Un artisan qui donne naissance aux vitraux "made in Vietnam"

Grâce à sa passion infinie et son dur labeur mené pendant une trentaine d’années, Vinh Coba a réussi dans l’art des vitraux notamment avec sa technique de sculpture.

Hanoi (VNA) - Grâce à sa passion infinie et son dur labeur mené pendant une trentaine d’années, Vinh Coba a réussi dans l’art des vitraux notamment avec sa technique de sculpture. Il a donné vie aux fenêtres de 70 cathédrales avec des "chefs-d’œuvre" en l’honneur de Dieu.

Située dans la paroisse de Bac Ninh, province éponyme du Nord, la cathédrale de Nui Bông a de superbes vitraux, notamment celui de la Vierge Marie tenant Jésus dans ses bras.

Chaque détail s’harmonise avec les verres colorés et des motifs raffinés créant un tableau parfait et scintillant. Ces vitraux ont été réalisés par l'"Artisan Émérite" Vinh Coba, de son vrai nom Pham Hông Vinh, un des rares verriers du Vietnam.

Un artisan qui donne naissance aux vitraux "made in Vietnam" ảnh 1L'artisan Vinh Coba.

Fort de plus de 30 ans d’expériences dans le métier, Vinh Coba, président du conseil d’administration de la compagnie Coba Art Glass, a emmené cet art vers de nouveaux sommets avec l’élaboration de techniques de sculptures sur des vitraux de grande taille pour créer des produits 100% "made in Vietnam". Ses créations, qui se retrouvent dans divers secteurs : construction, arts décoratifs, objets de souvenir…, sont protégées par des brevets de propriété intellectuelle au Vietnam.

Une passion grandissante lors des visites des églises

Née en 1961, le Hanoïen Pham Hông Vinh, vivant à proximité de la paroisse de Hà Dông (relevant de l’archidiocèse de Hanoï), se passionne dès l’enfance pour l’art des vitraux.

Bien qu’il ne soit pas catholique, il s’est souvent rendu dans les églises pour contempler des peintures sur verre. Il se demandait toujours "Comment on fabrique ces vitraux ? Pourquoi ils ne se décolorent jamais ?". C’est ainsi qu’est née sa passion.

Un artisan qui donne naissance aux vitraux "made in Vietnam" ảnh 2Un vitrail de la cathédrale de Nui Bông réalisé par Vinh Coba. Photo : CTV/CVN


Une fois diplômé de l’Université d’économie nationale en finance-banque en 1983, Pham Hông Vinh a travaillé au service d’arbitrage économique d’une province du Nord pendant cinq ans avant de se lancer dans l’artisanat de la céramique. Mais à cause de nombreuses difficultés, un manque d’équipement et de savoir-faire, son atelier a fait faillite.

Il s’est lancé ensuite dans la fabrication des pierres à meuler (pour les vitraux), ce qui l’a ramené vers sa passion d’enfance. En 1990, Pham Hông Vinh a commencé à développer la peinture sur verre et a consacré des années à l’étude des méthodes de fabrication des vitraux de France, d’Italie et d’Espagne.

D’après l’artisan, à cette époque-là, seules deux méthodes de fabrications des vitraux sont courantes dans le monde : la méthode traditionnelle au plomb (assembler les pièces de verre en les encastrant dans des baguettes de plomb) et celle de Tiffany (du nom de son inventeur), où, à l’inverse, chaque verre est entouré d’une bande de cuivre et les bords de cette bande sont ensuite repliés sur le verre. Après la préparation de chaque pièce de verre, les bords des pièces sont ensuite soudés les uns aux autres avec de l’étain.

Plus de 30 ans d'efforts pour atteindre la perfection

Tout en approfondissant ses connaissances des techniques de fabrication des vitraux, Vinh Coba a développé encore sa propre méthode : réaliser des sculptures directement sur une pièce en verre de grand format (d’une superficie de 1,2 m2 - 1,5 m²) grâce à la sableuse, puis l’enduire de couleurs avant de la passer au four. Il a aussi inventé la méthode du givrage du cristal et les miroirs anti-buées.

Après de nombreux échecs, l’artisan a réussi à créer des vitraux trempés qui sont dix fois plus résistants. Et il affirme avec l’humour : "J’ose donner une garantie de 500 ans pour mes vitraux". Chaque œuvre est marquée par la passion et le travail acharné de l’artisan.

Un artisan qui donne naissance aux vitraux "made in Vietnam" ảnh 3Une œuvre de Vinh Coba. Photo : VNP/VNA/CVN

En tant qu’un artisan aux mains d’or, Vinh Coba a restauré et changé des centaines de vitraux dégradés ou brisés dans plus de 70 églises du Nord au Sud du pays. Chacun constitue une véritable œuvre artistique colorée inspirée de l’art gothique occidental avec des influences orientales, représentant Dieu, la Vierge Marie, ou des saints.

La réalisation d’un vitrail requiert minutie, patience et dextérité dans chaque détail. "Pour remplir un mètre carré de vitrail, il faut une semaine, puis la sculpture prends de trois à quatre jours. Après avoir été enduit d’une couche d’émail céramique, le produit est mis au four à 700oC. Grâce à cela, les vitraux sont capables de résister aux intempéries, et ne perdent pas leurs couleurs", fait savoir M. Vinh.

Pour des vitraux importés d’Europe, le prix s’élève à 3.000 USD le mètre carré (environ 70 millions de dôngs), contre 300 USD le mètre carré pour ceux de marque Coba, produits dans l’atelier de M. Vinh. Les vitraux Coba sont ainsi bon marché tout en restant esthétiques et de grande qualité.

Son atelier à Son Tây, à 40 km de la capitale, regorge de centaines de vitraux et peintures sur verre, hautes en couleurs. À côté des œuvres inspirées de Dieu, des saints, de la Renaissance (1330-1630), ou de Pâques…, cet artisan talentueux réalise aussi des œuvres sur la culture traditionnelle du Vietnam, avec des représentations de dragons, de phénix, de lotus ou de la Cité impériale de Thang Long - Hanoï. Il souhaite mettre en lumière les identités vietnamiennes à travers ces œuvres colorées.

Une médaille d’or en Russie

Un artisan qui donne naissance aux vitraux "made in Vietnam" ảnh 4Chaque œuvre est marquée par la passion et le travail acharné de l’artisan. Photo : CTV/CVN

Le 6 septembre, l'"Artisan Émérite" Pham Hông Vinh s’est vu décerner la médaille d’or pour ses vitraux Coba lors du 25e Concours international d’invention en Russie. Organisé par l’Association mondiale pour la propriété intellectuelle des inventions (WIIPA), l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle et un certain nombre d’organismes russes, ce concours a attiré les inventeurs de plus de 60 pays et territoires du monde. Pham Hông Vinh est le seul représentant du Vietnam à y avoir participé et a remporté la plus haute distinction.

"Les vitraux de Pham Hông Vinh sont originaux et ont été très appréciés lors de ce concours. Ils montrent ses efforts constants pour faire connaître au monde les vitraux +made in Vietnam+", estime Phan Quôc Nguyên, responsable des relations extérieures de l’Association vietnamienne des travailleurs créatifs (VLCA) et représentant de la WIIPA au Vietnam.


Voir plus

La littérature jeunesse vietnamienne à la conquête du marché mondial

La littérature jeunesse vietnamienne à la conquête du marché mondial

Ces dernières années, la littérature jeunesse vietnamienne, et plus particulièrement le segment des albums illustrés, enregistre des signes extrêmement positifs. De nombreuses œuvres, après avoir séduit le public national, s’imposent désormais sur la scène internationale, grâce à une multiplication des contrats de cession de droits et à l’intérêt croissant des maisons d’édition étrangères.

Des mannequins présentent l'ao dài de la styliste Lan Huong lors de la Semaine de la mode de l’ao dài 2026. Photo : VNA

Les belles marches de l’ao dài sur la scène internationale de la mode

Le projet «Semaine de la mode de l’ao dài» vise à introduire la tunique traditionnelle vietnamienne sur la scène de la mode mondiale. Après Londres, le projet devrait se poursuivre à Paris et à Milan, deux capitales mondiales de la mode, afin de promouvoir davantage l’identité culturelle vietnamienne.

Trinh Van Quyêt, secrétaire du Comité central du Parti et chef de sa Commission de la sensibilisation, de l’éducation et de la mobilisation des masses, remet les prix A aux lauréats. Photo: VNA

Les 8es Prix nationaux du livre récompensent plus de 50 ouvrages exceptionnels

Deux prix A, la plus haute distinction de ces prix, ont été décernés à « Lich su Viet Nam bang hinh » (L’Histoire du Vietnam en images), ouvrage de Dong A et plusieurs auteurs, publié conjointement par la Maison d’édition de l’Université nationale d’éducation de Hanoi et la Société par actions culturelle Dong A.

L'architecte Thibault Fèbrer et la chanteuse Thanh Tâm interprètent la chanson l’air traditionnel « Bèo dat mây trôi» lors du programme. Photo: VNA

Le programme "Couleurs du printemps" promeut la culture vietnamienne en France

Le programme comprenait des mélodies traditionnelles telles que le « dan tinh » (un instrument de musique) et les chants traditionnels «then» de l’ethnie Tày, des chants populaires Quan ho de Bac Ninh, ainsi que des musiques folkloriques du Nord et du Sud du Vietnam, des extraits de «cai luong» (théâtre rénové) et des chansons populaires célébrant la Patrie, le printemps et l’amour.

Des visiteurs à l'exposition. Photo : VNA

Exposition de peintures et de livres « L’âme vietnamienne en France »

Le Club des amis des mers et des îles du Vietnam en France, en coordination avec l’association Huong Sac Vietnam – Europe, a organisé une exposition de peintures et de livres, placée sous le thème « L’âme vietnamienne en France », qui s’est tenue dans l’après-midi du 7 mars (heure locale) au centre culturel Marius Sidobre, dans le Val-de-Marne, région Île-de-France.

Dans le respect de l’esprit martial, le festival de lutte du village de Sinh interdit formellement toute prise ou tout coup dangereux. Photo : Mai Trang – VNA

Festival de lutte du village de Sinh : une tradition martiale au cœur du Têt

Dans la matinée du 10ᵉ jour du premier mois lunaire, de nombreux habitants et touristes affluent vers l’arène de lutte du village de Sinh (Hue, au Centre), installée dans l’enceinte du temple communal de Lai An. La particularité de l’événement est d’être ouvert à tous les participants, qu’ils soient ou non originaires de la localité. 

Ouverture du 12e Festival de l’ao dai de Ho Chi Minh-Ville 2026, placé sous le thème "Fils de soie dorée – Tisser des aspirations", le 6 mars. Photo: : VNA

Coup d'envoi du 12e Festival de l'ao dai à Ho Chi Minh-Ville

Le 12e Festival de l'ao dai à Ho Chi Minh-Ville propose 17 activités principales tout au long du mois de mars, transformant la métropole en une vaste scène culturelle où l’ao dai s’invite non seulement dans les spectacles artistiques, mais aussi dans la vie communautaire, les espaces urbains et les activités touristiques.

Des femmes en ao dài. Photo: VNA

Le mois de mars resplendit d’élégance avec l’ao dài, tunique traditionnelle

Début mars, les scènes de femmes en ao dài prenant des photos de printemps au bord des lacs, dans les parcs, devant les bureaux, les temples et les sites historiques sont devenues un spectacle familier à Hanoi. Les réseaux sociaux regorgent également d’images et de récits autour de cette tenue élégante, devenue un symbole de la saison dédiée à la célébration des femmes.

Le comité d'organisation rend hommage aux artistes et chanteurs présents lors de la cérémonie d'annonce et d'ouverture du vote pour la 20e édition des Prix Công hiên.

Soobin et Hoa Minzy, premier duo d’ambassadeurs des Prix Công hiên 2026

Le choix de Soobin et Hoa Minzy s’est fondé sur leur stature artistique, leur esprit créatif et leur dévouement, valeurs en parfaite adéquation avec celles des Prix Công hiên (Contributions). Ce choix leur permettra de tisser des liens plus étroits avec un public plus jeune, tout en préservant leur professionnalisme.

L’ikebana incarne l’esthétique et la philosophie japonaise, offrant un regard profond sur la relation entre l’homme et la nature. Photo: Musée des beaux-arts du Vietnam

À l’écoute des fleurs de pêcher sur les ailes de l’ikebana, art floral japonais

Inspirée par la douce brise d’est annonçant le printemps, l’exposition reflète la renaissance des vergers de pêchers le long du fleuve Rouge après le typhon Yagi, qui a causé d’importants dégâts à Hanoi en 2024. Plutôt que de se concentrer sur la perte, l’événement met en lumière la résilience et le renouveau, explorant comment la nature et les êtres humains se relèvent après l’adversité.

Photo: VNA

Intelligence, courage et ambition : les femmes façonnent le Vietnam d'aujourd'hui et de demain

Au Vietnam, les femmes s’imposent comme une force motrice essentielle du développement économique national. Leur influence, loin de se limiter aux secteurs traditionnels, s’étend aujourd’hui de la production manufacturière aux affaires et aux services, en passant par l’entrepreneuriat innovant, l’économie numérique, l’économie verte, l’économie circulaire et la finance inclusive.

Des étudiants de l'Université nationale de Brunei Darussalam à un atelier de décoration avec des motifs traditionnels vietnamiens et brunéiens. Photo : VNA

Au Brunei, le Têt vietnamien devient un pont culturel entre les deux peuples

À l’occasion du Nouvel An lunaire 2026 (Têt traditionnel de l’Année du Cheval), l’ambassade du Vietnam a organisé, les 26 février et 3 mars, une série d’événements consacrés aux coutumes du Têt vietnamien, créant un espace d’échanges culturels riche en couleurs associant promotion linguistique et artisanat traditionnel vietnamien auprès des étudiants et du public brunéiens.