Hanoï (VNA) – La Résolution n°80-NQ/TW du Bureau politique, adoptée le 7 janvier 2026 sur le développement de la culture vietnamienne, souligne que la culture et l’être humain constituent le fondement, une ressource endogène essentielle et un puissant moteur pour assurer un développement rapide et durable du pays.
Dans cette perspective, la préservation et la valorisation du patrimoine, qu’il s’agisse des sites historiques ou des formes de culture populaire, apparaissent comme des leviers majeurs pour mobiliser les ressources culturelles au service du développement.
Selon les spécialistes, pour que le patrimoine devienne véritablement une ressource de développement, il est indispensable d’en reconnaître pleinement les valeurs historiques et culturelles. D’après le docteur Hà Van Cân, directeur de l’Institut d’archéologie relevant de l’Académie des sciences sociales du Vietnam, la culture ne se manifeste pas seulement à travers des expressions visibles telles que les fêtes traditionnelles, les coutumes ou les monuments anciens. Elle se traduit également par un système de valeurs façonné au fil du long processus de formation et d’évolution des communautés humaines. Accumulées et transmises de génération en génération, ces valeurs contribuent à forger l’identité propre de chaque peuple.
Au cours de l’histoire, les vestiges archéologiques et les découvertes scientifiques ont permis de mieux comprendre la vie économique et sociale des sociétés anciennes. Grâce aux données archéologiques, les chercheurs peuvent reconstituer l’organisation et les modes de vie des communautés humaines à différentes périodes. Toutefois, nombre de résultats scientifiques restent encore peu accessibles au grand public, ce qui explique que certains sites, malgré leur grande valeur historique, ne soient pas encore devenus des destinations attractives.
Pour remédier à cette situation, les experts estiment nécessaire de renforcer la coopération entre les chercheurs, les organismes de gestion et les acteurs du tourisme. Lorsque les résultats de la recherche sont transformés en récits historiques accessibles et attrayants, les sites patrimoniaux peuvent devenir de véritables espaces d’expérience culturelle, capables d’attirer davantage de visiteurs et de diffuser plus largement les valeurs historiques dans la société.
Pour remédier à cette situation, les experts estiment nécessaire de renforcer la coopération entre les chercheurs, les organismes de gestion et les acteurs du tourisme. Lorsque les résultats de la recherche sont transformés en récits historiques accessibles et attrayants, les sites patrimoniaux peuvent devenir de véritables espaces d’expérience culturelle, capables d’attirer davantage de visiteurs et de diffuser plus largement les valeurs historiques dans la société. La Résolution 80 met également l’accent sur l’application accrue des sciences et des technologies, ainsi que sur l’accélération de la transformation numérique dans le domaine culturel. Selon la feuille de route fixée, le Vietnam s’efforce d’achever d’ici 2026 la numérisation de 100 % des patrimoines classés au niveau national et national spécial. Les technologies telles que la réalité virtuelle ou la réalité augmentée peuvent ainsi contribuer à reconstituer des espaces historiques ou des ouvrages architecturaux aujourd’hui disparus, permettant au public d’imaginer plus concrètement leur apparence dans le passé. Cependant, l’application des technologies doit s’appuyer sur des données scientifiques rigoureuses. En l’absence d’une base de recherche solide, la reconstitution numérique du passé pourrait conduire à des interprétations erronées de l’histoire. Les spécialistes soulignent également la nécessité de renforcer la formation des ressources humaines dans les domaines de l’archéologie, de l’histoire et de la conservation du patrimoine afin de répondre aux exigences croissantes.
Parallèlement au rôle de la recherche scientifique, les communautés locales sont considérées comme des acteurs essentiels dans la préservation et la transmission des valeurs traditionnelles. Selon Nguyên Dinh Chinh, président de l’Association de folklore de Hai Phong, la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel se heurte encore à de nombreuses difficultés, car de nombreuses pratiques traditionnelles sont principalement transmises par la mémoire et la pratique communautaire.
Dans les faits, l’intérêt du public, le nombre de participants ou d’apprenants peuvent constituer des indicateurs permettant d’évaluer la vitalité d’une pratique culturelle. Cette évaluation doit toutefois rester souple, certaines formes culturelles ne subsistant que dans de petites communautés ou venant tout juste d’être restaurées après une longue période d’oubli. Pour les experts, lorsque les habitants prennent l’initiative de maintenir les fêtes, les activités communautaires ou les arts populaires, ils contribuent directement à préserver leur propre identité culturelle. La diversité des pratiques traditionnelles dans les différentes régions constitue ainsi une richesse qui façonne le paysage culturel du Vietnam.
Associer ces valeurs traditionnelles au tourisme communautaire ou au développement de produits culturels locaux est également considéré comme une orientation prometteuse. Cette approche permet non seulement de préserver le patrimoine, mais aussi de créer des moyens de subsistance pour les populations locales, notamment dans les zones rurales, côtières et insulaires. De cette manière, les valeurs culturelles continuent de se diffuser dans la société contemporaine et deviennent progressivement une ressource stratégique au service d’un développement durable. - VNA