Hanoi, 24 février (VNA) – La résolution n°80-NQ/TW du Politburo relative au développement de la culture vietnamienne identifie la culture comme le fondement spirituel de la société et une ressource endogène pour un développement durable. Elle agit comme un lien unissant les communautés et renforçant le consensus social.
L’expérience pratique acquise au sein des communautés locales et les contributions des chercheurs montrent que lorsque la culture occupe la place qui lui revient dans la vie sociale, l’esprit de la résolution peut se concrétiser naturellement et durablement.
Arts populaires et vie communautaire
La docteure Nguyen Thi Tam, de l’Institut d’anthropologie et d’études religieuses de l’Académie vietnamienne des sciences sociales (VASS), a souligné que la vitalité des arts populaires ne repose pas sur un seul facteur, mais sur une combinaison d’espaces de représentation, de mécanismes de partage des bénéfices et de transmission intergénérationnelle au sein des communautés.
Les espaces de représentation jouent un rôle fondamental : lorsque les arts populaires conservent leur place au sein des activités communautaires, les valeurs culturelles peuvent être pratiquées, observées, apprises et transmises naturellement.
Les mécanismes de partage des bénéfices, notamment ceux liés au tourisme communautaire, incitent davantage la population à perpétuer les pratiques culturelles, tandis que la transmission intergénérationnelle assure la continuité des connaissances et des savoir-faire.
La résolution 80 souligne la nécessité pour la culture d’imprégner la vie quotidienne. Selon Nguyen Thi Tam, la culture ne se diffuse véritablement que lorsque les communautés elles-mêmes la pratiquent et choisissent comment la préserver et la promouvoir dans leur vie de tous les jours.
À Lo Lo Chai, village des ethnies Hmong et Lo Lo dans la province de Tuyen Quang (Nord), les arts populaires se pratiquent dans les espaces communautaires, à travers des rituels et des activités accueillant les visiteurs, contribuant ainsi à la préservation d’un patrimoine vivant et générant des retombées économiques pour les habitants.
Dans la communauté Hmong de Then Pa, également à Tuyen Quang, où les lieux de spectacle sont rares et où de nombreux jeunes travaillent hors de leur communauté, les solutions liées aux activités communautaires, aux rituels traditionnels et au tourisme local sont considérées comme essentielles pour maintenir la présence des arts populaires dans la vie quotidienne.
Parallèlement, la documentation, la préservation et la diffusion de ces arts sur les plateformes numériques – constituant progressivement des « ressources culturelles numériques » et des « espaces culturels numériques » – peuvent soutenir la conservation et la promotion du patrimoine culturel dans un contexte de mutation sociale.
La culture comme ressource endogène
Pham Van Duong, professeur associé-docteur en sciences culturelles à l’Institut d’études culturelles de l’Université des sciences appliquées de Varsovie (VASS), a déclaré que l’esprit central de la Résolution 80 est de faire de la culture à la fois le fondement spirituel de la société et un moteur interne de développement durable. Cela implique un changement de perspective : considérer la culture non seulement comme un élément à préserver, mais aussi comme une force active, intégrée à la vie sociale, pour stimuler le développement.
Une préservation déconnectée du quotidien – limitée à la collecte, à l’archivage ou à la représentation symbolique – a peu de chances d’avoir un impact durable. En revanche, lorsque la culture est pratiquée en lien avec les moyens de subsistance, l’éducation, le tourisme et les activités sociales, ses valeurs se renouvellent et se diffusent naturellement.
Dans cette perspective, Pham Van Duong a souligné le rôle de la recherche en sciences sociales et humaines dans la mise en œuvre de la Résolution 80. Les études culturelles doivent dépasser la simple description et clarifier le fonctionnement de la culture au sein des communautés et comment elle peut devenir un véritable moteur de développement.
Dans un contexte d’urbanisation rapide, de migrations de travail et de forces du marché qui transforment les structures sociales, considérer la culture comme une ressource interne devient de plus en plus crucial. Lorsqu’on lui accorde la place qui lui revient, la culture peut agir comme le « ciment » qui unit les communautés, renforce l’identité, consolide le consensus social et fournit une base spirituelle solide pour un développement durable. – VNA
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