Trois scénarios envisagés face à une possible taxe américaine de 46 % sur les exportations vietnamiennes

Les États-Unis reportent actuellement la mise en œuvre d’une taxe réciproque de 46 % sur les marchandises importées du Vietnam. L’Institut de stratégie et de politique sur l’agriculture et l’environnement, relevant du ministère de l’Agriculture et de l'Environnement, a élaboré trois scénarios, accompagnés de solutions à mettre en œuvre face à cette politique tarifaire américaine.

Exportations de riz. Photo: VNA
Exportations de riz. Photo: VNA

Hanoï (VNA) – Les États-Unis reportent actuellement la mise en œuvre d’une taxe réciproque de 46 % sur les marchandises importées du Vietnam. L’Institut de stratégie et de politique sur l’agriculture et l’environnement, relevant du ministère de l’Agriculture et de l'Environnement, a élaboré trois scénarios, accompagnés de solutions à mettre en œuvre face à cette politique tarifaire américaine.

Trois scénarios d’impact

Premier scénario : si le taux d’imposition reste à 10 % tout au long de l’année 2025 et est appliqué uniformément à tous les pays, les exportations ainsi que l’objectif de croissance du secteur agricole pour 2025 ne seront que légèrement affectés.

Deuxième scénario : si, à l’issue de la période de report, les deux pays s’accordent sur un taux d’imposition de 20 %, les experts estiment que le chiffre d’affaires à l’exportation au cours du second semestre pourrait diminuer d’environ 20 %. Cette baisse pourrait entraîner une réduction de la croissance du secteur agricole, sylvicole et halieutique de 0,15 à 0,2 point de pourcentage, portant ainsi la croissance à 3,8–3,85 % en 2025.

Troisième scénario : si les États-Unis maintiennent une taxe de 46 % après le report, les exportations pourraient chuter de 40 % au second semestre 2025. Cela entraînerait une diminution de la croissance du secteur de 0,3 à 0,4 point de pourcentage, soit une croissance ramenée à 3,6–3,8 %.

Solutions proposées

Selon l’Institut, il est essentiel d’intensifier le dialogue avec les États-Unis pour envisager une réduction mutuelle des droits de douane ou la mise en place de mécanismes d’exonération pour certains produits agricoles stratégiques. Il est également recommandé de garantir la transparence de l’origine des produits.

Par ailleurs, des mesures d’urgence doivent être immédiatement mises en œuvre pour soutenir les produits les plus touchés par les nouveaux tarifs. Ces aides, bien que limitées dans le temps, doivent être rapides et efficaces pour permettre aux entreprises et aux producteurs de s’adapter. Parmi les mesures envisageables figurent : la réduction des taxes à l’importation sur les matières premières, le report du paiement de la TVA, de l’impôt sur les sociétés et de l’impôt sur le revenu des particuliers pour les producteurs agricoles, forestiers, halieutiques et les ménages exploitants, le soutien aux taux d’intérêt sur les crédits pour les entreprises et les particuliers concernés.

Simultanément, il est nécessaire de poursuivre les efforts pour améliorer la productivité, la qualité et réduire les coûts, notamment par l’application des sciences, des technologies. Ces actions doivent s’inscrire dans l’esprit de la Résolution 57-NQ/TW du 22 décembre 2024 du Bureau Politique, axée sur les percées dans le développement scientifique et technologique, l’innovation et la transformation numérique nationale. Il est également crucial de surveiller rigoureusement les normes de qualité et de conformité des produits destinés au marché américain.

Diversification des marchés

Pour réduire la dépendance aux marchés traditionnels (États-Unis, Chine, ASEAN, UE), le Vietnam est encouragé à diversifier ses débouchés commerciaux vers les pays du groupe BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), explorer les marchés d’Amérique latine et d’Afrique, développer de nouveaux marchés, notamment ceux axés sur la consommation de produits Halal.

Conformément à la Résolution n°25/NQ-CP du 5 février 2025 sur les objectifs de croissance sectorielle et régionale, le gouvernement vise une croissance nationale d’au moins 8 % en 2025.

Pour le secteur de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche/aquaculture, l’objectif de croissance annuelle en valeur ajoutée est fixé entre 4 et 4,2 %, dont agriculture 3,85 %, sylviculture 5,47 %, pêche/aquaculture : 4,35 % Au premier trimestre 2025, le PIB du secteur agricole, forestier et des produits aquatiques a progressé de 3,74 %, contribuant à hauteur de 6,09 % à la croissance du PIB national. Il s’agit de la plus forte croissance enregistrée au premier trimestre au cours de ces quatre dernières années. Le chiffre d’affaires total des exportations de ces produits a atteint 15,72 milliards de dollars, soit une hausse de 13,1 % sur un an.

Cette performance est attribuée à des conditions météorologiques favorables et à l’application efficace des sciences et technologies. Les cultures pérennes ont enregistré de bons rendements, l’élevage a connu une progression stable avec un bon contrôle sanitaire, la production forestière a bénéficié de nouvelles plantations et la production aquacole a été stimulée par l’agriculture intensive et les technologies de pointe.

che-bien-san-pham-xoai-xuat-khau-tai-nha-may-cua-cong-ty-b-laofood-thanh-pho-bao-loc-tinh-lam-dong-anh-ttxvn.jpg
Transformation de produits à base de mangue destinés à l'exportation dans l'usine de la société B'LaoFood (ville de Bao Loc, province de Lam Dong). Photo : VNA

Défis persistants

Malgré ces résultats encourageants, les exportations – principal moteur de la croissance du secteur – font face à des défis majeurs. Certains produits ont enregistré une baisse de valeur à l’export : le riz a chuté de 19,7 %, en raison d’une baisse de 20,1 % du prix moyen à l’export, les fruits et légumes de 11,3 %, affectés par une baisse de 38,9 % des exportations vers la Chine.

Parallèlement, les coûts de production ont augmenté, l'indice des prix des matières premières, carburants et matériaux utilisés dans la production ayant progressé de 4,93 % par rapport à l’année précédente. – VNA

source

Voir plus

L’architecte Dao Ngoc Nghiem, vice-président de l’Association pour l’urbanisme et le développement du Vietnam. Photo : Vietnamplus

De 400 à 902 villes : L'essor spectaculaire du réseau urbain vietnamien en 40 ans de Renouveau

Selon l’architecte Dao Ngoc Nghiem, vice-président de l’Association pour l’urbanisme et le développement du Vietnam, affiliée à l’Union nationale des associations scientifiques et technologiques, uarante ans après le lancement du Doi Moi (Renouveau), le pays récolte les fruits d'une planification et d'une gestion urbaines solides, propulsant le Vietnam dans une nouvelle ère de développement et lui insufflant une dynamique inédite. 

Mme Nguyen Thi Li Le, présidente de la VBUK, et Nguyen Thanh Vinh, président de la VBAB, ont signé un protocole d'accord visant à renforcer la coopération entre les deux associations. Photo : VNA

Commerce : Un nouvel axe Londres-Bruxelles pour les entrepreneurs vietnamiens en Europe

Les associations des entreprises vietnamiennes au Royaume-Uni et en Belgique ont signé un protocole d’accord à Londres afin de renforcer la coopération, la mise en réseau et la présence des entrepreneurs vietnamiens sur les marchés européens, dans le contexte de la mise en œuvre de l’Accord de libre-échange Vietnam–UE (EVFTA).

Le programme NESCAFÉ Plan de Nestlé, initiative phare de Nestlé en matière de développement durable, a déjà soutenu plus de 21.000 ménages agricoles, permis la replantation de 86.000 hectares de café et augmenté les revenus agricoles de ces ménages. Photo : Bnews

Bien-être social : le revenu moyen des Vietnamiens en hausse de 9,3 % en 2025

En 2025, le revenu mensuel moyen par habitant au Vietnam a progressé de 9,3 % pour atteindre 5,9 millions de dôngs, tandis que les conditions de vie des ménages sont restées globalement stables, soutenues par l’amélioration de l’activité économique et l’efficacité des politiques de protection sociale, selon l’Office national des statistiques.

Ligne de production de fils semi-conducteurs dans une usine implantée dans la zone industrielle Bo Trai Sông Dà, dans l’ancienne province de Hoa Binh. Photo : VNA

Le Vietnam occupe une "place originale" dans la chaîne de production mondiale

Plusieurs facteurs ont contribué à la croissance économique du Vietnam, notamment la stabilité politique intérieure et la mise en œuvre des réformes administratives de 2025, qui ont considérablement amélioré l’environnement des affaires et accéléré le processus de commercialisation, parallèlement à la transformation du modèle de croissance.

Hai Phong vise 4,3 milliards de dollars d'IDE en 2026

Hai Phong vise 4,3 milliards de dollars d'IDE en 2026

La ville portuaire de Hai Phong, dans le nord du Vietnam, ambitionne d'attirer entre 3,8 et 4,3 milliards de dollars d'investissements directs étrangers (IDE) dans ses zones économiques et parcs industriels en 2026.

Panorama de la coonfférence. Photo : VNA

Une diplomatie économique de confiance pour accélérer la croissance

En faisant le bilan de l’année 2025, le Premier ministre Pham Minh Chinh a souligné que la diplomatie économique, fondée sur la confiance, la sincérité et le partage des risques, constitue un levier majeur pour renforcer l’intégration internationale et accélérer la croissance du Vietnam.

Le Centre d’exposition du Vietnam (VEC). Photo: VNA

La Foire nationale du Printemps 2026 : un rendez-vous majeur du commerce et de la culture à Hanoï

La Foire nationale du Printemps 2026 se tiendra du 2 au 8 février au Centre d’exposition du Vietnam (VEC) à Hanoï,  sous le thème « Connecter la prospérité – Accueillir un printemps radieux ». Elle valorisera les produits et la culture vietnamiens à travers neuf zones thématiques, mêlant commerce, artisanat, agriculture, gastronomie et spectacles traditionnels du Têt.

La traçabilité des produits s’impose progressivement comme un outil clé pour protéger les marchandises vietnamiennes à l’exportation. Photo: VNA

La traçabilité, un bouclier pour les exportations vietnamiennes

Les données de traçabilité constituent un rempart essentiel permettant aux entreprises de réduire les risques de surtaxation, de raccourcir les délais de contrôle et de renforcer les preuves d’origine, évitant ainsi l’exclusion des circuits de distribution officiels.