Hanoi (VNA) - L’art du truc chi de l’ancienne capitale de Huê, province centrale de Thua Thiên-Huê, est créé  à partir de bambou en s’inspirant de la production manuelle de papier rhamnoneuron (papier do), un papier traditionnel vietnamien.

Une étape de fabrication du papier "truc chi". Photo: VNP/VNA

Son nom "truc chi" vient de la prononciation sino-vietnamienne de deux mots : "truc" signifie le bambou et "chi", le papier. L’art du "truc chi" est une création du peintre Phan Hai Bang, enseignant du Collège des Arts de Huê.

Phan Hai Bang et ses associés ont entamé, en 2000, un projet de création d’un art capable de créer des articles  fortement inspirés de la culture vietnamienne. Il a choisi le bambou comme matière première car c’est une plante omniprésente au Vietnam et sa durabilité permet aux articles d’être exposés en plein air.

En 2007, le peintre Phan Hai Bang a effectué des recherches sur le métier de papetier artisanal à Bac Ninh (Nord), Chiang Mai et dans d’autres provinces thaïlandaises,  avec l’aide de la Fondation Bourse d’Asie du Sud-Est (Asian Scholarship Foundation – ASF). À son retour, il a formé ses étudiants au processus de fabrication manuelle du papier à base de paille de riz, de canne à sucre et de bambou.

En 2011, avec l'appui et l'accord du Collège des Arts de Huê, un atelier de fabrication expérimentale du papier artisanal avec les matériaux disponibles, a démarré sur le campus de ce collège. Avec ses collaborateurs que sont des jeunes artistes et étudiants du Collège, Phan Hai Bang a étudié et complété le processus de fabrication de papier à partir de paille, de canne à sucre, de banane, de bambou..

 
Les produits en papier "truc chi" sont séchés au soleil. Photo: VNP/VNA

La fabrication du papier "truc chi" est totalement manuelle. Le bambou est traité, puis broyé en poudre et soumis à une technique manuelle de fabrication du papier. Sur une pièce de papier humide, le peintre utilise une sorte de tuyau d’arrosage dont on peut moduler la puissance et arrose la surface du papier sur laquelle des motifs sont collés. Puis l’artisan les retire, et les motifs apparaissent sur la poudre de bambou.

Une autre méthode consiste à peindre directement, au moyen du tuyau d’arrosage, sur la surface du papier mouillée.  Le papier "truc chi" sert à fabriquer d’autres articles traditionnels de Huê : chapeaux coniques, éventails en papier … contribuant à faire revivre les villages de métiers traditionnels de Huê et à créer de nouveaux produits typiques de la culture locale.

Le "truc chi" c’est le papier, mais encore bien d’autres choses. Par cette devise le peintre Phan Hai Bang veut dire que ses créations se basent sur la tradition. Son art et d’autres contribuent à enrichir la culture de la cité impériale de Hue.

En 2012, lors de leur première exposition organisée dans l’ancienne cité de Huê, les produits artistiques en bambou ont été baptisés "truc chi" et sont devenus leur nom officiel. Cette exposition a honoré non seulement les valeurs originales de la poésie sur l’architecture royale, mais aussi a rappelé aux jeunes générations de respecter les valeurs du patrimoine culturel national.

A travers de nombreuses expositions à l'échelle nationale ou dans le cadre de festivals de métiers traditionnels à Huê, l'art du "truc chi" est très apprécié et constitue un type d'art traditionnel proche du folklore.

Lors du 8e Festival des métiers traditionnels de Huê, sur le thème "L'élite des métiers vietnamiens", prévu du 26 avril au 2 mai dans la ville éponyme, "truc chi" continue d’être présenté aux habitants et aux amis internationaux. -VNA