt pour la langue française. Il est clair que Hanoi se développe beaucoup et donc différentes contraintes sont apparues au sein de l’Institut français de Hanoi (l’Espace Tràng Tiên). Ce sont des contraintes d’espace tout simplement puisque les locaux commencent à être saturés. Et puis aussi des contraintes de déplacement urbain puisque c’est de plus en plus difficile aux Hanoiens de se déplacer dans leur ville... Et aussi nous sommes dits que c’était une mission de l’Institut français que de se rapprocher des gens. Nous n’aimons pas attendre que les gens viennent, nous voulons aller vers eux. C’est le but d’un institut français.

Donc, il était pour nous logique de se rapprocher d’une zone surtout étudiante. Hadong est un lieu privilégié puisque nous sommes à proximité de plusieurs universités, plusieurs écoles, plusieurs lycées d’excellences aussi. Et il se trouve que vers l’année 2016, une première mise en relation a été faite entre l’université d’Architecture où nous sommes et l’Institut français du Vietnam. Après une série d’échanges, de négociations et de discussions, un accord a été mis en place pour que nous occupions ce bel espace de 300 m2 mis à disposition par l’université d’Architecture dans des conditions optimales puisque nous avons donc 5 salles de classe standardisées qui sont prêtes à accueillir une centaine d’étudiants.

- Quelle est la formation en langue française proposée par votre établissement ?

C’est à la fois très simple et très jeune. Très simple dans le sens où nous entendons dans un premier temps nous adresser en priorité aux étudiants, c’est-à-dire au public qui est proche d’ici. Par-là, je veux dire que nous proposons des cours pour les jeunes de 18 à 25 ans, c’est le public majoritaire bien sûr. Actuellement, nous avons commencé avec des cours qu’on appelle A1.1. Ce sont des cours au niveau débutant. Ces classes continuent, se renouvellent, progressent et c’est notre 3ème session maintenant. Nous avons développé aussi et enrichit le catalogue de cours plutôt avec les cours de conversation au niveau B1 et B2, ce qui correspond aux demandes de mes collègues des départements de français des alentours. Ils m’ont fait remarquer que leurs élèves, eux, qui sont déjà avancés, avaient besoin de pratiquer le français. Nous avons également lancé un cours de préparation au DELF puisque c’est aussi une grande demande des étudiants. Ils ont soit besoin de certifications officielles pour aller étudier en France, soit besoin de valider leur niveau pour des finalités professionnelles.

Le français n’est pas uniquement une clef pour aller étudier. C’est aussi un outil professionnel. Donc actuellement, l’offre est centrée sur les trois axes: conversation, préparation aux examens et offre de français, en général. A terme, il est prévu d’enrichir l’offre avec des ateliers autour de la culture française, mais en français. L’idée de Hadong c’est de faire en français et de s’amuser en français. Hadong est aussi un peu comme un laboratoire puisque nous proposons des formats de cours qui ne sont pas opposés mais un peu différents de l’Espace Trang Tien. Moi, mon souci, c’est de m’adapter et d’écouter le public vietnamien et je me dis que ce public va au rythme de son développement, qu’il est de plus en plus occupé, qu’il a de moins en moins de loisirs. Il faut des formats de classe qui imposent peut être de venir à la classe moins souvent.

Dans quelques mois, on espère aussi accueillir des classes enfants puisque Hadong est en plein développement urbain et que beaucoup de familles s’installent dans la zone. Donc. Je mise sur deux ans ou trois ans pour qu’on ait une offre vraiment complète. Mais dans un premier temps, les mots clés pour Hadong c’est jeune, «fun» et surtout dynamique.

- Votre établissement a probablement lancé et organisé des activités destinées aux étudiants francophones...

Alors en fait oui. On est en mars, traditionnellement c’est le mois de la Francophonie. On célèbre la francophonie dans le monde entier. Même si nous sommes une très jeune structure, j’ai eu à cœur de proposer des choses pour mars. Mais ça fait seulement 5 mois nous sommes actifs avec les élèves. Sur ce mois de mars de la Francophonie, on a 3 activités principales. On a accueilli déjà, pour les élèves, le premier atelier d’artistes le 9 mars, avec le slameur Kwal qui venait à l’Espace Trang Tien  pour faire un concert. Il est passé nous voir la veille  pour rencontrer nos étudiants à Hadong. Les élèves ont pu déjà découvrir le slam parce que c’est nouveau pour eux et pour moi. Nous ne sommes pas familiers de cet art.

Nous avons effectivement fait un concours de «Francodictée», en collaboration avec le département de français de l’université de Hanoi. Il a eu lieu la semaine dernière dont les résultats seront annoncés lors de l’inauguration officielle de notre établissement. C’est une grosse réussite puisqu’il y a plus de 50 candidats d’une douzaine d’universités, de lycées d’excellence, de collèges et d’écoles de Hanoi qui se sont inscrits à ce concours de dictée. On a vraiment des candidats de tous les âges, même des candidats non français mais francophones qui venaient de l’Institut de Formation Internationale (IFI), de l’Afrique francophone. C’était très amusant de voir ces jeunes faire une dictée comme je faisais à l’école. Par ailleurs, ce week-end, les 31 mars et 1er avril, aura lieu notre premier festival du film français, en collaboration avec l’université d’Architecture. Nous avons identifié un emplacement dans leur bâtiment, une salle qui est déjà prête. Nous proposerons 4 films en français sous titrés en vietnamien. C’est gratuit et ouvert à tout le monde. Ceci une série d’activités intense pour nous parce que l’équipe n’est pas très étoffée, mais tout le monde s’y est mis et nous sommes vraiment ravis. Plusieurs projets sont en route en deux jours.

Encore une fois, notre mission est d’amener cette touche de Francophonie, ici. L’Espace Hadong est aussi un îlot de Francophonie qui va grandir au fur et à mesure. – VOV/VNA

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