Un beau roman de Jean-Paul Dubois publié en vietnamien

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon. Tel est l’intitulé d’un roman de Jean-Paul Dubois qui vient d’être publié en vietnamien.
Un beau roman de Jean-Paul Dubois publié en vietnamien ảnh 1La version vietnamienne du roman "Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon" de Jean-Paul Dubois. Photo: Duc Quy/VOV

Hanoï (VNA) - Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon. Tel est l’intitulé d’un roman de Jean-Paul Dubois qui a décroché le Prix Goncourt en 2019. Cet ouvrage rafraichissant vient d’être publié en vietnamien par la Maison d’édition Nha Nam.

Né en 1950 à Toulouse, dans le sud-ouest de la France, Jean-Paul Dubois est journaliste et romancier. Il a publié une vingtaine de romans dont plusieurs ont fait l’objet d’adaptations cinématographiques. Paru à l’origine aux éditions de l’Olivier, Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon est l’un des romans les plus aboutis de l’auteur. Il s’est d’ailleurs vu attribuer le prix Goncourt en 2019, comme nous l’a rappelé Thierry Vergon, le directeur de l’Institut français de Hanoï, qui a coorganisé récemment avec la Maison d’édition Nha Nam une table ronde dédiée à ce livre.

«Le prix Goncourt est un prix qui est décerné en novembre chaque année depuis 1903 par l’Académie Goncourt. C’est un des prix les plus prestigieux de la littérature francophone. Il récompense, je cite: ‘le meilleur ouvrage d’imagination en prose paru dans l’année’», précise-t-il.

En fait, le roman creuse la singularité radicale et l’idiotisme de la vie imaginaire de son héros-narrateur, Paul Christian Frederic Hansen. Un ouvrage rafraichissant de la part d’un auteur refusant de prendre le jeu littéraire trop au sérieux. Vu Kim Anh, une lectrice, nous donne un petit aperçu…

«Le livre repose sur deux niveaux narratifs enchevêtrés: au présent, le quotidien du pénitencier canadien dans lequel Hansen purge une peine de deux ans; au passé, le récit de sa vie, depuis son enfance et la vie de ses parents jusqu’à la raison de son incarcération. Hansen est le résultat d’un mariage assez étrange entre un père danois qui est un pasteur protestant et une mère française qui est la patronne d’un cinéma d’art et d’essai à Toulouse. Sa vie a connu beaucoup d’échecs: le divorce de ses parents, la faillite de son père à cause des jeux de hasard, la vie de sa mère avec un autre homme et la fermeture du cinéma… À cause de tous ces événements pas très heureux, il a décidé de quitter la France à destination du Québec pour reconstruire une nouvelle vie heureuse. Sur place, il passe la période la plus heureuse de sa vie avec sa femme et leur chienne. Pourtant, un drame se produit. Comment alors Paul Hansen se retrouve condamné à deux ans de prison ferme? Là, il faut lire le livre… », nous dit-elle.

Revenons au titre du roman, Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon. Il s’agit d’une phrase dite par Johan Hansen, le père du héros-narrateur. Mai Anh Tuân, critique cinématographique et littéraire, également enseignant à l’Université de Hanoï, nous apporte quelques éléments d’explication.  

«Ce pasteur protestant connaît beaucoup d’échecs dans sa vie. Il s’est immergé dans les jeux de hasard et il a tout perdu avant de se suicider. Avant de quitter son fils, il a dit cette phrase qu’on peut trouver à la 169e page de la version vietnamienne. Donc à mon avis, ‘Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon’ est une manière de justifier l’erreur qu’il a commise. Quand une personne est capable de reconnaître ses fautes, c’est déjà bien. Mais il est important que tout le monde soit tolérant et bienveillant vis-à-vis des fautes commises par les autres», nous indique-t-il.

De son côté, l’écrivain français d’origine vietnamienne Gérald-Berche Ngô apprécie beaucoup les valeurs que renferme le livre.  

«Personnellement, ce roman m’a vraiment touché parce que je pense profondément qu’un écrivain ne peut écrire que sur deux choses: l’amour et la mort. Le roman de Dubois se concentre vraiment sur ces deux thèmes. C’est un roman sur les gens qu’on aime et qui disparaissent», nous confie-t-il.

En France, les grands quotidiens ont aussi apprécié l’ouvrage. Pour Le Monde, «C’est un beau roman sur l’échec qui remporte ainsi le prix le plus convoité des prix littéraires français». Selon le Figaro, «On y voit comme un concentré de ce qu’on aime chez Jean-Paul Dubois. Tout y est: la famille, Toulouse, le Canada, la nature, la mélancolie, la dérision et cet humour bigrement irrésistible».

Publiée par Nha Nam sous le titre "Không ai sông giông ai trong cuôc doi này", la version vietnamienne de Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon comprend 316 pages et se vend au prix de 139.000 dôngs. -VOV/VNA

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